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mardi 30 juin 2009

Just Jack


Comment faire oublier un rendez-vous assedic (pôle emploi, ça sonne mieux) foireux ? Où les conseillères, bien que joviales et sympathiques, ne peuvent rien pour vous et ne s'en cachent pas ? D'abord, si possible, crier / pleurer un bon coup, histoire d'évacuer les pulsions haineuses et stériles qui vous traversent l'esprit et le reste. Sinon, rédiger une lettre remontée contre le vilain patron qui vous balade depuis des mois et mise sur votre manque de persévérance pour faire valoir vos droits. Enfin, et c'est sans doute la seule action digne de ce nom, chercher une nouveauté à se mettre sous l'oreille. Le dernier Just Jack, All Night Cinema, fera l'affaire, avec son flow doucereux, plus électro-pop que hip hop, prompt à apaiser les sens à vif. On pourra trouver ça inoffensif et plagiaire, entre Robbie Williams dernière mouture, Phoenix ou même Calvin Harris, moi, ça me convient parfaitement, avec ce qu'il faut de légèreté et d'allégresse pour accompagner l'été, loin des importuns.



MySpace Just Jack

lundi 29 juin 2009

Michael Jackson


Plus d'une semaine d'absence, entre-temps un certain mythe du monde de la musique a définitivement plié bagage mais, promis, je n'irai pas de mon couplet "ah que c'est malheureux et quel génie, mon Dieu, quel grand artiste nous perdons là...". La vague de réactions désolées, que je partage en partie, me rappelle celle qui avait suivi, en France, la mort de Serge Gainsbourg et surtout l'engouement propre aux artistes fraîchement décédés (pardon pour l'expression). Avec Michael Jackson, c'est encore plus flagrant, de par son statut international mais surtout à cause de sa fin de parcours. A part ses vrais fans, purs et durs, plus personne ne croyait en lui et il continuait de subir les moqueries, voire l'opprobe, du plus grand nombre. Depuis le 25 juin 2009, Bambi est passé dans une tout autre catégorie, celle qu'on lui collait il y a une vingtaine d'années lorsqu'il était au sommet de sa carrière : génie musical de la fin du XXe siècle. Ce sont d'ailleurs les chansons des Jackson Five, ou encore de l'album Thriller qu'on entend actuellement en boucle, où qu'on soit. Samedi matin, Barcelone, plage de Mar Bella, Michael Jackson. Samedi soir, Paris, soirée Popin Gay au Point Ephémère, encore Michael Jackson. Bambi refait pleurer dans les chaumières et surtout danser, c'est à la fois triste et tant mieux. Comme presque tous les garçons et les filles de mon âge (33), j'ai moi-même acheté ses vinyles avant de les racheter en CD. A 21h30 jeudi soir, sur mon ordinateur portable, la chanson Jam joue via la playlist de DJs espagnols, The Chasers, que je me prépare à entendre à la soirée Somoslas de Barcelone. De retour à l'hôtel dans la nuit, j'apprends la mort de l'artiste. Ce soir-là, des milliers de gens ont vraisemblablement vécu la même coïncidence.

vendredi 19 juin 2009

Jack Peñate


Alors que le vieillissant Ricky Martin sort enfin du placard (quoique de façon ambiguë, à la Christophe Willem), un sexe-symbole d'un tout autre style, anglais celui-ci, s'apprête à faire des ravages. Pourquoi ça ? D'abord, comme on peut le constater facilement par soi-même, Jack Peñate est beau mais aussi charmant, dans le genre übersexuel, viril juste ce qu'il faut pour attirer garçons et filles, quelle que soit leur orientation sexuelle. Cette séduction naturelle s'applique également à sa voix, légèrement cassée et androgyne, capable de monter dans les aigus avec beaucoup d'effet. Enfin et surtout, Jack Peñate, dont l'album Be The One (sortie le 23 juin) est déjà son deuxième essai, confronte le pop-rock un peu académique de ses débuts à des rythmes latinos dansants à mille lieues de la Macarena et autres Lambada, au jazz et à l'électro, soutenu par des chœurs récurrents et chaleureux. Ce mélange des genres a le mérite d'être original tout en galvanisant les foules prêtes à reprendre à l'unisson des paroles aussi incongrues que "Let's all die !" Pour juger de la différence de cet artiste bientôt incontournable, il suffit de visionner le clip de Tonight's Today, foufou et jubilatoire :



