Daniel Mendelsohn
Par Julien Grunberg, lundi 1 juin 2009 à 11:34 :: Livres :: #75 :: rss

Photo Matt Mendelsohn
Hier soir, j'ai fini de lire Les Disparus. Malgré ses plus de 900 pages et un sujet, l'Holocauste, forcément chargé de pathos, l'idée de devoir les quitter m'a rempli de tristesse. Comme Daniel Mendelsohn au moment de dire au revoir à son sujet, un long projet mené à la fois avec une rigueur quasi scientifique, une grande sensibilité et un immense talent de conteur, il fallait se résoudre aux adieux, avec le sentiment de repartir plus rempli que je ne l'étais au commencement de cette lecture. En se penchant au plus près de figures dont le lien est à la fois proche et lointain - les disparus en question sont son grand-oncle, sa femme et leurs quatre filles -, l'écrivain new-yorkais les fait ressurgir de l'oubli auxquelles elles étaient condamnées et les extirpe de la multitude de l'Histoire en faisant basculer le lecteur dans l'intimité de leurs vies - et de leurs morts. L'entreprise est ambitieuse : par le biais de témoignages de survivants de la guerre, juifs ou ukrainiens, il s'agit de savoir, voire de comprendre les origines du mal, tout en ressentant. La vérité des faits se dévoile très progressivement, grâce à une enquête minutieuse et approfondie de Mendelsohn, aidé notamment par son frère Matt, le photographe dont on découvre les clichés, et de nombreux amis. L'histoire de l'Holocauste par ailleurs rencontre celle du présent mais aussi de la Bible, avec des parallèles saisissants qui font des Disparus un ouvrage vertigineux à la fois subjectif et objectif, complexe et limpide ; en un mot, universel.
Ci-dessous, une rencontre entre Daniel Mendelsohn et le Père Desbois :
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