Le Pitch.com

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mercredi 26 octobre 2011

Polisse de proximité

La “Polisse” de Maïwenn ne gagne pas à tous les coups. Mais malgré ses défauts elle en vaut la peine.

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dimanche 23 octobre 2011

Julie Delpy met en orbite


Dans “Le Skylab”, Julie Delpy réunit toute une famille dans une maison en Bretagne. Effet miroir garanti.

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vendredi 24 juin 2011

Pourquoi tu pleures ?



L'hystérie, comme d'autres névroses, peut être drôle à petites doses. Dans Two Days in Paris, Julie Delpy relevait ce pari-là : faire rire au bord de la crise de nerfs tout en plongeant le spectateur dans l'intimité de ses personnages, survoltés mais attendrissants. Pourquoi tu pleures ?, rappelle, en partie, l'ambiance vue chez Delpy. Sauf que ce film d'actrice (autre point commun avec Julie Delpy, mais les comparaisons s'arrêtent là) sonne constamment faux et manque cruellement de sensibilité. Le côté loufoque des personnages secondaires (les mères castratrices sont juives ou cinglées, au choix, et les potes du futur marié sont tous des boulets) est anéanti par la lourdeur des dialogues et l'excès de caricature. Benjamin Biolay, qu'on adore par ailleurs comme chanteur, réussit certes à nous gonfler avec ses doutes et ses tergiversations, mais pas à nous charmer, loin de là. Peut-être que le but de cette comédie sur le mariage et l'engagement est justement de ne pas être charmante, ni sympathique. En cela, elle pourrait bien ressembler à son époque, désenchantée à tel point qu'elle n'a que ça à donner, montrer : des personnages paumés et un film fatigant, qu'on n'a pas du tout envie d'aimer.

mardi 9 novembre 2010

Larry Clark, regard tenu



La première réflexion qui vient à l'esprit en sortant du Musée d'art moderne de Paris est la suivante : et si tout ce vacarme autour de l'exposition Larry Clark n'était pas, au fond, beaucoup de bruit pour – presque – rien ? Difficile d'oublier la polémique autour de l'interdiction aux moins de 18 ans, à la fois absurde, hypocrite et malvenue. Les mineurs le savent mieux que nous, Internet regorge d'images au-dessous de la ceinture d'une tout autre violence. Chez Larry Clark, la chair est triste, parfois gaie. Mais nulle impression de voyeurisme pervers que les plus prudes ont tendance à lui coller, sous prétexte qu'il s'intéresse, d'un peu trop près à leur goût, à l'adolescence. Le regard est beau, car respectueux. Qu'il filme le désir, ou l'abomination, l'objectif reste le même, montrer les choses telles qu'elles sont : la drogue dans les veines, les troubles du comportement, mais aussi les corps ouverts, joyeux, offerts au bonheur. On comprend mieux pourquoi la mort est si souvent couplée au sexe dans son univers : il y est surtout question d'éphémère, de disparition, d'où la mélancolie qui se dégage de l'ensemble. Des clichés insolites de la mère de Larry Clark, elle-même photographe, inaugurent la rétrospective. Plus loin, au milieu d'un collage d'images et d'articles de presse, une phrase écrite à la main ne manque pas de choquer l'assistance : « Let me tell you something about women. They're all crazy and they want to fuck their fathers. » La provocation pourra sembler gratuite ; elle est surtout l'expression, sans détour, d'une sensibilité peu commune.

Larry Clark, Kiss The Past Hello au musée d'Art moderne de la ville de Paris

dimanche 31 janvier 2010

Marina and the diamonds


Copyright Rankin

Avertissement à la populace : si Marina and the diamonds, déjà plébiscités en Angleterre, public et critiques confondus, ne connaissent pas le même destin en France courant 2010, je m'exile ! Voilà, c'est dit. Moi, le grand fan de Kate Bush, qui suis si peu sensible à ses innombrables émules, de Tori Amos à Emilie Simon, je vois en la Gréco-Galloise Marina la seule héritière, digne de ce nom, de son esprit, de sa fougue et de sa folie.
Pour revenir à des détails plus prosaïques, j'ajouterai simplement que la sortie du premier album de Marina and the diamonds, The Family Jewels, est prévue pour le 22 février prochain. Mais son MySpace dévoile quelques-unes de ses tueries électro-pop new wave qui défient mieux l'hiver qu'un Lexomil, voire dix. Exit les Shakira, Ke$ha et autres Lady Gaga, place à Marina - du moins pour celles et ceux qui ont un peu de goût.

lundi 25 janvier 2010

Delphic


Une des dernières découvertes du label Kitsuné, les Anglais de Delphic et leur pop électro s'imposent déjà en dignes hériters de New Order ou Underworld. Les fans de Cut Copy ou Friendly Fires apprécieront. Personnellement, je suis très emballé.
Album en écoute sur Deezer.

