Le Pitch.com

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mardi 30 juin 2009

Just Jack


Comment faire oublier un rendez-vous assedic (pôle emploi, ça sonne mieux) foireux ? Où les conseillères, bien que joviales et sympathiques, ne peuvent rien pour vous et ne s'en cachent pas ? D'abord, si possible, crier / pleurer un bon coup, histoire d'évacuer les pulsions haineuses et stériles qui vous traversent l'esprit et le reste. Sinon, rédiger une lettre remontée contre le vilain patron qui vous balade depuis des mois et mise sur votre manque de persévérance pour faire valoir vos droits. Enfin, et c'est sans doute la seule action digne de ce nom, chercher une nouveauté à se mettre sous l'oreille. Le dernier Just Jack, All Night Cinema, fera l'affaire, avec son flow doucereux, plus électro-pop que hip hop, prompt à apaiser les sens à vif. On pourra trouver ça inoffensif et plagiaire, entre Robbie Williams dernière mouture, Phoenix ou même Calvin Harris, moi, ça me convient parfaitement, avec ce qu'il faut de légèreté et d'allégresse pour accompagner l'été, loin des importuns.



MySpace Just Jack

vendredi 19 juin 2009

Jack Peñate


Alors que le vieillissant Ricky Martin sort enfin du placard (quoique de façon ambiguë, à la Christophe Willem), un sexe-symbole d'un tout autre style, anglais celui-ci, s'apprête à faire des ravages. Pourquoi ça ? D'abord, comme on peut le constater facilement par soi-même, Jack Peñate est beau mais aussi charmant, dans le genre übersexuel, viril juste ce qu'il faut pour attirer garçons et filles, quelle que soit leur orientation sexuelle. Cette séduction naturelle s'applique également à sa voix, légèrement cassée et androgyne, capable de monter dans les aigus avec beaucoup d'effet. Enfin et surtout, Jack Peñate, dont l'album Be The One (sortie le 23 juin) est déjà son deuxième essai, confronte le pop-rock un peu académique de ses débuts à des rythmes latinos dansants à mille lieues de la Macarena et autres Lambada, au jazz et à l'électro, soutenu par des chœurs récurrents et chaleureux. Ce mélange des genres a le mérite d'être original tout en galvanisant les foules prêtes à reprendre à l'unisson des paroles aussi incongrues que "Let's all die !" Pour juger de la différence de cet artiste bientôt incontournable, il suffit de visionner le clip de Tonight's Today, foufou et jubilatoire :



MySpace Jack Peñate

jeudi 18 juin 2009

Noisettes


Une très bonne nouvelle dans le monde de la soul. Les Noisettes, ce trio londonien initialement tourné vers le punk-rock (d'où le NOISEttes affiché à ses débuts, vous suivez ?) a opté sur son dernier album Wild Young Hearts pour un virage pop digne des plus grands groupes de la Motown. Emmenés par la divine Shingai Shoniwa au charisme et à la voix spectaculaire, les Noisettes pourraient représenter une alternative lumineuse à la sombre soul d'une Amy Winehouse, qui malgré ses frasques représente voire monopolise toujours la black music, du moins l'essence du blues. Les Noisettes eux ratissent un peu plus large, rappelant les ambiances langoureuses de Morcheeba du temps de la chanteuse noire Skye Edwards, et vont même jusqu'à s'acoquiner avec la disco à la Blondie. On voit mal la pauvre Amy mettre le feu aux planches ou au dancefloor, ce qui n'est pas le cas des Noisettes, qui feraient danser jusqu'au bout de la nuit tout en nous insufflant un peu de vague à l'âme dans ses chansons plus posées, pleines de romantisme.

Lien YouTube uniquement depuis le Web.

MySpace Noisettes

mercredi 17 juin 2009

Les tubes de l'été : 2-Röyksopp, The Girl and the Robot


Voilà plusieurs mois que le dernier album de Röyksopp, Junior, tourne sur mon baladeur coloré, et l'idée de les pitcher n'avait pas même traversé la petite tête qui me sert de cerveau ! Voici donc l'occasion idéale de me rattraper puisque le single The Girl and the Robot s'impose à mon avis comme une des bandes-son incontournables de cet été avec ses boucles électro, la voix de son interprète Robyn et ses cordes raffinées. Le duo norvégien, un peu boudé par la critique spécialiste (pas assez élitiste, trop "mainstream" et populaire sans doute), est une des rares formations électro capable de réconcilier avec succès mélodies, voix de rêve et prédisposition naturelle pour le dancefloor. Rien à voir avec la vague, que dis-je, le tsunami néo-eighties actuel qui consiste à napper son absence d'inspiration de claviers dégoulinants. Röyksopp a depuis le début un son, une identité qui lui sont propres, une vision grand angle (on se souvient notamment des réminiscences cinématographiques de ses débuts) qui lui donne un souffle lyrique, des ailes et pas mal d'avance sur nombre de ses contemporains. The Girl and the Robot, à ce titre, synthétise à merveille le merveilleux paradoxe du groupe, qui sait humaniser les machines comme personne.



