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mercredi 26 octobre 2011

Polisse de proximité

La “Polisse” de Maïwenn ne gagne pas à tous les coups. Mais malgré ses défauts elle en vaut la peine.

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dimanche 23 octobre 2011

Julie Delpy met en orbite


Dans “Le Skylab”, Julie Delpy réunit toute une famille dans une maison en Bretagne. Effet miroir garanti.

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vendredi 24 juin 2011

Pourquoi tu pleures ?



L'hystérie, comme d'autres névroses, peut être drôle à petites doses. Dans Two Days in Paris, Julie Delpy relevait ce pari-là : faire rire au bord de la crise de nerfs tout en plongeant le spectateur dans l'intimité de ses personnages, survoltés mais attendrissants. Pourquoi tu pleures ?, rappelle, en partie, l'ambiance vue chez Delpy. Sauf que ce film d'actrice (autre point commun avec Julie Delpy, mais les comparaisons s'arrêtent là) sonne constamment faux et manque cruellement de sensibilité. Le côté loufoque des personnages secondaires (les mères castratrices sont juives ou cinglées, au choix, et les potes du futur marié sont tous des boulets) est anéanti par la lourdeur des dialogues et l'excès de caricature. Benjamin Biolay, qu'on adore par ailleurs comme chanteur, réussit certes à nous gonfler avec ses doutes et ses tergiversations, mais pas à nous charmer, loin de là. Peut-être que le but de cette comédie sur le mariage et l'engagement est justement de ne pas être charmante, ni sympathique. En cela, elle pourrait bien ressembler à son époque, désenchantée à tel point qu'elle n'a que ça à donner, montrer : des personnages paumés et un film fatigant, qu'on n'a pas du tout envie d'aimer.

jeudi 31 décembre 2009

Plein Sud


Au rayon souvenirs de jeunesse, après Patrice Chéreau et avant l'année 2010 qui s'apprête à se pointer, voici le nouveau Sébastien Lifshitz, Plein Sud. Tout garçon sensible né avant 1980, voire 1985, a forcément vu Presque rien. Du moins j'ai du mal à envisager l'inverse. Pour moi qui, pendant un certain temps, ai contemplé les visages et les torses du couple Jérémie Elkaïm-Stéphane Rideau (poster géant bien à portée de vue, à quelques mètres de mon lit), Sébastien Lifshitz est de ces cinéastes qu'on ne rate pas. Au-delà de l'émotion érotique que certaines de ses images m'ont procuré (toujours dans Presque rien, la scène où Stéphane Rideau est embouti sur la plage vaut bien l'intégrale de Cadinot !), j'ai aimé sa mélancolie et sa noirceur, à mille lieues de l'image angélique conçue à l'époque par Pierre et Gilles pour l'affiche du film.
Plein Sud succède à Wild Side, qui mettait en scène un trio atypique composé notamment d'une transsexuelle. Cette fois, il s'agit d'un quatuor de jeunes et jolis (presque trop) évoluant dans une ambiance de road movie. Je ne vais pas faire durer le suspense (intenable) concernant ce que j'ai pensé du film. Alors oui, j'ai été en partie déçu par cette histoire bien convenue de la part de Lifshitz qui m'avait jusque-là habitué à l'étrange, la différence, l'inattendu même. Ecrit à trois mains, le scénario de Plein Sud, centré sur un personnage hanté par la mort de son père, ne tient pas tout à fait la route. Comme le trio de jeunes acteurs qui finissent abandonnés sur une plage, je me suis senti laissé au bord du chemin, ni concerné ni particulièrement touché par cette histoire de vengeance un peu bancale. Mais, il y a un mais, je dirais que Lifshitz est avant tout un garçon d'images - un peu comme James Cameron et son Avatar, toutes proportions gardées. Et, tout en passant à côté de l'histoire de Sam (Yannick Renier), j'ai été troublé plus d'une fois par la force et l'érotisme torride de certains plans. Je ne suis pas lesbienne mais la première scène avec Léa Seydoux, qui drague la caméra avec aplomb, m'a fasciné. Et, une fois encore, les plages semblent inspirer le cinéaste qui y filme ses acteurs dans une lumière flatteuse, en plein jour comme de nuit, au coin du feu. Ces images, alliées à la bande-son (John Parish, Marie Modiano...) pourraient amplement suffire à elles-mêmes. Dommage que les dialogues et un canevas un peu trop explicite alourdissent le tableau.