MySpace Delphic

Lien YouTube

vendredi 8 janvier 2010

Lhasa


C'est avec un retard indigne que je souhaite aujourd'hui rendre hommage à Lhasa, partie trop vite le premier jour de cette année 2010. Comme beaucoup de gens, j'ai beaucoup pleuré, rêvé et même dansé sur les chansons apatrides de La Llorona, son premier album. Je le réécoute toujours avec la même émotion...

jeudi 31 décembre 2009

Plein Sud


Au rayon souvenirs de jeunesse, après Patrice Chéreau et avant l'année 2010 qui s'apprête à se pointer, voici le nouveau Sébastien Lifshitz, Plein Sud. Tout garçon sensible né avant 1980, voire 1985, a forcément vu Presque rien. Du moins j'ai du mal à envisager l'inverse. Pour moi qui, pendant un certain temps, ai contemplé les visages et les torses du couple Jérémie Elkaïm-Stéphane Rideau (poster géant bien à portée de vue, à quelques mètres de mon lit), Sébastien Lifshitz est de ces cinéastes qu'on ne rate pas. Au-delà de l'émotion érotique que certaines de ses images m'ont procuré (toujours dans Presque rien, la scène où Stéphane Rideau est embouti sur la plage vaut bien l'intégrale de Cadinot !), j'ai aimé sa mélancolie et sa noirceur, à mille lieues de l'image angélique conçue à l'époque par Pierre et Gilles pour l'affiche du film.
Plein Sud succède à Wild Side, qui mettait en scène un trio atypique composé notamment d'une transsexuelle. Cette fois, il s'agit d'un quatuor de jeunes et jolis (presque trop) évoluant dans une ambiance de road movie. Je ne vais pas faire durer le suspense (intenable) concernant ce que j'ai pensé du film. Alors oui, j'ai été en partie déçu par cette histoire bien convenue de la part de Lifshitz qui m'avait jusque-là habitué à l'étrange, la différence, l'inattendu même. Ecrit à trois mains, le scénario de Plein Sud, centré sur un personnage hanté par la mort de son père, ne tient pas tout à fait la route. Comme le trio de jeunes acteurs qui finissent abandonnés sur une plage, je me suis senti laissé au bord du chemin, ni concerné ni particulièrement touché par cette histoire de vengeance un peu bancale. Mais, il y a un mais, je dirais que Lifshitz est avant tout un garçon d'images - un peu comme James Cameron et son Avatar, toutes proportions gardées. Et, tout en passant à côté de l'histoire de Sam (Yannick Renier), j'ai été troublé plus d'une fois par la force et l'érotisme torride de certains plans. Je ne suis pas lesbienne mais la première scène avec Léa Seydoux, qui drague la caméra avec aplomb, m'a fasciné. Et, une fois encore, les plages semblent inspirer le cinéaste qui y filme ses acteurs dans une lumière flatteuse, en plein jour comme de nuit, au coin du feu. Ces images, alliées à la bande-son (John Parish, Marie Modiano...) pourraient amplement suffire à elles-mêmes. Dommage que les dialogues et un canevas un peu trop explicite alourdissent le tableau.