MySpace Jack Peñate

jeudi 18 juin 2009

Noisettes


Une très bonne nouvelle dans le monde de la soul. Les Noisettes, ce trio londonien initialement tourné vers le punk-rock (d'où le NOISEttes affiché à ses débuts, vous suivez ?) a opté sur son dernier album Wild Young Hearts pour un virage pop digne des plus grands groupes de la Motown. Emmenés par la divine Shingai Shoniwa au charisme et à la voix spectaculaire, les Noisettes pourraient représenter une alternative lumineuse à la sombre soul d'une Amy Winehouse, qui malgré ses frasques représente voire monopolise toujours la black music, du moins l'essence du blues. Les Noisettes eux ratissent un peu plus large, rappelant les ambiances langoureuses de Morcheeba du temps de la chanteuse noire Skye Edwards, et vont même jusqu'à s'acoquiner avec la disco à la Blondie. On voit mal la pauvre Amy mettre le feu aux planches ou au dancefloor, ce qui n'est pas le cas des Noisettes, qui feraient danser jusqu'au bout de la nuit tout en nous insufflant un peu de vague à l'âme dans ses chansons plus posées, pleines de romantisme.

Lien YouTube uniquement depuis le Web.

MySpace Noisettes

mercredi 17 juin 2009

Les tubes de l'été : 2-Röyksopp, The Girl and the Robot


Voilà plusieurs mois que le dernier album de Röyksopp, Junior, tourne sur mon baladeur coloré, et l'idée de les pitcher n'avait pas même traversé la petite tête qui me sert de cerveau ! Voici donc l'occasion idéale de me rattraper puisque le single The Girl and the Robot s'impose à mon avis comme une des bandes-son incontournables de cet été avec ses boucles électro, la voix de son interprète Robyn et ses cordes raffinées. Le duo norvégien, un peu boudé par la critique spécialiste (pas assez élitiste, trop "mainstream" et populaire sans doute), est une des rares formations électro capable de réconcilier avec succès mélodies, voix de rêve et prédisposition naturelle pour le dancefloor. Rien à voir avec la vague, que dis-je, le tsunami néo-eighties actuel qui consiste à napper son absence d'inspiration de claviers dégoulinants. Röyksopp a depuis le début un son, une identité qui lui sont propres, une vision grand angle (on se souvient notamment des réminiscences cinématographiques de ses débuts) qui lui donne un souffle lyrique, des ailes et pas mal d'avance sur nombre de ses contemporains. The Girl and the Robot, à ce titre, synthétise à merveille le merveilleux paradoxe du groupe, qui sait humaniser les machines comme personne.



MySpace Röyksopp

mardi 16 juin 2009

Les tubes de l'été : 1-Naive New Beaters, Get Love


L'été approche, avec son lot d'excitation, de promesses et de désirs assouvis - ou non. Quel titre saurait mieux coller à la saison des bisous que la chanson des New Naive Beatlers, Get Love ? Hier à la même heure je ne connaissais pas encore ce trio parisien. Désormais c'est chose faite grâce au dernier numéro du magazine Tsugi qui l'affiche en couverture. Ce phénomène de scène (et non de foire, malgré son goût prononcé pour la gaudriole et les provocations visuelles) détonne par son brouillage des genres, entre hip-hop et power pop, qui lui vaut un son et des mélodies pleines de fraîcheur et d'entrain. Mention spéciale donc pour Get Love et ses guitares chaloupées, extrait du premier album Wallace, hymne des cœurs brisés et tube de l'été en puissance, propre à agiter son popotin sur une plage californienne ou à défaut à Paris Plage où, le croirez-vous, NNB est programmé en août prochain. D'autres dates de concert sont annoncées sur le MySpace du groupe, avec également quatre morceaux en écoute. A découvrir ci-dessous, le clip très enlevé de Live Good :

