Le rire, parfois, est jaune, comme la seyante culotte du personnage devenu incontournable, tant il va loin, capable d'offenser le plus dépravé des spectateurs. Car Sacha Baron Cohen n'est pas qu'un clown, un phénomène de foire pour émissions de télévision à grande audience. C'est surtout un agitateur qui ne se refuse aucune provocation, aucune énormité pour faire passer quelques messages. Sur le fond, rien d'original mais du très louable : le comédien / producteur / scénariste s'en prend d'abord et avant tout à l'homophobie, qu'elle soit manifeste ou plus banale, insidieuse, cachée dans les esprits les plus ordinaires. Celle qui consiste à se méfier des homosexuels parce qu'ils seraient, de notoriété publique, des obsédés sexuels, superficiels et irresponsables - donc incapables d'élever correctement des enfants. Quand Brüno, dans une émission télévisée à la Delarue, brandit son petit garçon noir comme le dernier accessoire à la mode ou tel un jouet, cela consterne, à raison, tout le monde. Tout comme le spectacle affligeant des mères de famille défilant devant Brüno afin de "vendre" leur progéniture pour des films plus qu'hasardeux. Sacha Baron Cohen, avec son personnage de has been pathétique et néanmoins hilarant, a confiance en l'intelligence de ses spectateurs. Du moins il possède le talent nécessaire, voire le génie, pour réveiller leurs consciences. Cela passe de temps en temps par des scènes ultra-osées, vulgaires, qui ne manqueront pas de choquer les esprits prudes. Le plus souvent c'est une franche rigolade où dérision et autodérision sont de mise pour apprécier ce film irrévérencieux, typiquement british, faussement bête et réellement brillant.
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