J'ai beau écouter et réécouter, toujours la même impression. La dernière réalisation de Mirwais via la chanteuse d'origine libanaise Yas me fait simplement, malgré mes bonnes dispositions, l'effet d'un mauvais disque de dance commerciale mâtinée à la sauce orientale. Si je m'y reprends à plusieurs fois, c'est que je suis plutôt friand du bonhomme, depuis ses débuts avec Daniel Darc jusqu'à ses productions pour Madonna, à la fois efficaces et raffinées. Cette fois, l'exploitation arabique sonne étrangement creuse, comme si on lui avait vidé sa substance, toute la force et la mélancolie propres à la musique orientale. A ce sujet, Mirwais dit regretter son absence au sein de la pop. Mais je ne risque pas d'oublier ce qu'une Natacha Atlas a pu engendrer avec la même base, transformant par exemple Mon amie la rose de Françoise Hardy en sublime ballade arabe drum'n'bass, et ses incursions dans la musique électronique en général. Par ailleurs la voix de Yas, bridée, occidentalisée, Madonnisée, est réduite à un pur ornement censé mettre en valeur le travail de Mirwais. Au final, les chansons de l'album Arabology semblent plus appauvries qu'inspirées. Qu'on rappelle Madonna ! (ou plutôt l'inverse).

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