Le Pitch.com

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vendredi 29 mai 2009

Izia


Pour présenter cette jeune femme promise à un avenir radieux, au moins trois références, inévitables, risquent de lui coller à la peau : PJ Harvey, Janis Joplin, Jacques Higelin. PJ Harvey parce que la voix d'Izia rappelle étrangement celle de la rockeuse anglaise : même sensibilité, notamment dans les aigus, mêmes montagnes russes dans l'émotion, de la rage vers la douceur ; il est même parfois difficile de les différencier. Janis Joplin quand elle part en live, au bord du précipice. La voix, cassée, se malmène, joue avec ses limites, bien qu'il manque à Izia l'expérience et le vécu de son illustre aînée, qu'on ne lui souhaite tout de même pas, pour atteindre son intensité. Enfin, parce qu'elle est la fille de Jacques Higelin, elle a hérité d'une grande partie de son talent, qui se traduit autant dans la technique, presque parfaite, que dans l'esprit, excessif à souhait. L'album éponyme d'Izia, résolument rock, en anglais et sans fioritures, comme l'était le Dry de PJ Harvey, est déjà en vente en digital, avant sa sortie CD le 08 juin prochain. Et voici un extrait live sur Back in Town, qui donne une idée plutôt concrète du personnage :



MySpace Izia

jeudi 28 mai 2009

Matt and Kim


Ces jours-ci on a beaucoup parlé/visionné le clip de Make the Girl Dance, projet musical d'un animateur télé, Pierre Mathieu. Le fameux clip dénude des filles rue Montorgueil, à Paris, avec un panneau de chasteté tout de même, et depuis l'intéressé ne cesse de se féliciter de cette opération de com qui, espère-t-il, va enfin faire connaître son talent d'artiste. Au même moment, un groupe venu de New York faisait parler de lui en se mettant, dans son clip, tout nu au milieu de la foule de Times Square. Un accélérateur de célébrité qui porte ses fruits, si j'ose dire, puisque Matt and Kim, petit couple à la ville comme à la scène, bénéficie d'une diffusion idéale pour lancer son nouvel album à paraître en juin. Je ne commenterai pas le cynisme flagrant de Mathieu, après tout il fait ce qu'il veut/peut, en revanche je suis sincèrement admiratif de la "bravitude" punk de Matt and Kim qui se mettent littéralement à poils (sans payer des acteurs pour le faire à leur place). Au-delà de la provocation (le clip ajoute d'ailleurs du scandale au scandale, dans sa conclusion très... surprenante), on ressent la peur des artistes qui, comme dirait Barbara, avancent quand même. L'urgence et l'euphorie de ces instants sont à l'image de leur musique, qui mêle l'énergie et la concision du punk-rock à une naïveté pop et synthétique proche des filles de Au Revoir Simone. Un étonnant accouplement de la part de ces parents un peu fous dont on aime déjà tous les rejetons.



MySpace Matt and Kim

mercredi 27 mai 2009

Passion Pit


Voici venu le temps de Passion Pit, le groupe qui emballe les critiques au goût "sûr", de Technikart à Libération. C'est vrai qu'avec leurs frais minois, leurs expressions joviales et un premier album, Manners, censé, dixit Passion Pit lui-même, "explorer le sentiment de l'euphorie", en dire du mal vous fait aussitôt passer pour le rabat-joie de service. Eh bien, à l'écoute de sa musique estampillée "branchée" qui évoque à la fois Justice, MGMT ou même Phoenix, j'endosse volontiers le rôle du sinistre personnage qui n'a rien compris. Certes, il y a chez ce groupe du savoir-faire et quelques trouvailles qui, une fois remixées, sauront, on n'en doute pas, enflammer le dancefloor. Sans surprise, Calvin Harris vient d'ailleurs de s'y coller. Mais son manque d'originalité flagrant et les aigus insupportables de la voix du chanteur ne sont pas près de me faire aimer Passion Pit, qui emprunte son nom à un porno des années 1980 (parce que, forcément, c'est trop cool d'être décalé...).

