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jeudi 30 avril 2009

Babx


Un artiste français obsédé par Léo Ferré et la poésie française en général a forcément du cran. Qu'il ne s'embarrasse pas des codes de la chanson, installe sa voix lancinante et une ambiance crépusculaire sans tomber dans la pose pénible le rend d'autant plus remarquable. En deux albums, dont le dernier Cristal Ballroom paraît ce mois-ci, Babx réussit à faire résonner, claquer des mots ciselés, très littéraires, sur des influences rock, cabaret, ou même cinéphiles propices à l'évasion. Ce digne héritier d'Alain Bashung est également en tournée française, avec notamment un passage au Café de la danse le 12 mai prochain.



MySpace Babx

mercredi 29 avril 2009

Arielle Dombasle


Ok, comme découverte, on fait mieux, compte tenu du parcours de la dame. Qui peut encore ignorer Arielle Dombasle, cette artiste légèrement too much et hors catégorie, créature voire caricature, qu’on adule ou qu’on exècre pour les mêmes raisons ? Il ne manquait plus qu’une équipe de fêlés lui propose leurs services et s’approprient le phénomène. Ainsi grâce ou à cause de Katerine et Gonzales, on redécouvre une Arielle Glamour à mort, chanson / album space et spatial, déjanté et, miracle, écoutable ! Si la voix n’a pas changé, quoi qu’un peu bridée, les mots d’esprit sont finement écrits et joliment mis en musique sur un mode synthétique et dansant qui lui sied bien. Le clip d’Extraterrestre, dans son genre, est déjà un monument !

Le site d'Arielle Dombasle

mardi 28 avril 2009

Birdy Nam Nam


Un groupe qui cite sur sa page MySpace une critique négative de Télérama à son encontre suscite déjà respect et sympathie. Loin de l'image formatée que le magazine a souhaité leur coller, le collectif de DJ's s'est déjà distingué en 2002 en remportant le concours DMC. Ces champions du monde sont actuellement en train de démocratiser le turntablism, technique qui consiste à utiliser sa platine comme un instrument, avec leur dernier album Manual for Successful Rioting, produit par les vogueux Justice et Yuksek, et notamment deux Olympia à suivre en mai. Danser tout en s'en prenant plein les oreilles (on retrouve leurs influences très diverses dans leurs samples, jazz, rock, électro, hip hop...) : si telle est leur louable intention, on peut dire que c'est réussi.

lundi 27 avril 2009

Camera Obscura


Tout comme leurs collègues Belle and Sebastian, Camera Obscura est un groupe écossais dont la formation à Glasgow remonte à 1996. Pas exactement une nouveauté ni une célébrité dans nos contrées mais leur dernier album, My Maudlin Career, risque d'attirer l'attention pour plusieurs raisons. D'abord il est signé chez 4AD, label mythique des années 1980 qui a notamment révélé les Pixies et les Cocteau Twins, et toujours dynamique. Ensuite les balades rétro-pop et douces amères de Camera Obscura sont comme un élixir qui fait voyager dans le temps, plus près des années 1950 et 1960, portées par la voix envoûtante de la chanteuse Tracyanne Campbell et des orchestrations dignes de la Motown. Nostalgique, régressif peut-être, mais c'est si bon !



MySpace Camera Obscura

samedi 25 avril 2009

True Blood


Evidemment, quand on s’appelle Alan Ball, qu’on a créé la meilleure série télévisée de tous les temps (Six Feet Under) et qu’on s’attaque au mythe des vampires, il est normal d’être attendu au tournant. Les plus voraces se sont déjà rués sur True Blood, diffusé aux Etats-Unis depuis septembre dernier. J’ai moi-même découvert, fébrile, les premières images de la série dans un appartement de Perry Street, Manhattan, dont le propriétaire est abonné à la chaîne HBO (Sex and The City, les Sopranos…) A quelques pas de la maison de Carrie Bradshaw, on ne peut rêver mieux comme cadre. Voilà pour le teasing. La suite est moins enjouée. En réalité, True Blood se contente d’être un divertissement sans grande originalité, avec une mise en scène racoleuse et un scénario un brin facile. Qui a vu et aimé Buffy risque d’y voir une pâle copie destinée à un public certes plus adulte (le sexe et l’addiction sont sans doute les seuls sujets valables de cette première saison) mais peu regardant sur l’intrigue ou la profondeur des personnages. Bref les fans de Six Feet Under risquent d’être déçus. Pour le reste, il y a aussi matière à apprécier True Blood : avec son sens habituel du casting, Alan Ball révèle notamment deux comédiens ultrasexy, chacun dans son genre, mais aussi très doués : Ryan Kwanten et Rutina Wesley, qui jouent respectivement Jason Stackhouse, le frère abruti de l’héroïne, et sa meilleure amie, la volcanique Tara. Rien que pour ces deux-là, on est prêts à oublier les faiblesses de cette première saison (saison 2 bientôt diffusée aux Etats-Unis).

