jeudi 20 novembre 2014

World Press Photo 2014

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mardi 9 novembre 2010

Larry Clark, regard tenu

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La première réflexion qui vient à l'esprit en sortant du Musée d'art moderne de Paris est la suivante : et si tout ce vacarme autour de l'exposition Larry Clark n'était pas, au fond, beaucoup de bruit pour – presque – rien ? Difficile d'oublier la polémique autour de l'interdiction aux moins de 18 ans, à la fois absurde, hypocrite et malvenue. Les mineurs le savent mieux que nous, Internet regorge d'images au-dessous de la ceinture d'une tout autre violence. Chez Larry Clark, la chair est triste, parfois gaie. Mais nulle impression de voyeurisme pervers que les plus prudes ont tendance à lui coller, sous prétexte qu'il s'intéresse, d'un peu trop près à leur goût, à l'adolescence. Le regard est beau, car respectueux. Qu'il filme le désir, ou l'abomination, l'objectif reste le même, montrer les choses telles qu'elles sont : la drogue dans les veines, les troubles du comportement, mais aussi les corps ouverts, joyeux, offerts au bonheur. On comprend mieux pourquoi la mort est si souvent couplée au sexe dans son univers : il y est surtout question d'éphémère, de disparition, d'où la mélancolie qui se dégage de l'ensemble. Des clichés insolites de la mère de Larry Clark, elle-même photographe, inaugurent la rétrospective. Plus loin, au milieu d'un collage d'images et d'articles de presse, une phrase écrite à la main ne manque pas de choquer l'assistance : « Let me tell you something about women. They're all crazy and they want to fuck their fathers. » La provocation pourra sembler gratuite ; elle est surtout l'expression, sans détour, d'une sensibilité peu commune.

Larry Clark, Kiss The Past Hello au musée d'Art moderne de la ville de Paris

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