Le clip de Sleepyhead :


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mardi 26 mai 2009

Nés en 68


Des sorbonnards contestataires aux échanges empruntés inaugurent le film de Ducastel et Martineau. Je me rappelle aussitôt celui de Bertolucci, Les Innocents, avec son trio d’acteurs superbes et sulfureux (Louis Garrel, Eva Green, Michael Pitt) et je me demande déjà comment Nés en 68 va s’en sortir. C’est un peu le souci : durant les deux longues heures et cinquante minutes du film, je me pose beaucoup trop de questions. Je trouve Laetitia Casta plutôt à l’aise dans son rôle, sobre, mais on lui en demande trop : elle prend quand même trente ans (de 1968 jusqu’au début de notre siècle) avec très peu de maquillage et malgré ses efforts je ne peux pas m’empêcher d’être sceptique. Et puis pourquoi cet autre acteur joue-t-il aussi mal, quand d’autres, comme Christine Citti, le petit gars de l’affiche, Boris (Théo Frilet) ou encore la jeune Sabrina Seyvecou me font monter les larmes aux yeux sans même forcer ? Lorsque je sors de la séance, je suis un peu perdu. La boule à la gorge qui ne passe pas m’indique que, malgré mes réticences, j’ai été touché au cœur. Plus tard, j’y repense, j’essaye de comprendre. Il y a ce saisissant contraste entre ces deux époques : les années 70 semblent, malgré leur lot d’erreurs et d’utopies dangereuses, un paradis perdu, une époque créatrice rêvée pour les plus jeunes, et les enfants de 68 semblent trinquer à leur place : certes, nous pouvons être reconnaissants des retombées de leurs nombreux combats, mais ce qu’on retient avant tout, et que le film souligne, c’est la morosité ambiante, les années sida et toute une génération à qui l’on a confisqué l’insouciance propre à la jeunesse, avec le chômage en ligne de fond. Pas très réjouissant comme constat. Mais il y a tout de même quelques bémols mis en avant dans le camp de l'ère 68 : elle succède à la guerre d’Algérie, il y a eu des victimes, des traumatismes (c’est le cas du grand frère de Catherine / Laetitia Casta). Surtout, on devine que l’idéologie communautaire du moment, négligeant le principe même d’individualité, ou même l’obsession du jouir, n’ont pas fait que des heureux. A voir donc, ne serait-ce que pour (re)découvrir la béatitude un peu niaise d’une époque, pour la douceur de la scène de l’orgie, le sourire triste de Laetitia Casta, et puis, aussi, la beauté un peu fade des jeunes acteurs.

Diffusion ce soir sur TPS Star et disponible en DVD.

lundi 25 mai 2009

Junior Boys


L'univers ouaté, calme et tranquille des Junior Boys a quelque chose d'apaisant. Soporifique et monotone, diront leurs détracteurs. Pour ma part, je peux admettre sans mal que le duo canadien risque d'ennuyer les amateurs de rock'n roll énervé. De là à penser qu'il s'agit de musique d'ascenseur neurasthénique, que nenni ! Sur leur dernier album, Begone Dull Dare, le paysage, globalement flegmatique, réserve quelques montées qui se prennent en douceur mais assurent leur lot de surprises et de sensations fortes. L'électro minimaliste prend des détours et, entre accélérations, décélérations et modulations, varie les plaisirs avec beaucoup d'effet(s). On retrouve en partie chez les Junior Boys l'ambiance et les sonorités des Anglais de Hood, avec qui ils partagent le prestigieux label, Domino, qui héberge notamment Animal Collective, Franz Ferdinand, Artic Monkeys, Will Oldham ou encore Robert Wyatt... Ci-dessous, le clip de In The Morning, extrait de So This Is Goodbye, quand la ville dévoile ses solitudes humaines post-nocturnes.



