Le Pitch.com

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vendredi 31 juillet 2009

Friendly Fires


Je profite de l'été et son manque d'actualité musicale palpitante pour revenir sur ce groupe anglais qui a sorti son premier album éponyme à la rentrée 2008. Je ne suis pas complètement décalé puisque le trio, dont la rencontre remonte au collège - l'âge des premiers flirts, des dépucelages maladroits et des rockeurs en herbe -, poursuit actuellement une tournée avec notamment un détour par Paris le 31 octobre, au Trabendo. Héritiers de la génération New Order, celle qui refuse de choisir entre les guitares et le dancefloor, les Friendly Fires se rangent aux côtés de LCD Soundsystem, Hot Chip ou encore les Klaxons mais se démarquent du lot par leur énergie cadencée, incitation décomplexée à l'euphorie de la danse, et leurs influences multiples. On peut reconnaître l'ambiance shoegazing de leurs débuts, une pop éthérée et planante insolemment confrontée à des rythmiques funk et électro. Ce n'est pas l'invention du siècle, certes, mais l'ensemble est plutôt excitant. Je n'irais pas jusqu'à écouter l'album en boucle, en revanche je ne me lasse pas des singles Paris (et son remix par Aeroplane), Jump In The Pool ou encore Skeleton Boy, qui évoque curieusement Merrymaking At My Place de Calvin Harris. Alors, pompage ou pas pompage ?



MySpace Friendly Fires

jeudi 30 juillet 2009

Regina Spektor


Je découvre avec effarement les réactions contrastées et pour le moins excessives que suscite l'artiste américaine d'origine russe Regina Spektor. Aux Etats-Unis, dans sa catégorie (chanteuse pianiste un brin fofolle, dans la droite ligne de Kate Bush, Tori Amos), c'est une vedette depuis plusieurs années, qui a notamment fait passer aux oubliettes Fiona Apple, dans un genre semblable quoique moins primesautier. Les plus médisants reprochent à Regina (comme la pizza) son éternel côté femme-enfant et surtout ses excès de vocalises à l'intérieur même de ses chansons, "oh oh oh" et autres "la la la" qui doivent séduire Arielle Dombasle mais à la longue peuvent devenir lassants et broient les nerfs des plus irascibles. Il me semble pourtant qu'à de rares exceptions près, la très jolie chanteuse (qualité que ses détracteurs lui reprochent aussi implicitement) n'abuse pas d'effets superflus dans son dernier disque Far, paru en juin dernier, et ce malgré ou grâce au déluge de producteurs stars venus l'épauler, comme Mike Elizondo (Dr. Dre, Eminem) ou Jacknife Lee (U2, REM, Bloc Party). Au contraire, les mélodies et la retenue priment sur toute forme d'ornementation. Il y a même dans le chant la fragilité, proche de la fêlure, d'un Chris Garneau, dont j'ai eu l'occasion de brièvement parler ici, l'affectation en moins. Regina Spektor en fait-elle trop ? Je ne le crois pas, à en juger notamment le clip de Laughing With, extrait du plutôt subtil et dépouillé Far, à visionner ci-dessous.



