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mercredi 16 septembre 2009

Muse et compagnie


C'est la rentrée, l'époque des albums qu'on attend, ou pas, avec impatience ou au contraire un peu de scepticisme. Pour ma part, je guette l'arrivée des quelques Français qui m'intéressent encore. Malheureusement ils se comptent sur les doigts d'une main : je pense à Brigitte Fontaine ou encore à Benjamin Biolay, dont les premiers échantillons (respectivement Prohibition et La Superbe) laissent présager de grandes envolées. Miossec aurait pu en faire partie, mais j'avoue que la lourdeur et la facilité des textes de Finistériens, son dernier album composé par Yann Tiersen, me laisse perplexe (exemple : sur Les Joggeurs du dimanche, "veulent-ils s'alléger de leurs poids ou ne font-ils que compter, compter leurs pas..." . Je n'ai pas joggé depuis mes 12 ans mais j'avoue que la charge et l'amalgame implicites jogging = Sarkozy = dépressif latent de droite manque un peu de subtilité - bien que l'idée me fasse rigoler, c'est vrai. Il me reste à écouter le dernier M, le prochain Air, sur lesquels je reviendrai probablement. Je ne manquerai pas non plus de parler, dans un avenir proche, de nouveautés anglo-saxonnes. En attendant, je m'autorise aujourd'hui à évoquer un groupe pas tout à fait inconnu. Je parle de Muse, dont on n'attend plus grand-chose, tant il semble sonner de la même façon depuis ses débuts. Les Anglais, qui n'ont pas toujours fait dans la dentelle, revient avec The Resistance, à mon sens très réussi. L'esprit de Muse, lyrico-agressif, est toujours présent, mais cette fois avec une audace et un aplomb plutôt inhabituels dans la flageolante '"industrie du disque". Muse fait partie des poids lourds, il draine un public de masse, non insensible à ses influences classiques. Et, cette fois, il emploie les grands moyens, assume pleinement la veine symphonique et sa démesure, ses excès. Parfois les références (notamment à Queen) confinent au pastiche mais l'effet est saisissant. Parmi les instants de grâce, je mentionnerai la reprise, en français, d'un extrait de l'opéra de Camille Saint-Saëns, Samson et Dalila, qui rappelle ce que pouvait faire un Jeff Buckley avec sa voix. Muse s'essaye à l'apesanteur, la légèreté, y compris en se permettant des rythmes synthétiques, comme sur le titre Undisclosed Desires, à consonance r'n'b. The Resistance, un titre bien trouvé pour cet opus libre et décomplexé qui assume ses grands écarts et ses ambitions, tout en conquérant l'auditeur que je suis (parmi tant d'autres !).

MySpace Muse

lundi 29 juin 2009

Michael Jackson


Plus d'une semaine d'absence, entre-temps un certain mythe du monde de la musique a définitivement plié bagage mais, promis, je n'irai pas de mon couplet "ah que c'est malheureux et quel génie, mon Dieu, quel grand artiste nous perdons là...". La vague de réactions désolées, que je partage en partie, me rappelle celle qui avait suivi, en France, la mort de Serge Gainsbourg et surtout l'engouement propre aux artistes fraîchement décédés (pardon pour l'expression). Avec Michael Jackson, c'est encore plus flagrant, de par son statut international mais surtout à cause de sa fin de parcours. A part ses vrais fans, purs et durs, plus personne ne croyait en lui et il continuait de subir les moqueries, voire l'opprobe, du plus grand nombre. Depuis le 25 juin 2009, Bambi est passé dans une tout autre catégorie, celle qu'on lui collait il y a une vingtaine d'années lorsqu'il était au sommet de sa carrière : génie musical de la fin du XXe siècle. Ce sont d'ailleurs les chansons des Jackson Five, ou encore de l'album Thriller qu'on entend actuellement en boucle, où qu'on soit. Samedi matin, Barcelone, plage de Mar Bella, Michael Jackson. Samedi soir, Paris, soirée Popin Gay au Point Ephémère, encore Michael Jackson. Bambi refait pleurer dans les chaumières et surtout danser, c'est à la fois triste et tant mieux. Comme presque tous les garçons et les filles de mon âge (33), j'ai moi-même acheté ses vinyles avant de les racheter en CD. A 21h30 jeudi soir, sur mon ordinateur portable, la chanson Jam joue via la playlist de DJs espagnols, The Chasers, que je me prépare à entendre à la soirée Somoslas de Barcelone. De retour à l'hôtel dans la nuit, j'apprends la mort de l'artiste. Ce soir-là, des milliers de gens ont vraisemblablement vécu la même coïncidence.

