Source affiche : www.allocine.fr

La fin du monde vue par des Français (les frères Larrieu, à la réalisation), ça change, forcément, des blockbusters américains. Dès les premières images des Derniers Jours du monde, on sait que l'apocalypse aura un goût, un parfum différent. Il tombe des pluies de cendres sur Biarritz, la lumière est belle et inquiétante, et les personnages ont des comportements étranges. Pas besoin d'être Einstein pour comprendre le propos du film, par ailleurs très bien condensé dans la bande-annonce, et que je résumerai ainsi : quand la fin est proche, que l'existence est débarrassée de sens et des questions métaphysiques qui vont avec, l'être humain se tourne vers l'essentiel. En l'occurrence, les gens se parlent, se quittent et, surtout, baisent comme des fous. Quoi de plus humain en effet que d'envisager le sexe avant que l'ombre ne vienne... Les frères Larrieu, sur la base de ce constat, ont décidé de dénuder les corps de leurs acteurs, à l'exception de Catherine Frot, trop pudique sans doute. Pour le reste, ça fornique et ça fourrage à foison, et je garderai longtemps en mémoire la scène "choc" du film où Karin Viard dit impassiblement son texte à califourchon sur la tête de Mathieu Amalric. Quelle actrice, décidément. Mais malgré son talent et sa bonne volonté, je n'ai pas pu m'empêcher d'y voir une provocation un peu gratuite, à l'image d'autres scènes de ce film qui se veut subversif mais reste trop démonstratif dans ses intentions. La mise en scène autour du sexe, un vrai sujet en soi, devient conventionnelle à force de vouloir choquer le spectateur. Idem pour les cadavres qui défilent les uns après les autres, afin de créer un climat de stupeur et d'angoisse lié à l'apocalypse. Cette surcharge a tendance à plomber le reste du film qui pourtant connaît de belles envolées, notamment au début et à sa toute fin. Entre les deux, beaucoup trop de facilités, de lenteurs et de lourdeurs pour me convaincre tout à fait.