MySpace Junior Boys

vendredi 22 mai 2009

Au Revoir Simone


Ne pas se fier aux expressions sages et à la plastique lisse de ces trois demoiselles de Brooklyn. Depuis ses débuts en 2003, le trio à voix et claviers n'a cessé d'ajouter un peu de soufre et de venin dans ses mélodies faussement candides. Le tout dernier album, Still Night, Still Light, offre des airs éthérés et introspectifs où la mélancolie transperce à chaque note, démentant à chaque instant l'impression de légèreté de l'ensemble. En somme, et en exagérant un chouya, du Mylène Farmer période Jean-Louis Murat sans la grosse artillerie, tout en finesse et sons de synthèse. Plus sérieusement, on pense à Blonde Redhead, Electrelane sans l'électricité ou encore à Ladytron dans ce festival d'émotions contraires et d'ambiguïtés à trois. En attendant un nouveau clip, voici celui de Fallen Snow, extrait de l'album The Bird of Music :



MySpace Au Revoir Simone

jeudi 21 mai 2009

David Lachapelle


Etrange entrée en matière. A l'hôtel de la Monnaie, le visiteur est accueilli par des oeuvres récentes du photographe, fidèles à son univers et à son esprit. Comme souvent, le sacré y côtoie le vulgaire, Paris Hilton hérite d'une place d'honneur, le beau et le laid s'entremêlent avec, en message subliminal, la critique de notre société de consommation. La différence est dans la manière : en lieu et place des photos attendues, on a droit à des installations en carton. On se croirait à une présentation de fin d'année d'apprentis artistes. C'est moche, brouillon, mal intégré au décor du lieu, à tel point qu'on ne sait plus si c'est, ou non, intentionnel. Passé cette première déception, la rétrospective dévoile quelques images apocalyptiques qui ne sont pas des redites des précédentes. Quand Lachapelle s'éloigne de la mode et de ses provocations un peu lassantes et conformistes, il interpelle tout en émouvant, comme dans ces clichés de musées dévastés ou ce jeune Arabe transformé en Gulliver en proie à une armée de minifemmes voilées. A voir (jusqu'au 31 mai), même si tout n'est pas bon dans ce cochon (d'artiste).

mercredi 20 mai 2009

Villa Amalia


Il y a deux jours, je revoyais Violette Nozière, diffusé sur Arte. Le lendemain, c'était Villa Amalia, au cinéma cette fois. 30 années séparent le film de Claude Chabrol de celui de Benoît Jacquot, et c'est une expérience non pas triste mais curieusement apaisante, presque joyeuse, de voir l'actrice vieillir sur l'écran, face à soi. La présidente du jury de Cannes cette année a ce don de porter les films dans lesquels elle joue, de les transcender par sa seule présence. Villa Amalia, c'est d'abord une incursion dans le cerveau de Ann/Isabelle Huppert, mais aussi une confrontation permanente avec un visage/un corps. Le genre de personnage qu'on est prêt à suivre jusqu'au bout, dans ses choix, ses retranchements, son parcours. Evidemment, le postulat de départ est plus que séduisant. Qui n'a rêvé de tout plaquer, de changer de vie sans avoir de compte à rendre à qui que ce soit ? Couper les ponts qui vous relient au passé pour ne se consacrer qu'à soi ? Il est beaucoup question de contemplation dans ce film intuitif et sensoriel, qui choisit de dévoiler une partie de son mystère dans la dernière partie. On peut le regretter, mais au bout du compte le rêve est intact : grâce au talent unique d'Isabelle Huppert, qui se livre au-delà de toute psychologie, Ann s'émancipe, et nous avec elle, du principe de réalité.

mardi 19 mai 2009

Stereo


Retour vers le futur. Jadis, au tout début des années 1980 (1982 très précisément), un duo de compositeurs français, Thierry Noritop et Bernie Adam, tentèrent de se faire une place et un nom, Stereo, au coeur de la mouvance new wave qui alors régnait en maîtresse. Quelques singles de leur pop synthétique ont rencontré quelques oreilles privilégiées mais l'histoire a retenu d'autres noms (OMD, Duran Duran ou même Taxi Girl en France). 25 ans plus tard, en plein revival électro-pop (seul le terme a changé), on redécouvre Stereo, dont le son est emblématique de cette période. Le magazine Uncut vient de les chroniquer et, sans dédain, leur a attribué pas moins de 4 étoiles. De mon côté, je ne crierais pas au génie ni à l'originalité mais je dois admettre que Somewhere in the Dark, le single phare, est plutôt captivant et très bien produit, parvenant à créer de la chaleur dans un univers a priori réfrigéré. De quoi enthousiasmer/inspirer pas mal d'émules actuellement sur le marché.



