Le Pitch.com

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

lundi 15 juin 2009

Augusten Burroughs


Dan Callister/Rex Features

Compte tenu du parcours et du style du bonhomme, il était évident que tôt ou tard je finirais par le lire. Augusten Burroughs a été révélé au public il y a déjà quelques années avec un premier roman, Courir avec des ciseaux. L'Américain a ensuite confirmé son talent avec Déboire. Parce que ce dernier traînait dans ma bibliothèque depuis un an ou deux et que je venais de sortir plombé du dernier journal de Pascal Sevran, je me suis jeté dessus tel l'alcoolique/narrateur de ce livre écrit à la première personne, inspiré de la propre vie de l'écrivain. Il n'y a pas d'artifice, nulle tergiversation et encore moins de longueurs dans ce récit percutant comme une vodka glacée. Dès les premières lignes, on rentre dans le vif du sujet. L'histoire de ce New-yorkais faussement cynique et réellement touchant, vendu à une agence de pub, paumé sentimentalement et incapable de mettre de l'ordre dans sa vie, a quelque chose de grisant. Qu'on soit d'accord ou non, impossible de lui échapper. Augusten emmène le lecteur avec lui dans sa dépendance et le rend littéralement accro à son univers et aux personnages plus vrais que nature. Avec ses dialogues brillants, ses descriptions saisissantes où le mélange des genres révèle une vision tragi-comique de l'existence et une lucidité propre aux repentis, Déboire au final m'a laissé K.-O., emporté, dégrisé par un flot d'émotions nécessaires et vitales.

lundi 1 juin 2009

Daniel Mendelsohn


Photo Matt Mendelsohn

Hier soir, j'ai fini de lire Les Disparus. Malgré ses plus de 900 pages et un sujet, l'Holocauste, forcément chargé de pathos, l'idée de devoir les quitter m'a rempli de tristesse. Comme Daniel Mendelsohn au moment de dire au revoir à son sujet, un long projet mené à la fois avec une rigueur quasi scientifique, une grande sensibilité et un immense talent de conteur, il fallait se résoudre aux adieux, avec le sentiment de repartir plus rempli que je ne l'étais au commencement de cette lecture. En se penchant au plus près de figures dont le lien est à la fois proche et lointain - les disparus en question sont son grand-oncle, sa femme et leurs quatre filles -, l'écrivain new-yorkais les fait ressurgir de l'oubli auxquelles elles étaient condamnées et les extirpe de la multitude de l'Histoire en faisant basculer le lecteur dans l'intimité de leurs vies - et de leurs morts. L'entreprise est ambitieuse : par le biais de témoignages de survivants de la guerre, juifs ou ukrainiens, il s'agit de savoir, voire de comprendre les origines du mal, tout en ressentant. La vérité des faits se dévoile très progressivement, grâce à une enquête minutieuse et approfondie de Mendelsohn, aidé notamment par son frère Matt, le photographe dont on découvre les clichés, et de nombreux amis. L'histoire de l'Holocauste par ailleurs rencontre celle du présent mais aussi de la Bible, avec des parallèles saisissants qui font des Disparus un ouvrage vertigineux à la fois subjectif et objectif, complexe et limpide ; en un mot, universel.
Ci-dessous, une rencontre entre Daniel Mendelsohn et le Père Desbois :