MySpace Röyksopp

mardi 16 juin 2009

Les tubes de l'été : 1-Naive New Beaters, Get Love


L'été approche, avec son lot d'excitation, de promesses et de désirs assouvis - ou non. Quel titre saurait mieux coller à la saison des bisous que la chanson des New Naive Beatlers, Get Love ? Hier à la même heure je ne connaissais pas encore ce trio parisien. Désormais c'est chose faite grâce au dernier numéro du magazine Tsugi qui l'affiche en couverture. Ce phénomène de scène (et non de foire, malgré son goût prononcé pour la gaudriole et les provocations visuelles) détonne par son brouillage des genres, entre hip-hop et power pop, qui lui vaut un son et des mélodies pleines de fraîcheur et d'entrain. Mention spéciale donc pour Get Love et ses guitares chaloupées, extrait du premier album Wallace, hymne des cœurs brisés et tube de l'été en puissance, propre à agiter son popotin sur une plage californienne ou à défaut à Paris Plage où, le croirez-vous, NNB est programmé en août prochain. D'autres dates de concert sont annoncées sur le MySpace du groupe, avec également quatre morceaux en écoute. A découvrir ci-dessous, le clip très enlevé de Live Good :

vendredi 12 juin 2009

Chester French


Deux jeunes blancs-becs rencontrés sur les bancs d'Harvard qui s'attirent dès leurs premiers essais l'attention de Kanye West avant d'être signés sur le label de Pharell Williams, le scénario semble trop beau pour être vrai. A voir les visages poupons du duo américain, on est tout de même tenté de soupçonner des intentions mercantiles de la part du producteur, qui tiendrait là les successeurs de Britney Spears et Justin Timberlake réunis, capables même de ponctionner l'audience des Jonas Brothers. Et si la jeunesse en venait à se passionner pour Chester French, qui le regrettera ? Pas moi en tout cas. Un groupe qui fait voler en éclats ses influences, sonnant comme du Beach Boys élevé au hip-hop et à la soul Motown, avec un goût prononcé pour les digressions et les orchestrations alambiquées, risque néanmoins d'attirer davantage les fans de pop-rock cultivée que les nostalgiques du club Mickey. D'ailleurs la presse anglo-saxonne s'enflamme pour ce phénomène actuellement en plein lancement en France et de passage à Paris, au Nouveau Casino, lundi soir prochain. Le clip de She Loves Everybody, diffusé sur le MySpace de Chester French, est à lui seul de très bon augure.

Lien YouTube

jeudi 11 juin 2009

Iggy Pop


C'est une fausse découverte : selon certains, Iggy Pop, le rockeur enragé, torse nu et écume aux lèvres, se serait embourgeoisé avec son nouvel album de reprises jazzy-bluesy-downtempo, Préliminaires. Ceux-là ont vite fait du chanteur des Stooges une caricature de rebelle et oublié que par le passé il a plusieurs fois exploré des rythmes et des ambiances plus langoureux que survoltés. On se souvient notamment de In The Death Car, la BO d'Arizona Dream. Cette fois encore, Iggy Pop délaisse en partie l'électricité (rappelons que la mort de Ron Asheton, le guitariste des Stooges, en janvier y est sans doute pour beaucoup) mais elle est loin d'être rayée de la carte de son univers, plus blues qu'easy-listening. Au bout du compte c'est l'âme de l'artiste qui résonne à travers Les Feuilles mortes ou How Insensitive, de sa voix profonde, gutturale, proche d'un Leonard Cohen, y compris dans l'atmosphère du disque. Iggy contemple, rêve ou se recueille mais, qu'on se rassure, il n'est pas du tout éteint. La preuve en son et images avec ce duo avec la jeune Izia extrait de La Musicale de Canal + :

mercredi 10 juin 2009

Fanfarlo


Douce surprise de découvrir au réveil une publicité dans son courrier électronique. Pas pour du Viagra ni le nouvel Iphone, j'entends. Non, ce matin, c'est mon ami Sigur Rós qui m'écrit pour me signaler que ses amis de Fanfarlo, un groupe londonien, diffusent leur premier album Reservoir pour la somme modique de 1 dollar. Il suffit de passer sur le site pour découvrir ces chansons bucoliques qui fleurent bon le grand air et les joies à plusieurs (ici on mêle violons, mandoline, clarinette, trompette, guitares et j'en passe), effusions magnifiquement orchestrées qui rappellent le meilleur de Belle and Sebastian, plus récemment le jeune Américain Beirut ou encore un négatif d'Arcade Fire (décidément, je me répète cette semaine), versant pop et lumineux. Cette ode au bonheur, foisonnante mais nullement indigeste, fait particulièrement du bien en ce printemps maussade. Soutenez-les, c'est un ordre. Ou comment se donner bonne conscience à moindre frais avant de comprendre que c'est Fanfarlo qui nous rend service.