lundi 15 juin 2009

Augusten Burroughs


Dan Callister/Rex Features

Compte tenu du parcours et du style du bonhomme, il était évident que tôt ou tard je finirais par le lire. Augusten Burroughs a été révélé au public il y a déjà quelques années avec un premier roman, Courir avec des ciseaux. L'Américain a ensuite confirmé son talent avec Déboire. Parce que ce dernier traînait dans ma bibliothèque depuis un an ou deux et que je venais de sortir plombé du dernier journal de Pascal Sevran, je me suis jeté dessus tel l'alcoolique/narrateur de ce livre écrit à la première personne, inspiré de la propre vie de l'écrivain. Il n'y a pas d'artifice, nulle tergiversation et encore moins de longueurs dans ce récit percutant comme une vodka glacée. Dès les premières lignes, on rentre dans le vif du sujet. L'histoire de ce New-yorkais faussement cynique et réellement touchant, vendu à une agence de pub, paumé sentimentalement et incapable de mettre de l'ordre dans sa vie, a quelque chose de grisant. Qu'on soit d'accord ou non, impossible de lui échapper. Augusten emmène le lecteur avec lui dans sa dépendance et le rend littéralement accro à son univers et aux personnages plus vrais que nature. Avec ses dialogues brillants, ses descriptions saisissantes où le mélange des genres révèle une vision tragi-comique de l'existence et une lucidité propre aux repentis, Déboire au final m'a laissé K.-O., emporté, dégrisé par un flot d'émotions nécessaires et vitales.

vendredi 12 juin 2009

Chester French


Deux jeunes blancs-becs rencontrés sur les bancs d'Harvard qui s'attirent dès leurs premiers essais l'attention de Kanye West avant d'être signés sur le label de Pharell Williams, le scénario semble trop beau pour être vrai. A voir les visages poupons du duo américain, on est tout de même tenté de soupçonner des intentions mercantiles de la part du producteur, qui tiendrait là les successeurs de Britney Spears et Justin Timberlake réunis, capables même de ponctionner l'audience des Jonas Brothers. Et si la jeunesse en venait à se passionner pour Chester French, qui le regrettera ? Pas moi en tout cas. Un groupe qui fait voler en éclats ses influences, sonnant comme du Beach Boys élevé au hip-hop et à la soul Motown, avec un goût prononcé pour les digressions et les orchestrations alambiquées, risque néanmoins d'attirer davantage les fans de pop-rock cultivée que les nostalgiques du club Mickey. D'ailleurs la presse anglo-saxonne s'enflamme pour ce phénomène actuellement en plein lancement en France et de passage à Paris, au Nouveau Casino, lundi soir prochain. Le clip de She Loves Everybody, diffusé sur le MySpace de Chester French, est à lui seul de très bon augure.

Lien YouTube

jeudi 11 juin 2009

Iggy Pop


C'est une fausse découverte : selon certains, Iggy Pop, le rockeur enragé, torse nu et écume aux lèvres, se serait embourgeoisé avec son nouvel album de reprises jazzy-bluesy-downtempo, Préliminaires. Ceux-là ont vite fait du chanteur des Stooges une caricature de rebelle et oublié que par le passé il a plusieurs fois exploré des rythmes et des ambiances plus langoureux que survoltés. On se souvient notamment de In The Death Car, la BO d'Arizona Dream. Cette fois encore, Iggy Pop délaisse en partie l'électricité (rappelons que la mort de Ron Asheton, le guitariste des Stooges, en janvier y est sans doute pour beaucoup) mais elle est loin d'être rayée de la carte de son univers, plus blues qu'easy-listening. Au bout du compte c'est l'âme de l'artiste qui résonne à travers Les Feuilles mortes ou How Insensitive, de sa voix profonde, gutturale, proche d'un Leonard Cohen, y compris dans l'atmosphère du disque. Iggy contemple, rêve ou se recueille mais, qu'on se rassure, il n'est pas du tout éteint. La preuve en son et images avec ce duo avec la jeune Izia extrait de La Musicale de Canal + :

mercredi 10 juin 2009

Fanfarlo


Douce surprise de découvrir au réveil une publicité dans son courrier électronique. Pas pour du Viagra ni le nouvel Iphone, j'entends. Non, ce matin, c'est mon ami Sigur Rós qui m'écrit pour me signaler que ses amis de Fanfarlo, un groupe londonien, diffusent leur premier album Reservoir pour la somme modique de 1 dollar. Il suffit de passer sur le site pour découvrir ces chansons bucoliques qui fleurent bon le grand air et les joies à plusieurs (ici on mêle violons, mandoline, clarinette, trompette, guitares et j'en passe), effusions magnifiquement orchestrées qui rappellent le meilleur de Belle and Sebastian, plus récemment le jeune Américain Beirut ou encore un négatif d'Arcade Fire (décidément, je me répète cette semaine), versant pop et lumineux. Cette ode au bonheur, foisonnante mais nullement indigeste, fait particulièrement du bien en ce printemps maussade. Soutenez-les, c'est un ordre. Ou comment se donner bonne conscience à moindre frais avant de comprendre que c'est Fanfarlo qui nous rend service.



MySpace Fanfarlo