A Londres, Victoria Palace, Billy Elliot continue d'attirer les foules depuis son lancement fin mars 2005. Loin des productions gluantes et indigestes auxquelles on est trop souvent habitué, cette adaptation du film de Stephen Daldry (qui a ensuite réalisé The Hours, puis The Reader, avec Kate Winslet, bientôt à l'affiche) est simplement fabuleuse. "Unbelievable", "astouning", "amazing", tout ce qu'on voudra mais impossible de ne pas être scié face à ce spectacle grandiose et émouvant sur ce jeune danseur ultradoué, fils de mineur, qui, en pleine ère Thatcher, va échapper à son destin en surmontant tous les obstacles qui se dressent sur son chemin, aidé par une professeur de danse. Sur cette trame classique, typiquement Broadway, Billy Elliot prend aussi un tour subversif quand il fait danser des petits garçons en robe ou en se moquant de l'alcoolisme notoire des Anglais. Le livret de Lee Hall est irréprochable, idem pour les musiques d'Elton John, belles sans être emphatiques, et le casting, parfait. Malheureusement le jeune acteur-chanteur-danseur qui jouait ce jour-là (Tom Holland) s'est foulé la cheville à la fin du spectacle et a été remplacé au pied levé, 5 minutes plus tard, par une de ses doublures, pour clôturer le show. Triste retour à la réalité quand le rideau tombe, au bout de trois heures de représentation, idylliques pour le spectateur mais manifestement éprouvantes pour le prodige de 12 ans...