Twilight, le film
Par Julien Grunberg, lundi 20 juillet 2009 à 11:22 :: Cinéma :: #101 :: rss

J'ai peut-être passé l'âge de voir le dernier Harry Potter - ça tombe bien, ça ne me dit rien de toute façon - mais qui pourra se moquer de mon engouement pour Twilight ? J'ai beau avoir mordu à l'hameçon à cause de son héros pâlichon, comme des tas de jeunes filles pubères, je peux toujours invoquer que c'est d'abord et avant tout un film de vampires - ils n'ont jamais été aussi à la mode, du cinéma d'auteur à la médiocre série d'Alan Ball, True Blood, que j'ai déjà chroniquée en avril. Je peux aussi rappeler qu'il est tiré d'un livre d'une écrivain désormais célèbre, Stephenie Meyer, et que c'est encore une femme, Catherine Hardwick, qui a signé la réalisation du film. Je n'ai pas lu le livre mais son adaptation à l'image, dans le chapitre I Fascination, se concentre sur l'histoire d'amour contrariée mais non impossible de ses deux tourtereaux. Ils évoluent dans une Amérique ordinaire et séduisante, superbement filmée et stylisée dans des teintes bleutées et gothiques, à la fois sombres et lumineuses. Les humains, des Américains moyens et sympathiques, y côtoient des vampires obéissant plus ou moins à leurs instincts, ce qui laisse peser un danger permanent - et un suspense intenable pour tout spectateur un tantinet fleur bleue. Les amateurs de Buffy et Angel, les séries précurseures de Joss Whedon, restent en terrain connu. Twilight décline, à son tour, le thème de la lutte contre le mal en se gardant de toute caricature. En l'occurrence, les personnages vampires tentent de résister à leurs propres démons ou sinon de vivre en harmonie avec ceux qui les rongent. Paradoxe dans lequel chacun de nous, ado attardé / adulte torturé, peut se reconnaître. Je m'étendrai moins sur le côté mièvre de l'histoire d'amour (notamment la scène sirupeuse où Robeeeeeeert !! Pattinson joue du piano pour sa bien-aimée) et la bande-son qui cible justement un public juvénile - Linkin Park, Paramore, Muse. Mon indulgence me pousse également à fermer les yeux sur l'intrigue prévisible du scénario, qui fait s'achever Twilight épisode 1 non pas comme un film à part entière mais comme une série dont on se retrouve malgré soi dépendant. Le titre de ce premier épisode, Fascination, n'est pas anodin ; question d'esthétique avant tout. Robert et Kristen Stewart, dont on parle moins, semblent littéralement absorber la caméra, et les scènes dans la nature, notamment la forêt, filmée avec sensualité, ont un pouvoir d'attraction quasi magique. Joli spectacle pour les yeux donc dont la suite est attendue au cinéma en novembre prochain.
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