Moby
Par Julien Grunberg, mercredi 22 juillet 2009 à 10:47 :: Musique :: #102 :: rss

Hier soir, lors d'un dîner donné en l'honneur du programmeur de cette application (bon anniversaire, Kiki !), quelqu'un, parmi les quatre personnes présentes, a mis un disque, un vrai. Un CD de Moby, presque aussi vieux que le monde, Play. J'ai constaté, non sans effroi, qu'il était déjà sorti il y a dix ans. Le choc passé, je me suis rappelé à quel point j'avais écouté cet album et combien je l'avais chéri, de nombreuses années durant. A l'époque, mélanger des nappes synthétiques (je parle de musique, pas de ma décoration de table) à des voix gospel relevait de l'inédit, du moins rien de très familier. Le savoir-faire électro du petit homme bondissant s'accordait à sublimer de merveilleuses voix resurgies d'on ne sait où, avec grand effet. Entre-temps, Play et l'intégralité de ses chansons archicélèbres ont fait le tour de la planète et ont servi de support à des films, des publicités, voire des émissions de télé, jusqu'à saturation totale. Depuis, Moby décline, en un peu moins bien (quoique j'aime le successeur de Play, 18), la même musique atmosphérique et s'éloigne régulièrement de l'électro pour aller vers la pop, en offrant sa propre voix, notamment en duo avec Mylène Farmer. En perte de crédibilité depuis quelques années, leur complicité, renouvelée sur le dernier disque de la chanteuse, n'arrange pas l'image de l'artiste. Pour ma part, je n'ai pas pour autant renoncé à parler en bien de Moby. Malgré son dernier disque, Wait For Me, ignoré de la critique, sans doute à juste titre puisqu'on n'y entend rien de nouveau ni de pertinent, juste quelques titres évanescents qui réveillent le nostalgique en moi. Je ne peux pas non plus encenser le DJ qui, depuis début juillet, officie le vendredi soir, à minuit, sur Virgin Radio, car je n'ai pas encore eu l'occasion de l'écouter. En revanche, je souhaite affirmer ici que son disque Last Night, paru l'an dernier, était plus que digne d'écoute. Largement orienté dance, avec des incursions hip-hop, il rappelle le parcours de l'artiste new-yorkais et notamment ses débuts house et techno, tout en apportant la touche Moby, reconnaissable entre toutes. Tout en cumulant les références et les styles musicaux, il parvient à rester uni et personnel. De l'intime et de l'émotion sur le dancefloor : quand il ne se parodie pas, Moby peut encore séduire.
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