lundi 15 juin 2009
Augusten Burroughs
Par Julien Grunberg, lundi 15 juin 2009 à 12:05 :: Livres

Dan Callister/Rex Features
Compte tenu du parcours et du style du bonhomme, il était évident que tôt ou tard je finirais par le lire. Augusten Burroughs a été révélé au public il y a déjà quelques années avec un premier roman, Courir avec des ciseaux. L'Américain a ensuite confirmé son talent avec Déboire. Parce que ce dernier traînait dans ma bibliothèque depuis un an ou deux et que je venais de sortir plombé du dernier journal de Pascal Sevran, je me suis jeté dessus tel l'alcoolique/narrateur de ce livre écrit à la première personne, inspiré de la propre vie de l'écrivain. Il n'y a pas d'artifice, nulle tergiversation et encore moins de longueurs dans ce récit percutant comme une vodka glacée. Dès les premières lignes, on rentre dans le vif du sujet. L'histoire de ce New-yorkais faussement cynique et réellement touchant, vendu à une agence de pub, paumé sentimentalement et incapable de mettre de l'ordre dans sa vie, a quelque chose de grisant. Qu'on soit d'accord ou non, impossible de lui échapper. Augusten emmène le lecteur avec lui dans sa dépendance et le rend littéralement accro à son univers et aux personnages plus vrais que nature. Avec ses dialogues brillants, ses descriptions saisissantes où le mélange des genres révèle une vision tragi-comique de l'existence et une lucidité propre aux repentis, Déboire au final m'a laissé K.-O., emporté, dégrisé par un flot d'émotions nécessaires et vitales.

