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lundi 23 novembre 2009

Vampire Weekend


Un avant-goût de ce que réserve Vampire Weekend, une des révélations rock de l'année 2008, pour leur deuxième album à paraître en janvier prochain. Le clip est aussi rafraîchissant que le single, le dénommé Cousins. Des cousins américains pareils, faussement sages et réellement surprenants, j'adopte tout de suite...

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jeudi 19 novembre 2009

The Shoes


Je ne prends pas beaucoup de risque en disant que The Shoes a de fortes chances, prochainement, de faire parler de lui - ou d'elles. Et si ce duo électro-pop de Reims, comme l'est Yuksek, met un peu de temps avant de s'imposer ici, nos voisins anglais nous montreront sans doute l'exemple en louant leurs mérites dans le genre sautillant mais subtil qui leur plaît tant. Album à paraître au printemps 2010.

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vendredi 13 novembre 2009

Florence and The Machine


Au mois de mai de l'année 2008, j'assistais au concert de MGMT au Bataclan et découvrais, médusé, une jeune inconnue aujourd'hui sous le feu des projecteurs : Florence and The Machine. Elle m'avait inspiré à l'époque les quelques lignes que je reproduis ici : " ... première partie un brin hystérique qui m’a réveillé de la torpeur dans laquelle baignait la salle, surchauffée et moite dès le début. Florence and the Machine, c’est un peu le versant azimuté et punk (grindcore, disent-ils) d’une Feist : musique et prestation décomplexées chaleureusement accueillies par le public et moi-même, applaudissant de mes deux grandes mains tout en me demandant si la jeune fille est dans son état naturel, tout le temps comme ça, ou simplement en représentation. Une heure plus tard, en plein show de MGMT, lorsque Florence surgit au-dessus de la mêlée de mains des pogoteurs tout en prenant des poses de princesse, j’ai ma réponse : cette fille est complètement jetée et mon amour naissant pour elle grandit d’autant."

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vendredi 6 novembre 2009

Playlist du 06/11


Photo Wild Beasts

Parce que j'ai pris pas mal de retard, tout en ayant repéré quelques nouveautés dignes d'intérêt, j'ai décidé de sacrifier à l'ordinaire et faire comme tout le monde : une playlist. Pas de blabla sur les artistes, juste des vidéos en vrac et en toute subjectivité. Alors, que contient ma hotte cette semaine ?

Richard Hawley, une voix de velours et des ballades romantiques et sans artifice, du raffinement, de la douceur, à tomber.



Dans un genre peu éloigné, je ne me lasse pas de la voix de Hope Sandoval, l'ex-chanteuse Mazzy Star, et de ses chansons atemporelles, comme suspendues dans l'air, qui agissent comme un charme.



Encore un artiste qui fait dans la douceur et ne risque pas de réveiller cette playlist très automnale : Atlas Sound, signé chez 4AD. Chant et atmosphère fantomatique mais dont la sensibilité et la musicalité extrêmes le garde de tout minimalisme ou monotonie.



Enfin, et merci Alice, Wild Beasts et la voix androgyne et haut perchée de son chanteur (à la Antony), qui parvient à contenir son excès naturel et ses débordements dans un environnement subtilement rock, qui rappelle notamment Interpol en plus digeste.

jeudi 5 novembre 2009

Deadline


Laisser une trace avant la fin. Cette préoccupation propre à tous les artistes devient urgence quand la mort se sait imminente. Une urgence qui a sensiblement orienté et façonné les œuvres très contrastées de Deadline, l'exposition actuellement présentée au Musée d'art moderne de Paris. Il y a évidemment plusieurs approches de la mort, plus ou moins angoissées, ou enragées, selon l'âge où elle s'apprête à emporter, tout en produisant toutes sortes de réactions. Quand le photographe américain Robert Mapplethorpe ou l'artiste israélien Absalon se savent condamnés à court terme par leur sida, l'art devient témoignage, un peu à la façon d'Hervé Guivert filmant sa propre agonie dans La Pudeur ou l'Impudeur. Absalon hurle sa colère en nous fixant de l'autre côté de l'écran, Mapplethorpe défie la mort, non sans ironie, en agrippant sa canne surmontée d'un crâne humain. Se sachant atteint d'un cancer, James Lee Byard met en scène sa propre échéance et la transforme en œuvre lumineuse et dorée, loin de toute noirceur. Et, à 82 ans, l'Allemand Hans Hartung, victime d'une attaque cérébrale et physiquement diminué, exprimera une force et un dynamisme qui vont transcender ses grandes toiles abstraites et éthérées. Ils sont douze au total, hommes en colère, femmes au bord de la crise de nerfs, prêts quoi qu'il en soit à en découdre. Transformée en vitalité, leur urgence devient la nôtre.

mardi 3 novembre 2009

Le Ruban blanc


Le plus déroutant avec ce film radical, quoique accessible, c'est de le voir dans une salle presque remplie. Pas un cinéma désert du Quartier latin, avec deux étudiants-trois retraités, non, une foule de jeunes et moins jeunes dans un grand complexe du quartier de l'Opéra. L'effet Palme d'or y est sans doute pour quelque chose et son sujet aussi. L'Autrichien Michael Haneke, maître dans l'art de montrer du doigt, de déranger, voire de provoquer le malaise, s'attaque aux sources du mal, celui qui débouchera des années plus tard sur l'Allemagne nazie et sa folie meurtrière. Il n'y a pas pour autant de démonstration implacable, de leçon d'histoire. Le cinéaste ne fait pas dans le documentaire mais dans la fiction, bien qu'elle se nourrisse de la force du réel, avec une stylisation (sublime noir et blanc), des situations et des personnages dignes d'un film surnaturel. Dans ce village maudit, qui étouffe dans ses conventions, son traditionalisme et baigne dans ses inégalités, un vent de révolte souffle mais s'exprime sournoisement. Le non-dit règne et cède la place à des actes d'une grande cruauté, signes avant-coureurs d'un barbarisme sans nom. Et quand les langues se délient, c'est toute la noirceur de l'être humain qui s'exprime, ou plutôt éructe, comme un venin nauséabond - je pense à la scène tragi-comique du règlement de compte entre le médecin et son amante, à la fois glaçante et risible. Le ruban blanc fait référence à la pureté, celle que la famille du pasteur du village souhaite faire perdurer à tout prix, quitte à provoquer des dégâts irréparables. Mais pas d'ostracisme de la part de Haneke. Certes, il y a des causes et des conséquences mais la violence en question est diffuse et s'infiltre partout. Les seuls personnages qui y échappent sont l'instituteur (également voix off de l'histoire) et sa promise. Le premier prend de la hauteur sur ce récit, en figurant le point de vue du spectateur, la seconde est un temps écartée du village et de son environnement malsain, faisant ainsi perdurer son innocence et sa fraîcheur. Dans ce contexte oppressant, le seul salut possible semble la fuite. Mais étrangement il n'en est pas de même pour le spectateur, qui prend un plaisir presque pervers à contempler le naufrage.