vendredi 18 décembre 2009

Persécution


Le temps passe, certaines oeuvres restent, et moi je change. Tombe la neige, aussi. Tour ça pour dire qu'hier je suis allé voir Persécution, le dernier film de Patrice Chéreau. Un réalisateur dont j'avais aimé, à leur sortie ou en décalé, L'Homme blessé, La Reine Margot ou encore Ceux qui m'aiment prendront le train. J'avais aussi adoré le voir sur scène, avec Pascal Greggory, dans La Solitude des champs de coton de Koltès. Quelques moments forts dans ma vie de jeunot d'alors, en mal d'expériences nouvelles et de sensations fortes. Et puis, j'ai revu, plus récemment, des images, à la télévision, de cette fameuse Solitude et j'ai trouvé Chéreau cabotin, pour ne pas dire lourdaud. J'ai vu, aussi, le très ampoulé et maniéré Gabrielle, avec Isabelle Huppert dans le rôle-titre. Grosse déception qui confirmait que, peut-être, j'en avais fini avec cet artiste qui jadis marqua ma jeunesse. Petite parenthèse, j'étais tombé, à l'âge de 19 ans, sur une citation de Chéreau à propos de l'homosexualité. Il l'assimilait, je résume grossièrement, à une vie de malheur. Evidemment, l'épidémie du sida était passée par là et on peut facilement comprendre la noirceur de son point de vue. Mais il y avait aussi une forme de fatalisme qui m'avait beaucoup choqué et, dans l'inexpérience qui était la mienne, j'avais pris cette citation pour argent comptant. Puisque Chéreau le disait, j'étais donc voué à être seul et malheureux. Les temps ont beaucoup changé, grâce à un tas d'avancées, et ce genre de réflexion semble datée aujourd'hui. Tout ne va pas pour le mieux, loin de là, mais au moins l'espoir est permis.
Cette parenthèse, plus longue que prévu, n'est pas totalement étrangère à ce que j'ai pu ressentir pendant la projection de Persécution. Dans le film, le personnage de Romain Duris, névrosé insupportable, personnifie cette impression étrange, double, que Chéreau peut susciter. Dans sa façon torturée de se confronter au monde et aux êtres, Daniel, le personnage en couple avec Sonia (lumineuse Charlotte Gainsbourg, qui allège l'atmosphère empesée du film), n'a rien d'un garçon de son temps. Daniel, d'ailleurs, est un prénom de vieux, du moins pas celui d'un trentenaire, et ce n'est pas un hasard. Hypersensible, il se mêle de tout, prend chaque chose à coeur et avance dans la vie de façon douloureuse, laborieuse (c'est aussi un acharné du travail). Bref, il prend l'existence au sérieux et, incapable de légèreté et d'humour, il se prend lui-même encore plus au sérieux. La folie le guette, l'attire et le rend perméable à celle, parfois plus dangereuse, des autres. J'ai été sensible au côté entier du personnage, qui est passionné, sans compromis ni concessions, mais c'est pourtant son côté antipathique, irritant, que je retiens. Surtout, sa complaisance pour le malheur est insupportable. Daniel fait débat, ce n'est pas un personnage lisse et c'est plutôt bon signe, mais son côté obscur prend le pas sur le reste. Peut-on aimer quelqu'un ou, en l'occurrence, un film si peu aimables ? C'est peut-être le pari risqué de Chéreau, et il mérite réflexion. Disons que j'ai détesté mais que, étrangement, ça m'a fait du bien...

mardi 3 novembre 2009

Le Ruban blanc


Le plus déroutant avec ce film radical, quoique accessible, c'est de le voir dans une salle presque remplie. Pas un cinéma désert du Quartier latin, avec deux étudiants-trois retraités, non, une foule de jeunes et moins jeunes dans un grand complexe du quartier de l'Opéra. L'effet Palme d'or y est sans doute pour quelque chose et son sujet aussi. L'Autrichien Michael Haneke, maître dans l'art de montrer du doigt, de déranger, voire de provoquer le malaise, s'attaque aux sources du mal, celui qui débouchera des années plus tard sur l'Allemagne nazie et sa folie meurtrière. Il n'y a pas pour autant de démonstration implacable, de leçon d'histoire. Le cinéaste ne fait pas dans le documentaire mais dans la fiction, bien qu'elle se nourrisse de la force du réel, avec une stylisation (sublime noir et blanc), des situations et des personnages dignes d'un film surnaturel. Dans ce village maudit, qui étouffe dans ses conventions, son traditionalisme et baigne dans ses inégalités, un vent de révolte souffle mais s'exprime sournoisement. Le non-dit règne et cède la place à des actes d'une grande cruauté, signes avant-coureurs d'un barbarisme sans nom. Et quand les langues se délient, c'est toute la noirceur de l'être humain qui s'exprime, ou plutôt éructe, comme un venin nauséabond - je pense à la scène tragi-comique du règlement de compte entre le médecin et son amante, à la fois glaçante et risible. Le ruban blanc fait référence à la pureté, celle que la famille du pasteur du village souhaite faire perdurer à tout prix, quitte à provoquer des dégâts irréparables. Mais pas d'ostracisme de la part de Haneke. Certes, il y a des causes et des conséquences mais la violence en question est diffuse et s'infiltre partout. Les seuls personnages qui y échappent sont l'instituteur (également voix off de l'histoire) et sa promise. Le premier prend de la hauteur sur ce récit, en figurant le point de vue du spectateur, la seconde est un temps écartée du village et de son environnement malsain, faisant ainsi perdurer son innocence et sa fraîcheur. Dans ce contexte oppressant, le seul salut possible semble la fuite. Mais étrangement il n'en est pas de même pour le spectateur, qui prend un plaisir presque pervers à contempler le naufrage.