MySpace Regina Spektor

mardi 28 juillet 2009

Jónsi & Alex


Le chanteur de Sigur Rós, Jónsi Birgisson, et son petit copain Alex Somers forment depuis quelques années déjà le couple le plus "mimi tout plein" du monde du music-hall - on a beau être en 2009, j'assume ces expressions. Ils ont chacun, comme la musique de Sigur Rós, une beauté étrange, atypique. Alex conçoit les illustrations d'album du groupe islandais et, avec Jónsi, ils viennent de sortir leur premier disque créé entièrement à deux, musique et visuels confondus. C'est donc de Riceboy Sleeps, l'enfant de Jónsi & Alex, dont je vais tenter de parler. L'objet, je l'admets, est un peu embarrassant pour le fan despotique que je suis. Les familiers de Sigur Rós reconnaîtront ces longues plages de sons semblant flotter dans l'air qui font d'habitude office d'interlude entre deux morceaux, ou bien signifient le calme avant la tempête, ces fameuses montées en puissance auxquelles le groupe nous a habitué. Jónsi & Alex, eux, ont décidé d'arrêter le temps, de privilégier la lenteur, l'immobilité de ces instants. Leur musique est exclusivement ambiant : plus que de notes et de rythme il s'agit de bruitages, de chuchotements, de frémissements de cordes et de choeurs évanescents qui feraient presque douter de sa réalité. Autant dire qu'il vaut mieux être en condition pour apprécier ce disque qui incitera les contemplatifs à la rêverie et fera mourir d'ennui tous les autres. On est évidemment à mille lieues du produit de pure consommation, dont on écoute le résultat passivement. Au contraire, l'auditeur semble mis à contribution afin de combler les vides, occuper le champ libre, les silences, et projeter ainsi son propre espace, sa psyché. A écouter la nuit, cela va sans dire, et en rase campagne de préférence, entouré d'animaux réels ou imaginaires et la tête dans les étoiles.

Le site de Jónsi & Alex

mercredi 22 juillet 2009

Moby


Hier soir, lors d'un dîner donné en l'honneur du programmeur de cette application (bon anniversaire, Kiki !), quelqu'un, parmi les quatre personnes présentes, a mis un disque, un vrai. Un CD de Moby, presque aussi vieux que le monde, Play. J'ai constaté, non sans effroi, qu'il était déjà sorti il y a dix ans. Le choc passé, je me suis rappelé à quel point j'avais écouté cet album et combien je l'avais chéri, de nombreuses années durant. A l'époque, mélanger des nappes synthétiques (je parle de musique, pas de ma décoration de table) à des voix gospel relevait de l'inédit, du moins rien de très familier. Le savoir-faire électro du petit homme bondissant s'accordait à sublimer de merveilleuses voix resurgies d'on ne sait où, avec grand effet. Entre-temps, Play et l'intégralité de ses chansons archicélèbres ont fait le tour de la planète et ont servi de support à des films, des publicités, voire des émissions de télé, jusqu'à saturation totale. Depuis, Moby décline, en un peu moins bien (quoique j'aime le successeur de Play, 18), la même musique atmosphérique et s'éloigne régulièrement de l'électro pour aller vers la pop, en offrant sa propre voix, notamment en duo avec Mylène Farmer. En perte de crédibilité depuis quelques années, leur complicité, renouvelée sur le dernier disque de la chanteuse, n'arrange pas l'image de l'artiste. Pour ma part, je n'ai pas pour autant renoncé à parler en bien de Moby. Malgré son dernier disque, Wait For Me, ignoré de la critique, sans doute à juste titre puisqu'on n'y entend rien de nouveau ni de pertinent, juste quelques titres évanescents qui réveillent le nostalgique en moi. Je ne peux pas non plus encenser le DJ qui, depuis début juillet, officie le vendredi soir, à minuit, sur Virgin Radio, car je n'ai pas encore eu l'occasion de l'écouter. En revanche, je souhaite affirmer ici que son disque Last Night, paru l'an dernier, était plus que digne d'écoute. Largement orienté dance, avec des incursions hip-hop, il rappelle le parcours de l'artiste new-yorkais et notamment ses débuts house et techno, tout en apportant la touche Moby, reconnaissable entre toutes. Tout en cumulant les références et les styles musicaux, il parvient à rester uni et personnel. De l'intime et de l'émotion sur le dancefloor : quand il ne se parodie pas, Moby peut encore séduire.