MySpace Stereo

lundi 18 mai 2009

Patrick Wolf


Il y aurait des tas de choses à raconter sur Patrick Wolk, ce jeune chanteur-auteur-compositeur anglais quasi inconnu en France, qui a sorti son premier album en 2003, à l'âge de 20 ans. Ouvertement homosexuel, extravagant, multi-instrumentiste (violon, piano, ukulélé...), blond, brun, roux, icône de mode, c'est aussi un artiste caméléon qui a collaboré avec la photographe Nan Goldin, chanté avec Marianne Faithful et s'est aventuré dans plusieurs registres, de la pop lumineuse aux sons plus expérimentaux de ses premiers essais, entre folk et électronique. Après avoir rompu avec Universal qui voulait lui imposer Mark Ronson pour produire son dernier album, Patrick Wolf, qui en a et sait ce qu'il veut, vole désormais de ses propres ailes et s'apprête à sortir The Bachelor, financé notamment par ses fans (via le site Bandstocks). L'album, actuellement en écoute sur sa page MySpace, renoue avec ses premières amours, l'électro, tout en étant électrique et organique, à la manière d'une Björk, sans frontières ni étiquette. Ci-dessous, le clip sulfureux du single Vulture :

samedi 16 mai 2009

Aeroplane


Hasard de la vie, je viens de découvrir le duo électronique belge Aeroplane et, ô stupeur, je vois qu'il joue cette nuit au Régine, rue de Ponthieu à Paris, club à la programmation désormais étiquetée "branchée". Beurk. Mais, foin de mon snobisme antisnob, je signale tout de même cet événement auquel participe également les Français de Housse de Racket (Oh Yeah). Aeroplane, pour l'instant, s'est fait remarquer via des remixes (Grace Jones, MGMT...) et dans le micromonde de la nuit qui compte tout de même beaucoup d'adeptes. D'Ibiza à Bucharest en passant par Barcelone et Berlin, Aeroplane est invité partout et parmi l'avalanche de resuceurs de sons eighties (pardon pour l'expression), arrive à sortir du lot - pour ne pas dire voler au-dessus de la mêlée ! - en proposant quelque chose de frais. Aeroplane vient de mixer la compil d'avril de Mixmag, le magazine de référence de la nuit. Signalons aussi qu'un premier album est à venir, avec comme entre autres invités Sébastien Tellier et Au Revoir Simone, ce qui ne laisse rien présager de mauvais...

Le remixe d'Electric Feel par Aeroplane :


MySpace Aeroplane

vendredi 15 mai 2009

St. Vincent


Parmi les invitées du festival Les Femmes s'en mêlent, le mois dernier, figurait la diaphane et troublante Annie Clark, alias St. Vincent. Son visage angélique/démoniaque, selon ce qu'on a envie d'y lire, est à l'image de sa musique tout en contrastes, à la fois douce et bruitiste, pop et complexe, qui ne cherche pas à séduire à tout prix mais, si on prend le soin de l'écouter attentivement, emporte dans ses détours et ramifications comme le ferait un roman. Actor, le dernier album de St. Vincent, invoque d'ailleurs de nombreux personnages empêtrés dans leurs interrogations et contradictions. L'artiste de Brooklyn, multi-instrumentiste, ne cesse de brouiller les pistes tout en captivant l'auditoire. Il suffit de regarder son dernier clip (le single Actor Out of Work) pour se faire une idée du personnage et de son univers, saisissants :



