Etrange entrée en matière. A l'hôtel de la Monnaie, le visiteur est accueilli par des oeuvres récentes du photographe, fidèles à son univers et à son esprit. Comme souvent, le sacré y côtoie le vulgaire, Paris Hilton hérite d'une place d'honneur, le beau et le laid s'entremêlent avec, en message subliminal, la critique de notre société de consommation. La différence est dans la manière : en lieu et place des photos attendues, on a droit à des installations en carton. On se croirait à une présentation de fin d'année d'apprentis artistes. C'est moche, brouillon, mal intégré au décor du lieu, à tel point qu'on ne sait plus si c'est, ou non, intentionnel. Passé cette première déception, la rétrospective dévoile quelques images apocalyptiques qui ne sont pas des redites des précédentes. Quand Lachapelle s'éloigne de la mode et de ses provocations un peu lassantes et conformistes, il interpelle tout en émouvant, comme dans ces clichés de musées dévastés ou ce jeune Arabe transformé en Gulliver en proie à une armée de minifemmes voilées. A voir (jusqu'au 31 mai), même si tout n'est pas bon dans ce cochon (d'artiste).