MySpace Moby

vendredi 17 juillet 2009

Lady Gaga versus La Roux


L'une est blonde et américaine, l'autre est rousse, comme son pseudonyme le suggère finement, et anglaise. Le match, qui rappelle vaguement le duel Madonna / Mylène Farmer, un peu daté, oppose depuis quelque temps déjà Lady Gaga et La Roux. La seconde est furieuse quand on l'associe à la première. Rien à voir, à ses yeux, entre ses chansons néo-eighties et les dérives R'n'B de Lady Gaga, immense vendeuse de disques qui fait effectivement le lien entre musique noire commerciale (soupe ?) et pop estampillée années 1980, notamment via les références déclarées de l'artiste, de Queen à Madonna. Ce qui rapproche l'une et l'autre, en dépit de leurs différences, c'est leur art du recyclage, la production synthétique et dansante, et le soin accordé à l'image qui font de chacune d'elles des stars / starlettes pop, toutes proportions gardées. Car malgré sa couverture des Inrocks, le public de Lady Gaga est bien plus étendu que ne l'est celui de La Roux, icône branchée un peu limitée dans ses références new wave, d'Erasure à Human League, et, ceci expliquant cela, surtout populaire en Angleterre. Pour être honnête, la musique de La Roux a un peu plus de classe que celle de Lady Gaga, volontairement aguicheuse et grand public. Entre les deux voix, l'une froide et haut perchée, l'autre chaude et puissante, il y a un fossé culturel de taille. Côté mélodies et production, Lady Gaga mange à tous les râteliers, pioche dans 25 ans d'histoire pop, d'Eurythmics à Kanye West, mais le résultat est là : l'une me soûle et me glace, l'autre m'éclate et me donne envie de danser. Faute de goût peut-être, mais j'assume mes penchants.

MySpace Lady Gaga

MySpace La Roux

jeudi 16 juillet 2009

Chairlift


Ecrire sur un artiste ou un groupe de musique a toujours fait débat chez moi - je sais, c'est un comble. D'abord parce qu'on prend toujours le risque d'être chiant, ou bêtement descriptif, que la musique, souvent intuitive, se dérobe à toute analyse technique. Plus exactement peu de critiques en sont capable (moi encore moins), alors ils compensent comme ils peuvent en brodant à coups d'impressions subjectives et d'enchaînement de références, afin de donner un peu de corps à cet art si impalpable, irrationnel. L'exercice est plus ou moins périlleux, surtout quand il s'agit de dire du bien, et a tendance à engendrer le même type d'articles (style Inrocks, pour faire court, plein d'esprit, de métaphores et de vocables à la mode). Les artistes sans étiquette, qui ne se définissent ni ne s'apparentent à tel ou tel courant, sont une aubaine ou au contraire un pensum pour qui souhaite s'y pencher. En général ce sont les plus originaux, les plus inventifs. Le groupe américain Chairlift en fait sans doute partie (voilà, entre autres, où je voulais en venir !) Parce qu'ils sont de Brooklyn, qu'ils mélangent sonorités synthétiques eighties, folk et un certain psychédélisme, on a tendance à les ranger aux côtés de la nouvelle scène new-yorkaise, près de MGMT et consorts, tout en constatant leurs différences. Pour ma part, Chairlift me séduit pour ses mélodies accrocheuses (je rappelle qu'ils ont déjà vendu leur âme à Apple avec la chanson Bruises dans le spot iPod Nano), mais aussi ses ambiances plus lentes de saloon et ses chœurs éthérés (j'ai pensé à Paula Frazer de Tarnation ou encore à Elysian Fields). On peut y voir un voyage dans l'Amérique entière, qui abolirait les frontières entre urbanité et contrées désertiques, électro-pop et country, neuf et ancien. Chairlift (télésiège, en français) contemple le paysage, en douceur et avec une certaine hauteur. Ils peuvent m'emmener là où ils veulent, je suis le mouvement.
MySpace Chairlift