MySpace St. Vincent

jeudi 14 mai 2009

Chris Garneau


Pourquoi la vidéo ci-dessous m'émeut-elle tant ? Parce qu'il fait triste et gris, un temps à s'apitoyer sur soi-même ? Parce que le garçon qui apparaît dessus est Chris Garneau, un chanteur de Brooklyn qui fait littéralement craquer les garçons sensibles (et pas que) ? Ou parce que ce même Chris Garneau, dans le petit film tourné dans un bar parisien bruyant, peine à trouver ses marques, avant de suspendre sa chanson, puis de recommencer ? Pour être honnête, il y a un peu de tout ça, mais ce petit ratage a quelque chose de terriblement émouvant. Il est plutôt rare de pouvoir observer un artiste en proie en doute, sans mise en scène, qui hésite, vacille, se plante en beauté et contre toute attente finit par se reprendre, le sourire aux lèvres. C'est imparfait, approximatif, humain ; c'est aussi de l'art.



MySpace Chris Garneau

mercredi 13 mai 2009

Peaches


De la part de l'ancienne complice de Gonzales, on peut s'attendre à peu près à tout. Cette grande exploratrice du genre (féminin/masculin, tout se questionne et se bouscule) et du sexe (thème récurrent décliné sur scène, dans ses clips et ses textes) traîne, ceci expliquant cela, une image sulfureuse et trash. Au-delà de ses provocations, il y a beaucoup plus que ça dans l'univers de la Canadienne. Sur son dernier album, I Feel Cream, les beats électro-clash affrontent également la douceur voire les sentiments. Sur Talk To Me notamment, Peaches laisse tomber le masque : "this ain't a peaches show, its just me and you... why don't you talk to me ?" Subrepticement, la techno pure et dure et les racines hip hop laissent place à une légèreté quasi pop et un chant éthéré. L'underground n'est pas loin - l'exigence est toujours au rendez-vous -, il a juste ouvert ses portes.



MySpace Peaches

mardi 12 mai 2009

Calvin Harris à l'Alhambra


Le Calvin nouveau est arrivé. Il se déguste sans modération mais livre avec réticence ses nouvelles inventions. Depuis I Created Disco, son premier essai électro-grovy-pop juteux comme tout, le sexy boy n'avait refait parler de lui qu'en perdant soi-disant le contenu intégral de son nouvel album dans un aéroport. Plus récemment, Calvin Harris a avoué avoir inventé cette histoire de toute pièce afin de gagner du temps vis-à-vis de sa maison de disques, Sony, un peu pressée avec son poulain. Puis, il y a quelques semaines, I'm not alone, single dance très années 90, est sorti, histoire de faire patienter les plus nerveux. Aujourd'hui Calvin est en tournée et on ne connaît toujours pas la date de sortie de son album. Hier soir, au nouvel Alhambra parisien (un lieu parfait, ni trop grand ni trop petit), il affichait une tenue de scène sobre, moins de couleurs mais plus de chic, une énergie sautillante communicative, une bonne mine et un chant plutôt en forme. Il a joué la plupart des morceaux de son premier essai, révélé des bribes du prochain (vraisemblablement la house des années 90 et les voix sont à l'honneur) et improvisé le reste. Pas toujours abouti certes mais le teasing est réussi : vivement la suite ! (et pas encore des remixes...)

lundi 11 mai 2009

Billy Elliot


A Londres, Victoria Palace, Billy Elliot continue d'attirer les foules depuis son lancement fin mars 2005. Loin des productions gluantes et indigestes auxquelles on est trop souvent habitué, cette adaptation du film de Stephen Daldry (qui a ensuite réalisé The Hours, puis The Reader, avec Kate Winslet, bientôt à l'affiche) est simplement fabuleuse. "Unbelievable", "astouning", "amazing", tout ce qu'on voudra mais impossible de ne pas être scié face à ce spectacle grandiose et émouvant sur ce jeune danseur ultradoué, fils de mineur, qui, en pleine ère Thatcher, va échapper à son destin en surmontant tous les obstacles qui se dressent sur son chemin, aidé par une professeur de danse. Sur cette trame classique, typiquement Broadway, Billy Elliot prend aussi un tour subversif quand il fait danser des petits garçons en robe ou en se moquant de l'alcoolisme notoire des Anglais. Le livret de Lee Hall est irréprochable, idem pour les musiques d'Elton John, belles sans être emphatiques, et le casting, parfait. Malheureusement le jeune acteur-chanteur-danseur qui jouait ce jour-là (Tom Holland) s'est foulé la cheville à la fin du spectacle et a été remplacé au pied levé, 5 minutes plus tard, par une de ses doublures, pour clôturer le show. Triste retour à la réalité quand le rideau tombe, au bout de trois heures de représentation, idylliques pour le spectateur mais manifestement éprouvantes pour le prodige de 12 ans...