mardi 29 septembre 2009

Hôtel Woodstock


Source photo www.allocine.fr

C'est sûr, Hôtel Woodstock souffre un peu de la comparaison avec Le Secret de Brokeback Mountain, le précédent et célèbre film du réalisateur Ang Lee. Ceux qui viennent y chercher la même intensité dramatique, de celles qui laissent K.-O. longtemps après la séance, risquent de ne pas la retrouver cette fois. Pourtant à mes yeux Hôtel Woodstock mérite d'être vu, et à plus d'un titre. On retrouve la même contemplation, cette lenteur, au sens positif du terme, qui prend le temps de camper une situation (c'est le cas de le dire), de raconter des histoires ancrées dans un quotidien plus ou moins terne avant de se propulser vers des horizons plus inattendus. L'histoire du festival de Woodstock n'est certes pas commune. Mais derrière la version officielle, et disons superficielle, des têtes d'affiche rock et de leur public de babas cool pataugeant dans la boue, se cachent d'autres territoires, de nouveaux secrets qu'Ang Lee s'empresse d'explorer avec une acuité et une sensibilité certaines. On est loin des images choc et de l'efficacité à tout prix, hormis dans les quelques scènes où l'écran est fragmenté en plusieurs perspectives simultanées. Le rythme parfois semble même calé sur l'état d'esprit de certains protagonistes du film à l'état passablement second. Woodstock, c'est aussi 69, un paradis artificiel né en pleine année érotique : le spectacle est beau et donne lieu à une des plus belles scènes du film. Ang Lee, qui parvient à transcender la simple reconstitution, prend également le soin de rappeler le contexte de guerres de l'époque (Vietnam, Israël...) et, au-delà de la caricature et de la simple comédie, saisit le tournant sociétal fondamental et le symbole, éphémère, qu'a représenté Woodstock. Hôtel Woodstock n'est pas que divertissant. C'est aussi, à la manière du Harvey Milk de Gus Van Sant, le témoignage émouvant d'une ère précieuse à l'espérance nécessaire.

lundi 21 septembre 2009

Humpday


Source photo www.allocine.fr

Humpday finit par un gros éclat de rire, bête et gras, et ce n'est pas anodin. Présenté comme une comédie hilarante dans la pure tradition du cinéma américain indépendant, le film est certes drôle, souvent, mais pas que. Ces deux hétéros pur jus, si j'ose dire, "enchaînés" à un projet de film porno qui devra les faire coucher l'un avec l'autre, sont surtout, le détail a son importance, filmés par une réalisatrice, Lynn Shelton, également présente en tant qu'actrice (l'hôtesse blonde de la fête). Le regard est donc tout sauf complaisant sur ces pauvres garçons un peu perdus, qui ont autant de choses à prouver l'un à l'autre qu'à eux-mêmes. Dans Humpday, ils n'apparaissent pas sous leur meilleur jour : plus que des hommes, et malgré leur virilité fièrement portée, ils ressemblent à des adolescents aux jeux et aux comportement puérils. Un portrait loin d'être flatteur sans pour autant être à charge, et c'est là tout l'intérêt du film. L'extrême lucidité de la caméra, au-delà de la caricature, n'est que bienveillante : les deux protagonistes mâles, suivis au plus près dans un effet de réalisme très réussi (je ne parle pas de sexe, en l'occurrence), sont déshabillés, mis à nu, au propre comme au figuré. Les masques tombent et laissent apparaître une fragilité, voire une mélancolie à mille lieues des fanfaronnades affichées. Bien que confrontés à un scénario plutôt atypique et improbable, ces deux "losers" sympathiques et touchants semblent plus vrais que nature. Car seul le miroir déformant de la fiction, et une réalisatrice particulièrement douée, permettent, paradoxalement, autant de vérité.