mercredi 15 juillet 2009

Dark Night Of The Soul


Il y a l'histoire d'un disque qui, malgré ses qualités et son prestigieux casting (Sparklehorse, Julian Casablancas, Black Francis, Iggy Pop, Jason Lytle, David Lynch, Suzanne Vega...), a été interdit de sortie par son label d'origine, EMI (la faute à certains samples présents dans l'album et non autorisés, si j'ai bien suivi). Depuis, Dark Night Of The Soul a connu une seconde chance, sous la forme d'un livret-CDR avec illustrations de David Lynch (superbes), et de nombreuses vies qui prospèrent actuellement sur le Net de façon plus ou moins légale, notamment ici. Malgré la richesse de la distribution présente sur les titres du projet et les ego surdimensionnés qu'elle implique, il n'y a aucun risque d'indigestion à son écoute. Les deux meneurs de cette équipe de rêve, le producteur star Danger Mouse (Gnarls Barkley, Gorillaz, Beck...) et le leader de Sparklehorse, ont su capter la noirceur de leurs âmes respectives, exprimée de façon plus atmosphérique que bruitiste. Seuls Iggy Pop et l'ancien chanteur des Pixies apportent un peu d'orage et d'électricité dans ce paysage globalement paisible et contemplatif, qui donne des envies de road movie à la Lynch, également présent à la bande-son. Pour se procurer l'objet (de culte), ou sinon écouter le disque en streaming, se rendre à cette adresse.

mardi 7 juillet 2009

Gossip


Gossip et sa chanteuse Beth Ditto avaient tout pour plaire à la presse "cool". Obèse, lesbienne et fière de l'être, elle s'est également distinguée pour ses coups de gueule - le plus récent visait, à ma grande joie, cette petite garce opportuniste de Katy Perry qui a imposé à la terre entière un I Kissed A Girl beaucoup plus racoleur que gay friendly. Quant à la musique de Gossip, rock brut et vociférant, elle enthousiasmait les critiques musicaux pointus en mal de sensations fortes. Ca, c'était avant le Gossip nouveau, Music For Men, un peu trop "mainstream" à leur goût. Certains, comme le magazine Magic, saluent néanmoins la qualité du single Heavy Cross, tout en précisant qu'il souffre de la comparaison avec l'ancien tube de Gossip, Standing In The Way Of Control. De mon point de vue d'auditeur ordinaire, il se trouve que je m'intéresse enfin à la musique de ce groupe. Jusqu'ici je trouvais le chant de Beth Ditto criard, saoulant, et ses chansons monotones, uniformes, malgré son lot de décibels et de guitares enfiévrées. Aujourd'hui Heavy Cross m'envoie une décharge d'adrénaline, tel un ado pubère, à chaque écoute et l'album entier, qui en effet s'acoquine avec la disco et les mélodies, déborde d'énergie communicative. Désormais Gossip fait danser, sans non plus avoir muté du tout au tout. Les pop-rockeux ne veulent pas voir leur idole s'encanailler avec la populace. Pour ma part, son succès croissant, inéluctable, me remplit de joie.

MySpace Gossip

jeudi 2 juillet 2009

Jens Lekman


C'est vrai que depuis Jack Peñate, je ne cache plus mon penchant pour les beaux garçons chanteurs. C'est terriblement injuste mais c'est un fait incontestable et incontesté : un beau mec / une jolie fille a plus de chances de trouver du travail et, si c'est un artiste, d'attirer l'attention. Ce matin même, je me suis senti subitement interpellé par le sort de Jens Lekman, chanteur suédois. J'apprends que le Morrissey local est revenu du Chili avec la grippe porcine, mais qu'il va mieux. Ouf, me voilà rassuré, mais ce coup de sort n'a pas que du mauvais puisque je m'empresse de réécouter celui qui a déjà sorti trois albums et... mais oui, dans le genre pop qui se respecte, tout en nonchalance mélancolique, non dénuée d'esprit et d'humour, c'est trop bien ! La voix est renversante, les chansons tour à tour épurées ou somptueusement habillées, piochant dans les choeurs, les cuivres, le piano, les cordes et j'en passe. Sur Oh You're So Silent Jens, compilation de plusieurs Ep's datant de 2004, Jens rivalise de tristesse et d'entrain, si bien qu'on ne sait plus lequel des sentiments prime ni sur quel pied danser. C'est tout en contrastes et globalement très beau. Je souhaite donc un prompt rétablissement à ce grand explorateur des extrêmes qui m'a rafraîchi ce début de journée (et c'est pas rien).



MySpace non-officiel mais l'officiel déconne.