dimanche 10 mai 2009

Londres est la nuit


La parenthèse londonienne est déjà close. Temps pour moi non pas de dire qui sera le prochain Peter Doherty : 1 je n'ai pas trouvé, et 2 il est au mieux de sa forme donc pour l'heure pas besoin de relève. En revanche j'ai envie de parler de Shoreditch, le quartier de Londres où, comme dirait le très djeun's Nouvel Obs, ça bouge ! Il y a, c'est vrai, de quoi occuper ses jours (fringues, galerie..) et ses nuits, folles et agitées. Vendredi soir, deux clubs concurrents, le Cargo et le 93 Feet East, avaient invité Poni Hoax que j'ai déjà chroniqués, l'un en début de soirée et l'autre à minuit. Honte à moi et faute d'organisation j'ai réussi à les rater (et non, l'alcool n'a rien à voir là-dedans !). En tout cas ces deux lieux sont formidables - on y va aussi bien pour manger, boire un verre, se prélasser en terrasse qu'écouter de la musique - et les concerts souvent gratuits (le Cargo organisait ce soir-là ses Free Fridays). Aux alentours, le George & Dragon, pub kitsch, indie et très gay, a remporté mes faveurs, ainsi que le club On The Rocks et sa soirée Trailer Trash du vendredi pour les amateurs, comme moi, de bonne électro (et surtout pas de house commerciale). Demain, pour prouver que je ne suis pas snob, je parlerai de Billy Elliot, la comédie musicale actuellement jouée à Londres (musique d'Elton John).

A regarder jusqu'au bout :


Une soirée Trailer Trash :

samedi 2 mai 2009

Late of the Pier


Je profite d'une évasion prolongée à Londres pour prendre un peu de recul, échapper au flot incessant des nouveautés qui finit par noyer toute clairvoyance : ces derniers mois, que nous a offert l'île de plus intéressant ? Dans le lot, à mon humble avis, les Anglais de Late of the Pier sont en bonne place pour remporter la palme du groupe le plus complet et le plus excitant. Arriver à enchaîner en un album, le kaléidoscopique Fantasy Black Channel, autant de tubes à danser est déjà un miracle en soir. Ensuite, il faut saluer la large palette de ses ressources. Late of the Pier est aussi électronique qu'organique, physique que psychédélique. En gros, son identité échappe à toute définition. Psychédélique comme MGMT, inventif et foisonnant comme Vampire Week End, il est également, comme les Français de Justice, idéal pour le dancefloor. Tout sauf régressif, c'est comme ça qu'on rêve le rock d'aujourd'hui. A signaler, la présence du groupe au prestigieux festival barcelonais Sonar en juin prochain (comme celle de Fever Ray, chroniquée hier).



MySpace du groupe

vendredi 1 mai 2009

Fever Ray


Fever Ray, le projet solo de la moitié de The Knife, duo électronique suédois, tenterait-elle de nous faire peur ? Avec ses visuels dignes de Shining, de Scream ou du train fantôme de la Foire du Trône, ses clips épouvantables et ses sons glacés et glaçants, la blonde frigorifique réveille nos pulsions mortifères. Ceux qui aiment écouter Dead Can Dance à 4 heures du matin et se réveiller avec Björk ou Leila risquent de goûter le charme de Fever Ray. Mais attention, pas de lourdeur ni de pathos dans ce voyage mental au pays des ténèbres. Tout en effets impressionnistes, cette musique froide, minimaliste mais incarnée distille sa noirceur avec élégance et raffinement. Ouf, les gothiques peuvent passer leur chemin.



MySpace Fever Ray