Villa Amalia
Par Julien Grunberg, mercredi 20 mai 2009 à 12:08 :: Cinéma :: #67 :: rss

Il y a deux jours, je revoyais Violette Nozière, diffusé sur Arte. Le lendemain, c'était Villa Amalia, au cinéma cette fois. 30 années séparent le film de Claude Chabrol de celui de Benoît Jacquot, et c'est une expérience non pas triste mais curieusement apaisante, presque joyeuse, de voir l'actrice vieillir sur l'écran, face à soi. La présidente du jury de Cannes cette année a ce don de porter les films dans lesquels elle joue, de les transcender par sa seule présence. Villa Amalia, c'est d'abord une incursion dans le cerveau de Ann/Isabelle Huppert, mais aussi une confrontation permanente avec un visage/un corps. Le genre de personnage qu'on est prêt à suivre jusqu'au bout, dans ses choix, ses retranchements, son parcours. Evidemment, le postulat de départ est plus que séduisant. Qui n'a rêvé de tout plaquer, de changer de vie sans avoir de compte à rendre à qui que ce soit ? Couper les ponts qui vous relient au passé pour ne se consacrer qu'à soi ? Il est beaucoup question de contemplation dans ce film intuitif et sensoriel, qui choisit de dévoiler une partie de son mystère dans la dernière partie. On peut le regretter, mais au bout du compte le rêve est intact : grâce au talent unique d'Isabelle Huppert, qui se livre au-delà de toute psychologie, Ann s'émancipe, et nous avec elle, du principe de réalité.
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