Cinéma

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mercredi 1 mars 2017

Moonlight dans ta face

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Je n'ai pas vu La la Land, pas certain d'en avoir envie, quoique, j'avoue, un peu plus depuis qu'il a loupé l'Oscar. Comme beaucoup, j'ai suivi l'épisode heureux-malheureux de la cérémonie, Moonlight qui repart finalement avec la statuette suprême, Le Figaro qui dénonce "l'idéologie" d'un film au seul prétexte qu'il met en scène un Noir, pauvre, gay, etc, et de l'autre côté une presse dithyrambique qui salue presque à l'unisson une œuvre "lumineuse" (ben oui, Moonlight-clair de lune = c'est lumineux… quel talent !). Et puis moi qui, un peu fatigué d'entendre parler d'un film que tout le monde a vu mais quand même motivé, finit par aller voir Moonlight et ses beaux acteurs (dont Mahershala Ali, dans le rôle du père de substitution, qui a obtenu l'Oscar du meilleur acteur dans un second rôle). Et comme souvent, avec les œuvres dont on a beaucoup parlé, un fossé s'installe entre le brouhaha-effervescence médiatique et ma perception (subjective, forcément) des choses. Il y a trois parties dans Moonlight. Celle du petit Chiron, dit Little, le garçon de dix ans, suivie par l'adolescence et le jeune adulte. J'ai trouvé la première un peu laborieuse, à l'exception des scènes, émouvantes, avec Mahershala Ali et la divine Janelle Monáe (Penser à se réincarner en elle dans une prochaine vie…). Le film peine à trouver un rythme et on aurait presque envie de l'accélérer. La deuxième, celle des années de lycée, est la plus réussie. A ce moment, la vérité du personnage éclore tout en étant immédiatement menacée par le seul fait d'exister, une déchirure propre aux jeunes LGBT que le réalisateur Barry Jenkins a très bien su capter. Il amorce aussi une histoire de la violence, celle d'un garçon qui, dans le monde cloisonné où il vit, ne peut plus se permettre d'être inoffensif, et dont on comprend très bien les ressorts. Malheureusement la dernière partie, pataude et plus irréelle, se noie dans les bons sentiments et rate un peu sa sortie – du drame, en l'occurrence. Un Moonlight plus clair-obscur que lumineux au final, mi-sublime mi-raté, avec plein de défauts mais aussi quelques réussites à l'intérieur. Je n'aurai pas d'avis tranché donc pour ce film qui m'a plu ET déplu, pardon (ou pas) pour la contradiction et les nuances. Comment on dit, déjà ? Ah oui : lunatique.

mercredi 11 février 2015

Whiplash

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Un thriller au cœur d'une école de musique. Ce rapprochement entre deux univers a priori imperméables séduit à lui seul. Dans Whiplash, du jeune réalisateur Damien Chazelle, un apprenti batteur va prendre pas mal de coups en se confrontant à un professeur sadique. Sans doute un pléonasme pour beaucoup d'apprentis artistes dans la vraie vie. Cet écho réaliste, qui parle aussi du culte de la performance, donne toute sa saveur, et son intensité, au film, malgré sa propension à en faire des caisses : à l'image du jeune héros, enragé de réussir, et de son mentor douteux, aux allures de Rambo (ou plutôt de Monsieur Propre flippant). L'affrontement psychologique, plus cinglant que sanglant, est mené de main de maître jusqu'au final, éruptif. Une expérience de cinéma grisante, moins brute qu'il n'y paraît, et au succès mérité.

jeudi 5 février 2015

Babadook

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C'est sans doute le meilleur exutoire dans les périodes troubles. Et, les temps étant ce qu'ils sont, les films et les séries de terreur ne manquent pas depuis quelques années. Côté petits écrans, American Horror Story exploite avec habileté les peurs – viscérales et plus ou moins rationnelles – ancrées en chacun de nous. Babadook, de l'Australienne Jennifer Kent, a reçu le prix spécial du jury au dernier festival de cinéma fantastique de Sitges. Actuellement en salles en Espagne , le film séduit avant tout par son esthétique et la qualité de jeu de l'interprète principale, Essie Davis (vue dans la mini-série La Gifle). Cette histoire d'une veuve et son jeune fils, isolés dans une maison pas tout à fait vide, n'a en soi rien d'original et n'échappe pas à certaines facilités, ni à l'impression de déjà vu lorsqu'il force le trait pour mieux nous terroriser. Mais son affiliation avec l'univers gothique et enfantin d'un Tim Burton et son introspection, qui crée un pont réussi entre mystère et psychologie, l'amènent vers plus de profondeur. Babadook ou l'art, subtil et périlleux, de jouer avec ses peurs…

mercredi 21 janvier 2015

Fury

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Corazones de acero (comme cœurs d'acier). A croire que Fury, le titre du film de David Ayer, n'était pas suffisamment explicite. Avec "Corazones de acero", au moins, on annonce la couleur. Fury (Corazones de acero) est bien un film de braves guerriers, de héros : en l'occurrence, les soldats américains qui à la toute fin de la Seconde Guerre mondiale, ont dû faire face à des SS proches de la défaite, acculés et déterminés. Le mérite principale de ce film glaçant, c'est son action resserrée en 24 heures, un certain naturalisme qui restitue les faits sans qu'il y ait besoin de commentaires. Brad Pitt, en meneur d'hommes plus déshumanisés qu'écervelés, livre une prestation parfaite, sans fioritures. Fury, comme le nom du char qui abrite ces soldats désespérés, perd en crédibilité lorsque, au contraire, il cherche à sous-titrer les émotions enfouies de ses personnages, celles que la guerre n'a pas réussi à tuer. Merci, mais on avait compris que ces hommes n'étaient pas des monstres, même s'ils y ressemblent de près – et agissent comme tels. Le film est bien plus percutant lorsqu'il révèle la part d'ombre, inéluctable, de ceux qui ont dû participer à cette boucherie géante.

dimanche 21 décembre 2014

Phenomena

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Rêvons un instant. Une salle de cinéma équipée d'un écran géant, avec projecteurs et son dernier cri, qui diffuserait tout le long de la semaine les films les plus emblématiques de notre enfance/adolescence/jeunesse passée ? A Barcelone ? Depuis vendredi dernier, ce formidable bond en arrière (un des rares dont on peut se réjouir) est possible avec l'arrivée de la salle de ciné Phenomena. Les projections sont pour la plupart en version originale sous-titrée en espagnol, la séance est à 6 euros (ou 9 euros pour les séances avec deux films), et la programmation est, ne nous foulons pas, phénoménale…
A venir : Scarface (El precio del poder), 2001, l'Odyssée de l'espace, Grease, Pulp FictionPhenomena, Carrer Sant Antoni Maria Claret, 168 (Sagrada Familia).

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