Elle pourrait incarner le mal absolu, démone au regard qui tue, traits figés et sourire de glace. Il suffit de constater les dommages collatéraux qu'elle sème autour d'elle, tout cela au nom du "bien", pour saigner les salauds, les tyrans, ceux qui construisent leur empire en lésant les plus faibles. Dans la série judicière Damages, Glenn Close, la garce ultime, fait des merveilles, en alternant le chaud et le froid. C'est impressionnant de voir à quel point elle inspire des sentiments ambivalents, à la fois la terreur et la sympathie, voire l'empathie, un comble au vu des horreurs qu'elle est amenée à commettre, ou qu'elle provoque... Dans la réalité, on connaît, on a tous connu des manipulatrices, prêtes à tous les excès pour parvenir à leurs fins. C'est étonnant, parfois, de voir les sentiments que ces filles-là inspirent. Pour ma part, un mélange de fascination et de répulsion. Patty Hewes, incarnée par celle qui fut une sublime marquise de Merteuil chez Frears, en est la quintessence. Glenn Close (Golden Globe de la meilleure actrice cette année) vous foudroie sur place en un regard et retourne une situation, vous amène dans ses filets en aussi peu de temps. C'est jouissif de la voir opérer dans la fiction mais on frissonne à l'idée même de la rencontrer dans la vraie vie. Pour moi qui suis friand, dans la fiction, des garces glacées, celles qui enfouissent leur reste d'humanité au plus profond d'elles-mêmes, celles qui se cachent pour souffrir, la saison 1 de Damages a donc été un grand moment. J'en jubile encore.

La deuxième saison est actuellement en cours de diffusion aux Etats-Unis.