lundi 8 juin 2009

Mort aux jeunes


Julien a très envie de sortir. Tiens, Christophe est prêt à le suivre. Cette semaine il a beaucoup travaillé mais bu beaucoup de Berocca. Alors ensemble ils ont décidé de se rendre à pied à la soirée Mort aux jeunes au Point Ephémère. Julien et Christophe croisent Tibo le long du Canal Saint-Martin, enfourchant un Vélib à toute allure ; il ne les voit pas. A minuit passé, près de la caserne des pompiers, la foule s'amasse devant la salle en attendant que les videurs daignent la faire rentrer, au compte-gouttes. Une demi-heure plus tard, on la découvre à moitié remplie, pourquoi tant de précautions ? Julien n'a rien compris, Christophe lui dit que c'est fait exprès, pour alimenter le buzz. Un trentenaire en tutu et plumes, Mehdi Crame, assure un set électro-sexuel mais pas que (nous sommes accueillis par le dernier Gossip) qui donne un peu d'espoir à Julien. Malheureusement les bons moments ne sont pas faits pour durer et l'euphorie du garçon retombe aussitôt avec le changement d'affiche. Dans la salle d'à côté, les DJs font ce qu'ils peuvent pour attirer l'attention mais le son est tellement mauvais que personne n'a envie de s'y attarder. Tibo refait une apparition, Julien fait les présentations, un peu réservées à son goût, Christophe sourit et Tibo ne tarde pas à repartir. Son ami fera le DJ à 3h, trop tard, pas envie de boire ni de danser sur Yannick Noah ou Lio en l'attendant. Au revoir et bonne nuit, Julien et Christophe n'ont fait que passer. Le lendemain, Tibo informe Julien que l'ami DJ s'appelle Martin Libertin, qu'il a joué "électro-pop boum boum" et qu'il peut l'écouter ici. La musique est bonne et le décollage progressif, c'est toujours ça de pris, même un dimanche après-midi glauque et pluvieux. Julien se demande si c'est bien normal d'être à ce point déphasé, décalé.

lundi 11 mai 2009

Billy Elliot


A Londres, Victoria Palace, Billy Elliot continue d'attirer les foules depuis son lancement fin mars 2005. Loin des productions gluantes et indigestes auxquelles on est trop souvent habitué, cette adaptation du film de Stephen Daldry (qui a ensuite réalisé The Hours, puis The Reader, avec Kate Winslet, bientôt à l'affiche) est simplement fabuleuse. "Unbelievable", "astouning", "amazing", tout ce qu'on voudra mais impossible de ne pas être scié face à ce spectacle grandiose et émouvant sur ce jeune danseur ultradoué, fils de mineur, qui, en pleine ère Thatcher, va échapper à son destin en surmontant tous les obstacles qui se dressent sur son chemin, aidé par une professeur de danse. Sur cette trame classique, typiquement Broadway, Billy Elliot prend aussi un tour subversif quand il fait danser des petits garçons en robe ou en se moquant de l'alcoolisme notoire des Anglais. Le livret de Lee Hall est irréprochable, idem pour les musiques d'Elton John, belles sans être emphatiques, et le casting, parfait. Malheureusement le jeune acteur-chanteur-danseur qui jouait ce jour-là (Tom Holland) s'est foulé la cheville à la fin du spectacle et a été remplacé au pied levé, 5 minutes plus tard, par une de ses doublures, pour clôturer le show. Triste retour à la réalité quand le rideau tombe, au bout de trois heures de représentation, idylliques pour le spectateur mais manifestement éprouvantes pour le prodige de 12 ans...