mardi 15 septembre 2009

Non ma fille tu n'iras pas danser


Source photo www.allocine.fr

C'est un film déroutant, comme un jeu de pistes qui commencerait par un détour, un faux départ, avant de prendre son essor, révéler son sens caché. J'ai eu très peur, pendant quelques minutes, de ne pas aimer le nouveau Christophe Honoré. Pas encore tout à fait remis des Chansons d'amour, je guettais celui-ci avec plein de foi aveugle, un brin de fanatisme, forcément dangereux. Mon impatience, mes espoirs se sont donc heurtées à une drôle d'entrée en matière, des scènes bizarrement empruntées, des dialogues maladroits semblant surgir d'un mauvais téléfilm. Sympathique mais un peu convenu, ce tableau de famille à la campagne, avec notamment le très crispant Julien Honoré, le frère du cinéaste, m'a donné presque envie de prendre mes jambes à mon cou. Or, magie du cinéma, c'est Chiara Mastroianni qui s'en est chargé à ma place. Dans un élan de vitalité, qu'on pourrait appeler instinct de survie, Léna décide de tout plaquer - avant de se rétracter. C'est toute l'ambivalence de ce magnifique personnage, en proie à toutes sortes de pressions et de démons, à laquelle on assiste, médusé. Incroyable, cette Léna aussi rebutante que séduisante, adorable et exaspérante, à laquelle on s'identifie, presque malgré soi. Hormis sa beauté évidente, ce n'est pas une fille aimable, mais on se surprend à l'aimer, quoi qu'elle fasse, dise ou ressente. Il en va de même pour les autres personnages féminins, Frédérique, la soeur (bluffante Marina Foïs) et Annie, la mère (subjuguante Marie-Christine Barrault). Toutes sont pleines d'aspérités et de paradoxes : aimantes et malsaines, enchaînées mais avides de liberté, impossibles à juger car terriblement humaines. A l'image de ces figures doucement ravagées, Non ma fille tu n'iras pas danser est un beau film à la fois simple et complexe, sombre et lumineux. Surtout, Honoré confirme l'originalité de son regard. Quoi qu'il observe, c'est son anticonformisme qui est à l'oeuvre, derrière la facture "classique" du film - toutes proportions gardées. Cela passe notamment par une façon d'assumer ses défauts, ses artifices, ses références, et de jouer avec la norme, qu'il malmène et met directement en question. On est loin de la comédie, tout autant du drame. Et pourtant, Non ma fille tu n'iras pas danser est un film drôle et tragique. Comme la vie, en somme.

vendredi 28 août 2009

Un prophète


Source photo www.allocine.fr

Le pôle emploi m'a demandé de signaler mes congés. 35 jours par an, tout chômeur est en droit de prendre des vacances. C'est en patientant dans l'entrée glauque du bâtiment niché dans une impasse tout aussi lugubre que j'ai eu accès à cette information. Demain matin je pars en Corse, pour une durée de deux semaines, et puisque le pôle emploi me laisse partir sans chigner, j'espère également que les fidèles lecteurs du Pitch ne me tiendront pas rigueur de cette absence... Quoi qu'il en soit, quiconque me suit, et forcément m'aime (!), saura désormais le pourquoi de mon silence prolongé. J'espère également que je serai le bienvenu là-bas, même si l'image des Corses, déjà bien entamée, vient sérieusement d'en prendre un coup via le film de Jacques Audiard, Un prophète. 2h30 au coeur d'une prison française où le clan corse, notamment, fait sa loi... Dans ce film on ne peut plus réaliste, le temps m'a semblé long, très long. Depuis les séries Oz et Prison Break, on avait pu comprendre que l'expérience carcérale n'était pas tout à fait une partie de plaisir. Chez Audiard, la prison est toujours aussi atroce mais elle passe en même temps pour un lieu d'apprentissage où, tant qu'à faire sa peine, il faut tenter de "sortir moins con qu'on est rentré", dixit un des personnages. L'idée pourrait plaire à Nicolas Sarkozy, bien qu'il aurait du mal à louer le parcours fort illicite du personnage principal, qui, grâce à son intelligence, son opportunisme et sa dureté, va pouvoir survivre et échapper à son destin. J'y vois sans mal une métaphore du monde moderne, plutôt impitoyable, qui m'a rendu la projection d'Un Prophète désagréable, car dérangeante, et pas seulement à cause des Corses - au demeurant charmants, pour la plupart d'entre eux, dans la vraie vie ! Sur ce, bonne rentrée et à bientôt.