jeudi 5 novembre 2009
Deadline
Par Julien Grunberg, jeudi 5 novembre 2009 à 17:07 :: Art

Laisser une trace avant la fin. Cette préoccupation propre à tous les artistes devient urgence quand la mort se sait imminente. Une urgence qui a sensiblement orienté et façonné les œuvres très contrastées de Deadline, l'exposition actuellement présentée au Musée d'art moderne de Paris. Il y a évidemment plusieurs approches de la mort, plus ou moins angoissées, ou enragées, selon l'âge où elle s'apprête à emporter, tout en produisant toutes sortes de réactions. Quand le photographe américain Robert Mapplethorpe ou l'artiste israélien Absalon se savent condamnés à court terme par leur sida, l'art devient témoignage, un peu à la façon d'Hervé Guivert filmant sa propre agonie dans La Pudeur ou l'Impudeur. Absalon hurle sa colère en nous fixant de l'autre côté de l'écran, Mapplethorpe défie la mort, non sans ironie, en agrippant sa canne surmontée d'un crâne humain. Se sachant atteint d'un cancer, James Lee Byard met en scène sa propre échéance et la transforme en œuvre lumineuse et dorée, loin de toute noirceur. Et, à 82 ans, l'Allemand Hans Hartung, victime d'une attaque cérébrale et physiquement diminué, exprimera une force et un dynamisme qui vont transcender ses grandes toiles abstraites et éthérées. Ils sont douze au total, hommes en colère, femmes au bord de la crise de nerfs, prêts quoi qu'il en soit à en découdre. Transformée en vitalité, leur urgence devient la nôtre.