dimanche 10 mai 2009

Londres est la nuit


La parenthèse londonienne est déjà close. Temps pour moi non pas de dire qui sera le prochain Peter Doherty : 1 je n'ai pas trouvé, et 2 il est au mieux de sa forme donc pour l'heure pas besoin de relève. En revanche j'ai envie de parler de Shoreditch, le quartier de Londres où, comme dirait le très djeun's Nouvel Obs, ça bouge ! Il y a, c'est vrai, de quoi occuper ses jours (fringues, galerie..) et ses nuits, folles et agitées. Vendredi soir, deux clubs concurrents, le Cargo et le 93 Feet East, avaient invité Poni Hoax que j'ai déjà chroniqués, l'un en début de soirée et l'autre à minuit. Honte à moi et faute d'organisation j'ai réussi à les rater (et non, l'alcool n'a rien à voir là-dedans !). En tout cas ces deux lieux sont formidables - on y va aussi bien pour manger, boire un verre, se prélasser en terrasse qu'écouter de la musique - et les concerts souvent gratuits (le Cargo organisait ce soir-là ses Free Fridays). Aux alentours, le George & Dragon, pub kitsch, indie et très gay, a remporté mes faveurs, ainsi que le club On The Rocks et sa soirée Trailer Trash du vendredi pour les amateurs, comme moi, de bonne électro (et surtout pas de house commerciale). Demain, pour prouver que je ne suis pas snob, je parlerai de Billy Elliot, la comédie musicale actuellement jouée à Londres (musique d'Elton John).

A regarder jusqu'au bout :


Une soirée Trailer Trash :

samedi 24 janvier 2009

Ta dah !



J'avoue, j'ai fait un peu ma radasse ces derniers temps. Peu généreux de ma personne, je me fais de plus en plus discret ici. A l'image du dernier post en date, une simple photo copiée collée en 2008, je suis en phase minimaliste. Il y a des tas de raisons à ça, je ne vais pas les énumérer ici de peur de tomber dans la complainte, la gérémiade, voire la mélopée, tout ça pour dire que personne ne me lit et que de toute façon tout le monde s'en fout. Ce serait pénible à lire et qui plus est très injuste puisque je dois dire qu'il m'arrive de recevoir des messages de soutien, rarissimes c'est vrai, mais néanmoins réels. Merci donc pour ces encouragements. Pour le reste, il y a aussi des raisons plus reluisantes à ma désertion du pitch. Depuis quelques jours, en effet, je mets en route un énième début de roman, dont j'ai quelque raison de penser qu'il sera poursuivi, voire, avec un peu de persévérance, mené à terme. Je ne souhaite pas en dire plus pour le moment mais c'est tout de même une information fraîche... qui vous concerne vous aussi, impatients lecteurs. Je souhaite par ailleurs préciser que je ne vais pas abandonner le site. Je reviendrai poster soit des nouvelles, soit des photos de mon goût glanées sur le Net, bref quelques preuves de vie qui ne me demanderont pas trop d'investissement. A bientôt donc.
P-S : la photo est d'un artiste à la sensibilité pour le moins homo-érotique, que je viens de découvrir. Il s'appelle Anthony Gayton (!) et sera exposé à la galerie Frédéric Got Fine Art (35-37 rue de Seine, Paris 6ème) du 05 au 26 février.

vendredi 12 décembre 2008

Beauty

vendredi 21 novembre 2008

Jónsi

Jonsi
Une photo-n'importe quoi qui en dit long sur ce petit homme à part qu'est Jónsi, le chanteur de Sigur Rós, un beau bizarre au-delà des modes et de tout courant. La tournée du groupe s'achève bientôt (je viens de les voir à Barcelone, au sommet de la colline de Montjuic) et je me demande comment ils vont s'en remettre, lorsqu'ils toucheront terre, laissant derrière eux une partie de leur musique magique, féérique, qui respire le cosmos et tous les éléments déchaînés. C'est ce dimanche, à Reykjavik, en Islande, leur chez-soi, qu'ils ferment la parenthèse de leur périple qui en a secoué plus d'un. A dire vrai, c'est plutôt moi qui ne m'en suis pas remis. Qui a dit que j'étais fan ??