MySpace Fanfarlo

mardi 9 juin 2009

The Maccabees


Un groupe excitant de garçons à guitares, ça ne court pas les rues, bien que les propositions ne manquent pas. Alors quand on tombe sur les très vifs Maccabees, on a envie de se ruer illico presto sur eux comme le font leurs compatriotes anglais depuis quelques années déjà. Après un premier album brut et sec comme un coup de trique, The Maccabees reviennent avec le plus inspiré et nuancé Wall of Arms, produit par l'homme qui se cache derrière les Canadiens tourmentés d'Arcade Fire, Markus Dravs. La ressemblance saute aux oreilles, notamment dans le chant d'Orlando Weeks, qui comporte ce qu'il faut de trémolos sans en abuser. A la différence près que les Maccabees, dans cette nouvelle formule lyrico-électrique, trouvent plus d'ampleur sans pour autant renoncer à la légèreté qui fait défaut aux sombres Canadiens. Etonnant qu'un pareil groupe soit programmé demain soir à la petite Maroquinerie de Paris (également à Bruxelles ce soir même), alors autant profiter de sa confidentialité tant qu'il en est encore temps.

MySpace The Maccabees

jeudi 4 juin 2009

Yas/Mirwais


J'ai beau écouter et réécouter, toujours la même impression. La dernière réalisation de Mirwais via la chanteuse d'origine libanaise Yas me fait simplement, malgré mes bonnes dispositions, l'effet d'un mauvais disque de dance commerciale mâtinée à la sauce orientale. Si je m'y reprends à plusieurs fois, c'est que je suis plutôt friand du bonhomme, depuis ses débuts avec Daniel Darc jusqu'à ses productions pour Madonna, à la fois efficaces et raffinées. Cette fois, l'exploitation arabique sonne étrangement creuse, comme si on lui avait vidé sa substance, toute la force et la mélancolie propres à la musique orientale. A ce sujet, Mirwais dit regretter son absence au sein de la pop. Mais je ne risque pas d'oublier ce qu'une Natacha Atlas a pu engendrer avec la même base, transformant par exemple Mon amie la rose de Françoise Hardy en sublime ballade arabe drum'n'bass, et ses incursions dans la musique électronique en général. Par ailleurs la voix de Yas, bridée, occidentalisée, Madonnisée, est réduite à un pur ornement censé mettre en valeur le travail de Mirwais. Au final, les chansons de l'album Arabology semblent plus appauvries qu'inspirées. Qu'on rappelle Madonna ! (ou plutôt l'inverse).

MySpace Yas

mardi 2 juin 2009

Sébastien Schuller


Hier soir à Paris, Sébastien Schuller donnait un petit concert au Truskel, une répétition avant la Cigale prévue pour le 18 juin. Je ne pourrai pas en parler puisque hier soir, je me trouvais au Point Ephémère, au concert de Jeremy Jay, ce jeune Californien dont j'ai déjà dit du bien et qui confirme en live l'impression laissée par ses albums. Dans l'atmosphère moite et enfumée de la salle (pas de cigarettes mais des machines à fumée) Jeremy, avec ses deux musiciens, a réussi avec un minimum de moyens à créer une véritable ambiance, à la fois langoureuse et sautillante, où l'esprit de la new wave resurgissait sans pour autant faire dans le pastiche. Il y a aussi une certaine économie de moyens chez le Français Sébastien Schuller qui suggère, en retenue, malgré la richesse instrumentale du dernier album Evenfall, mélancolie et rêverie. On pense à Perry Blake dans le chant et l'orchestration, à Yann Tiersen pour certaines envolées lyriques, à Radiohead ou même à Mercury Rev sans l'artillerie lourde. Le chant, en pointillé et en anglais, n'est qu'un élément parmi d'autres où le paysage, tour à tour désolé ou plus habité, s'habille de contrastes qui émaillent ce voyage onirique à suivre de préférence à la nuit tombée, la tête pleine d'images. En attendant, voici celles de la chanson Weeping Willow, extraite de son album précédent, Happiness.



MySpace Sébastien Schuller