vendredi 24 avril 2009

Tiga


La musique électronique lui doit beaucoup : outre ses nombreux remixes qui ont fait le tour des lieux de perdition du monde entier (de Sunglasses at Night à Hot In Herre, du rappeur Nelly) il a insufflé dans ses sons acid d'énormes doses de sensualité tout en faisant reculer les limites de la pop avec ses chansons taillées pour le dancefloor. Le DJ de Montréal est de retour avec Ciao! (sortie le 27 avril) et en tournée mondiale (à Lille ce soir et à Paris samedi), précédé du fabuleux single Shoes dont la rumeur folle n'a été ni confirmée ni infirmée : la voix féminine serait celle de Madonna. A écouter et visionner dans le clip drôle et sexy de Tiga :



MySpace Tiga

jeudi 23 avril 2009

Soap & Skin


Pour celles et ceux à qui l'hiver et son ambiance glaciale venaient à manquer, voici une jeune artiste prompte à faire chuter la température : la toute jeune Viennoise de Soap & Skin, Anja Plaschg, chante des titres tels que Marche Funèbre ou Thanatos et attire tous les amateurs de sensations fortes à tendance lugubre. Accompagnée au piano ou de cordes, elle assume sa part de noirceur et convie des esprits semblant tout droit sortis des films de Tim Burton ou David Lynch. Heureusement, le chant, éthéré, et la nudité des arrangements prêtent à l'ensemble plus de mélancolie que d'épouvante. A écouter de préférence seul dans son coin, à l'aube ou à la nuit tombée, pour mieux savourer sa tristesse...



MySpace Soap & Skin
Je signale également qu'un titre de l'artiste est en téléchargement gratuit sur iTunes cette semaine.iTunes

mercredi 22 avril 2009

Beirut


Ouvrez grand, faites comme Beirut, alias Zach Condon, un multi-instrumentiste originaire du Nouveau-Mexique qui repousse les limites de la musique folk et l'imprègne de l'esprit mariachi, mais aussi des Balkans et des gitans d'Europe de l'Est, où il a lui-même trainé à la sortie de l'adolescence plutôt que sur les bancs de l'école. Au-delà de leurs prouesses techniques communes, il y a du Yann Tiersen en Beirut, l'ouverture sur le monde en plus, une fougue lyrique et une mélancolie qui prennent aux tripes sans jamais verser dans l'emphase. En extrait, un concert "sauvage" de Beirut dans Paris :



MySpace Beirut

mardi 21 avril 2009

White Lies


En Grande-Bretagne, White Lies affiche complet où qu'il joue. En France, c'est beaucoup plus discret : une apparition au dernier festival des Inrocks puis un concert à la Maroquinerie en mars dernier. Les comparaisons pleuvent quand il s'agit de parler de ce groupe de jeunes Londoniens : Interpol, The Killers, Arcade Fire, la cold wave en général et en particulier Joy Division ou The Cure, avec qui ils partagent le même label d'origine, Fiction. L'intérêt de White Lies, c'est de faire cohabiter deux tendances a priori inconciliables : la mélancolie voire la noirceur au service de mélodies rythmées sur lesquelles il n'est pas interdit de danser comme de petits fous. Malgré des titres aussi enjoués que Death, To Lose my Life ou encore Nothing to Give, l'effet est bien plus extatique que plombant. Le physique du chanteur y serait-il pour quelque chose ? Je vous laisse en juger :

dimanche 19 avril 2009

Donne-moi la main


Hier après-midi, gris, froid et pluvieux, petite entorse avec les (mauvaises) habitudes. Je décide d'aller voir un petit film français méconnu dans une petite salle indépendante située à deux pas de chez moi, le Brady. Jean-Pierre Mocky possède ce cinéma d'un autre âge où il diffuse ses propres films, mais surtout des classiques et notamment quelques merveilles repêchées de plus ou moins longtemps. Parmi elles, Donne-moi la main, sorti en février, soit une éternité. L'histoire troublante de deux frères jumeaux, en chemin vers l'enterrement de leur mère, en Espagne, qui vont se révéler à eux-mêmes au gré de leurs rencontres sur la route. Peu de dialogues dans ce ce road-movie physique et sensuel qui privilégie le langage des corps. Evidemment on est plus dans la contemplation que dans l'action mais de mon point de vue il faudrait être un monstre de froideur pour résister au voyage sensoriel offert par Pascal-Alex Vincent, cinéaste à suivre de près.


Donne-moi la main est à l'affiche du Brady au moins jusqu'à mardi prochain.