vendredi 3 octobre 2008

Dommages et intérêts


Elle pourrait incarner le mal absolu, démone au regard qui tue, traits figés et sourire de glace. Il suffit de constater les dommages collatéraux qu'elle sème autour d'elle, tout cela au nom du "bien", pour saigner les salauds, les tyrans, ceux qui construisent leur empire en lésant les plus faibles. Dans la série judicière Damages, Glenn Close, la garce ultime, fait des merveilles, en alternant le chaud et le froid. C'est impressionnant de voir à quel point elle inspire des sentiments ambivalents, à la fois la terreur et la sympathie, voire l'empathie, un comble au vu des horreurs qu'elle est amenée à commettre, ou qu'elle provoque... Dans la réalité, on connaît, on a tous connu des manipulatrices, prêtes à tous les excès pour parvenir à leurs fins. C'est étonnant, parfois, de voir les sentiments que ces filles-là inspirent. Pour ma part, un mélange de fascination et de répulsion. Patty Hewes, incarnée par celle qui fut une sublime marquise de Merteuil chez Frears, en est la quintessence. Glenn Close (Golden Globe de la meilleure actrice cette année) vous foudroie sur place en un regard et retourne une situation, vous amène dans ses filets en aussi peu de temps. C'est jouissif de la voir opérer dans la fiction mais on frissonne à l'idée même de la rencontrer dans la vraie vie. Pour moi qui suis friand, dans la fiction, des garces glacées, celles qui enfouissent leur reste d'humanité au plus profond d'elles-mêmes, celles qui se cachent pour souffrir, la saison 1 de Damages a donc été un grand moment. J'en jubile encore.

