Le Pitch.com

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lundi 29 juin 2009

Michael Jackson


Plus d'une semaine d'absence, entre-temps un certain mythe du monde de la musique a définitivement plié bagage mais, promis, je n'irai pas de mon couplet "ah que c'est malheureux et quel génie, mon Dieu, quel grand artiste nous perdons là...". La vague de réactions désolées, que je partage en partie, me rappelle celle qui avait suivi, en France, la mort de Serge Gainsbourg et surtout l'engouement propre aux artistes fraîchement décédés (pardon pour l'expression). Avec Michael Jackson, c'est encore plus flagrant, de par son statut international mais surtout à cause de sa fin de parcours. A part ses vrais fans, purs et durs, plus personne ne croyait en lui et il continuait de subir les moqueries, voire l'opprobe, du plus grand nombre. Depuis le 25 juin 2009, Bambi est passé dans une tout autre catégorie, celle qu'on lui collait il y a une vingtaine d'années lorsqu'il était au sommet de sa carrière : génie musical de la fin du XXe siècle. Ce sont d'ailleurs les chansons des Jackson Five, ou encore de l'album Thriller qu'on entend actuellement en boucle, où qu'on soit. Samedi matin, Barcelone, plage de Mar Bella, Michael Jackson. Samedi soir, Paris, soirée Popin Gay au Point Ephémère, encore Michael Jackson. Bambi refait pleurer dans les chaumières et surtout danser, c'est à la fois triste et tant mieux. Comme presque tous les garçons et les filles de mon âge (33), j'ai moi-même acheté ses vinyles avant de les racheter en CD. A 21h30 jeudi soir, sur mon ordinateur portable, la chanson Jam joue via la playlist de DJs espagnols, The Chasers, que je me prépare à entendre à la soirée Somoslas de Barcelone. De retour à l'hôtel dans la nuit, j'apprends la mort de l'artiste. Ce soir-là, des milliers de gens ont vraisemblablement vécu la même coïncidence.

lundi 8 juin 2009

Mort aux jeunes


Julien a très envie de sortir. Tiens, Christophe est prêt à le suivre. Cette semaine il a beaucoup travaillé mais bu beaucoup de Berocca. Alors ensemble ils ont décidé de se rendre à pied à la soirée Mort aux jeunes au Point Ephémère. Julien et Christophe croisent Tibo le long du Canal Saint-Martin, enfourchant un Vélib à toute allure ; il ne les voit pas. A minuit passé, près de la caserne des pompiers, la foule s'amasse devant la salle en attendant que les videurs daignent la faire rentrer, au compte-gouttes. Une demi-heure plus tard, on la découvre à moitié remplie, pourquoi tant de précautions ? Julien n'a rien compris, Christophe lui dit que c'est fait exprès, pour alimenter le buzz. Un trentenaire en tutu et plumes, Mehdi Crame, assure un set électro-sexuel mais pas que (nous sommes accueillis par le dernier Gossip) qui donne un peu d'espoir à Julien. Malheureusement les bons moments ne sont pas faits pour durer et l'euphorie du garçon retombe aussitôt avec le changement d'affiche. Dans la salle d'à côté, les DJs font ce qu'ils peuvent pour attirer l'attention mais le son est tellement mauvais que personne n'a envie de s'y attarder. Tibo refait une apparition, Julien fait les présentations, un peu réservées à son goût, Christophe sourit et Tibo ne tarde pas à repartir. Son ami fera le DJ à 3h, trop tard, pas envie de boire ni de danser sur Yannick Noah ou Lio en l'attendant. Au revoir et bonne nuit, Julien et Christophe n'ont fait que passer. Le lendemain, Tibo informe Julien que l'ami DJ s'appelle Martin Libertin, qu'il a joué "électro-pop boum boum" et qu'il peut l'écouter ici. La musique est bonne et le décollage progressif, c'est toujours ça de pris, même un dimanche après-midi glauque et pluvieux. Julien se demande si c'est bien normal d'être à ce point déphasé, décalé.