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Humpday finit par un gros éclat de rire, bête et gras, et ce n'est pas anodin. Présenté comme une comédie hilarante dans la pure tradition du cinéma américain indépendant, le film est certes drôle, souvent, mais pas que. Ces deux hétéros pur jus, si j'ose dire, "enchaînés" à un projet de film porno qui devra les faire coucher l'un avec l'autre, sont surtout, le détail a son importance, filmés par une réalisatrice, Lynn Shelton, également présente en tant qu'actrice (l'hôtesse blonde de la fête). Le regard est donc tout sauf complaisant sur ces pauvres garçons un peu perdus, qui ont autant de choses à prouver l'un à l'autre qu'à eux-mêmes. Dans Humpday, ils n'apparaissent pas sous leur meilleur jour : plus que des hommes, et malgré leur virilité fièrement portée, ils ressemblent à des adolescents aux jeux et aux comportement puérils. Un portrait loin d'être flatteur sans pour autant être à charge, et c'est là tout l'intérêt du film. L'extrême lucidité de la caméra, au-delà de la caricature, n'est que bienveillante : les deux protagonistes mâles, suivis au plus près dans un effet de réalisme très réussi (je ne parle pas de sexe, en l'occurrence), sont déshabillés, mis à nu, au propre comme au figuré. Les masques tombent et laissent apparaître une fragilité, voire une mélancolie à mille lieues des fanfaronnades affichées. Bien que confrontés à un scénario plutôt atypique et improbable, ces deux "losers" sympathiques et touchants semblent plus vrais que nature. Car seul le miroir déformant de la fiction, et une réalisatrice particulièrement douée, permettent, paradoxalement, autant de vérité.