mercredi 17 septembre 2008

De New York au Monoprix



Il y a peu de choses dont je suis intimement convaincu. Mais, parmi elles, je peux affirmer sans ciller que je ne suis pas tout à fait normal. Il y a bien quelques exemples pour venir le confirmer. Celui-ci date du week-end dernier. Pour faire court, je me suis attaqué à une vieille dame, chez l’épicier. Je ne lui ai pas arraché son sac, ni dérobé son portefeuille à son insu, je ne l’ai pas non plus bousculée sauvagement dans un élan de haine soudain. Non, rien de ce genre. Pas de violence physique, elle pourrait se retourner contre moi (on ne sait jamais, même les vieilles dames, de nos jours…) En revanche, la personne courbée qui se trouvait à quelques mètres de moi, chez le même commercant, a sursauté face à mon agression verbale impromptue. Je ne l’ai pas traitée de sale connasse édentée, rassurez-vous, l’idée ne me traverse l’esprit qu’à l’instant où j’écris ces lignes. Néanmoins la bougresse, que j’ai vu rentrer dans le magasin alors que j’étais sagement en train d’attendre mon tour, m’a quelque peu irrité en trottinant dans ma direction, avant de me dépasser et de se placer juste devant moi dans la file d’attente, sans aucun complexe, ni aucun regard vers moi et avec un naturel déconcertant. Aussitôt, je suis pris entre deux feux : comment protester sans passer pour un goujat, un mufle ingrat et dégénéré, alors que la pauvre vieille voûtée a peut-être le triple de mon âge (au grand maximum) ? mais comment, surtout, fermer sa gueule face à tant d’incorrection, de manque de savoir-vivre, d’indifférence au monde extérieur ? Par chance, le magasin est quasiment vide. Au pire, je prends donc le risque de m’attirer les foudres de la commerçante et d’une cliente, dont je me fous pas mal. Et avant de réaliser la portée de mon propos, j’entends ma petite voix s’élever, dans le dos de la mamie, jusqu’à prononcer très audiblement à l’attention de mon cher concubin, également présent sur place - à son grand regret : « T’inquiète, la dame ne fait que regarder la vitrine, pour faire son choix ! » Instantanément, ladite dame, qu’on aurait pu jusque-là croire sourde et aveugle, se retourne tout sourire et me demande de son ton le plus mielleux si elle peut me passer devant car elle n’a qu’un petit article de rien du tout à emporter ! Mais bien sûr, madame, il suffisait de demander… Avant de sortir, elle se permet même une petite pique : « vous voyez, ça n’était pas long ! » Evidemment, la coquine me fait me sentir un peu con et mesquin et la vendeuse me prend pour Hitler, mais tant pis, j’assume. Quelques jours plus tard, même scénario, à un détail près. La mamie s’est transformé en jeune rebeu, la bouteille de vodka à la main. Mon courage est de nouvelle fois mise à l’épreuve. Le gamin (18 ans, sans doute), au lieu de me demander de passer devant moi à la caisse (ce que j’aurais accepté de bon gré, malgré mon côté psychorigide), s’arrête à ma hauteur. Je dois avoir l’air gentil, ou con, allez savoir. Il parvient, je ne sais par quel miracle du langage, à m’affirmer qu’il était là avant moi tout en me posant la question, à laquelle je réponds aussitôt : Non. Yeux ronds, regard effaré de l’intéressé, suivi d’un silence gênant. J’ai aussitôt l’impression d’avoir dit un truc énorme, il insiste, je confirme et précise que la dame derrière moi l’a également précédé. Il lui demande aussi de confirmer, ce qu’elle fait, puis le gars reste à notre hauteur en rappant avec sa bouche, histoire de m’impressionner. Quelques secondes plus tard, il s’en prend à quelqu’un d’autre, la vanne parce qu’elle dit il est 5 heures, et pas il est 17 heures : « faut retourner à l’école, madame ! » Je rêve à ce moment de lui répliquer « mais tu vas la fermer ta gueule, espèce de bâtard ! » mais, étonnamment, mon courage touche à sa limite à cet instant précis et je me contente de lever virilement les yeux au ciel avant de passer en caisse. Voyez comme la vie de desperate husband comporte des surprises ! Pas la peine d’aller à New York City pour se sentir un peu vivre, flairer le parfum, l’arôme lointain du danger. Au Monoprix de la rue du Faubourg Saint-Denis, on rencontre encore des vrais gens, même s’ils se font rares avec l’envahissement progressif des infâmes bobos dans mon genre. A Manhattan, les vrais gens, pas forcément riches et policés, on les croise surtout dans le métro, ou encore à l’aube sur les bancs des terrains de baskets. Quand je dis vrais gens, je participe d’un certain cliché, un peu condescendant, qui consiste à ranger les pauvres, ou rebus de la société d’un côté, comme si leur réalité était plus avérée que celle des nantis de Manhattan. Socialement, je me situe moi-même plus près sans doute de ces derniers que des drogués ou même des Noirs et latinos de Brooklyn ou du Queens qui regagnent leur domicile depuis le centre. Mais, étrangement, les silhouettes élancées des jeunes fils et filles de s’aglutinant les soirs de we sur les trottoirs nickels du Meatpacking District, le quartier des mannequins, m’ont semblé bien plus fantomatiques, presque irréelles, que la plupart des habitants de « banlieue » pour lesquels vous avez l’impression, enfin, d’exister, à travers leurs regards, parfois leurs sourires. Il n’y a pas grand-chose d’excitant à Manhattan. Dans le quartier cité, on retrouve la même faune qu’on peut croiser dans les « beaux » quartiers de Paris, du côté du 8eme arrondissement ou de Passy. Même jeunesse blanche et uniforme, mis à part que les filles ont des tenues invraisemblables qu’on dirait sorties de Sex and the City - cela dit, je n’ai pas mis les pieds dans le 16eme arrondissement de Paris depuis fort longtemps, et encore moins de nuit. Il doit bien y avoir des Samantha Jones dans le lot, mais la fiction m’intéresse plus que la réalité, en l’occurrence. Petite mise au point, tout de même : je ne suis pas en train d’enterrer Manhattan, au profit de Brooklyn ou du Queens, les quartiers « montants » de NY. Ce serait un peu prévisible, surfait, et complètement malhonnête de ma part. J’ai été émerveillé par la beauté de l’île, de nuit comme de jour. Times Square, le soir tombé, me fait ressentir comme une boule de flipper, chère à Corinne Charby (musique de Christophe, le chanteur !) ne sachant où donner de la tête, électro-choqué à chaque regard, vers les gratte-ciels, le long des rues où le jaune des taxis devient un repère familier que l’on cherche des yeux et où l’on aime se raccrocher, grisé par les néons fluorescents des panneaux publicitaires. Il y a même des bars gays plus que fréquentables dans le coin, où même la musique est bonne ! Hip hop mâtiné de rock, l’ambiance est sexe et le déhanchement plus qu’inspiré dans ce lieu de Midtown dont le nom seul suffisait à m’attirer : Posh. Posh, comme snob. Evidemment, le lieu est tout sauf posh et à mon sens il ferait plutôt référence aux bars un brin prétentieux du voisinage. Ma gloire d’un soir : non loin de Chelsea, un soir, un Noir en route vers le Hiro Ballroom, une boîte gay blindée le dimanche soir, m’a complimenté sur ma tenue, me demandant les marques de chacun de mes vêtements… Il voulait me les emprunter, le chenapan. No way ! lui répliquai-je de mon ton le plus new-yorkais possible. Un peu comme quand les passantes m’abordent pour me demander leur chemin : j’ai beaucoup aimé cela, ce bien-être enivrant en découvrant qu’on m’avait pris pour un des leurs. C’est si bon de se la péter à NY !