vendredi 18 décembre 2009

Persécution


Le temps passe, certaines oeuvres restent, et moi je change. Tombe la neige, aussi. Tour ça pour dire qu'hier je suis allé voir Persécution, le dernier film de Patrice Chéreau. Un réalisateur dont j'avais aimé, à leur sortie ou en décalé, L'Homme blessé, La Reine Margot ou encore Ceux qui m'aiment prendront le train. J'avais aussi adoré le voir sur scène, avec Pascal Greggory, dans La Solitude des champs de coton de Koltès. Quelques moments forts dans ma vie de jeunot d'alors, en mal d'expériences nouvelles et de sensations fortes. Et puis, j'ai revu, plus récemment, des images, à la télévision, de cette fameuse Solitude et j'ai trouvé Chéreau cabotin, pour ne pas dire lourdaud. J'ai vu, aussi, le très ampoulé et maniéré Gabrielle, avec Isabelle Huppert dans le rôle-titre. Grosse déception qui confirmait que, peut-être, j'en avais fini avec cet artiste qui jadis marqua ma jeunesse. Petite parenthèse, j'étais tombé, à l'âge de 19 ans, sur une citation de Chéreau à propos de l'homosexualité. Il l'assimilait, je résume grossièrement, à une vie de malheur. Evidemment, l'épidémie du sida était passée par là et on peut facilement comprendre la noirceur de son point de vue. Mais il y avait aussi une forme de fatalisme qui m'avait beaucoup choqué et, dans l'inexpérience qui était la mienne, j'avais pris cette citation pour argent comptant. Puisque Chéreau le disait, j'étais donc voué à être seul et malheureux. Les temps ont beaucoup changé, grâce à un tas d'avancées, et ce genre de réflexion semble datée aujourd'hui. Tout ne va pas pour le mieux, loin de là, mais au moins l'espoir est permis.
Cette parenthèse, plus longue que prévu, n'est pas totalement étrangère à ce que j'ai pu ressentir pendant la projection de Persécution. Dans le film, le personnage de Romain Duris, névrosé insupportable, personnifie cette impression étrange, double, que Chéreau peut susciter. Dans sa façon torturée de se confronter au monde et aux êtres, Daniel, le personnage en couple avec Sonia (lumineuse Charlotte Gainsbourg, qui allège l'atmosphère empesée du film), n'a rien d'un garçon de son temps. Daniel, d'ailleurs, est un prénom de vieux, du moins pas celui d'un trentenaire, et ce n'est pas un hasard. Hypersensible, il se mêle de tout, prend chaque chose à coeur et avance dans la vie de façon douloureuse, laborieuse (c'est aussi un acharné du travail). Bref, il prend l'existence au sérieux et, incapable de légèreté et d'humour, il se prend lui-même encore plus au sérieux. La folie le guette, l'attire et le rend perméable à celle, parfois plus dangereuse, des autres. J'ai été sensible au côté entier du personnage, qui est passionné, sans compromis ni concessions, mais c'est pourtant son côté antipathique, irritant, que je retiens. Surtout, sa complaisance pour le malheur est insupportable. Daniel fait débat, ce n'est pas un personnage lisse et c'est plutôt bon signe, mais son côté obscur prend le pas sur le reste. Peut-on aimer quelqu'un ou, en l'occurrence, un film si peu aimables ? C'est peut-être le pari risqué de Chéreau, et il mérite réflexion. Disons que j'ai détesté mais que, étrangement, ça m'a fait du bien...

jeudi 10 décembre 2009

Yann Tiersen à La Maroquinerie


Une heure et quinze minutes, debout dans l'atmosphère suffocante d'une Maroquinerie surchauffée et pleine à craquer. Une bière, le ventre creux et c'en est trop pour moi. Juste après le rappel, je suis à deux doigts de m'effondrer. Ce que j'évite soigneusement en titubant le plus dignement possible vers la sortie, ratant ainsi le dernier quart d'heure tiersenien. Est-ce un avertissement pour moi qui ai passé l'âge des concerts rock où la moyenne d'âge voisine autour de 25 ans ? Je ne suis pas le seul à partir avant la fin. Pour d'autres raisons, que je soupçonne d'être directement liées au concert et à la quantité impressionnante de décibels prises dans nos oreilles, je les vois courir vers la sortie. Près de moi, un couple porte des boules Quiès. De l'autre côté, un vieux dans mon genre (je veux dire plus de 30 ans) tente de sauver son audition, ou ce qu'il en reste, une main calée de chaque côté du visage. Je me dis que les amoureux d'Amélie Poulain sont un peu décontenancés. Ce n'est pas exactement mon cas, j'ai déjà entendu Yann Tiersen se prêter à des audaces soniques lors d'un précédent concert à l'Elysée Montmartre. Je m'étais d'ailleurs presque ennuyé ce soir-là, où le musicien génial brillait plus par la technique que par la musicalité. Rien à voir avec le concert de ce soir, qui réussit le grand écart entre envolées lyriques, déploiement électrique et même électronique. Je n'ai jamais entendu Yann Tiersen sonner comme ça tout en reconnaissant son style unique. Certes, lui et ses musiciens font pas mal de bruit mais au final c'est harmonieux et pas bourrin pour un sou. A part quelques accalmies, il s'éloigne de la douceur qu'on lui connaît et va vers plus de virulence. Comme une envie de casser l'image parfois lisse qui colle, à tort, à sa musique. Cette fois, la prise de risque est réelle, palpable, ne serait-ce que par le pied-de-nez qu'il fait en se produisant dans une salle minuscule, sans nouvel album à vendre, mais aussi un peu partout (dans quelques jours il jouera en Russie). J'essayerai de mieux me tenir la prochaine fois - et j'avoue, un confortable fauteuil à l'Olympia fera très bien l'affaire...
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