Le Pitch.com

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jeudi 27 août 2009

Arctic Monkeys


Réflexe de vieux sans doute, j'ai mis du temps avant de m'intéresser aux Arctic Monkeys, ce groupe de jeunes rockeurs anglais au son régressif et sans saveur. Puis il y a eu la fameuse parenthèse menée par le chanteur Alex Turner et Miles Kane des Rascals connue sous le sobriquet des Last Shadow Puppets. The Age of the Understatement et surtout le single My Mistakes Were Made For You ont balayé mes résistances. Soudain j'ai entendu la voix, les violons, les guitares de western et la mélancolie qui en découle, et j'ai succombé au charme du tout. Aujourd'hui les Arctic Monkeys ont grandi (un peu, le chanteur n'a pas plus de 23 ans...) et sont de retour avec Humbug, leur troisième album déjà. Que dire de ce nouveau disque coproduit par le leader des Queens of the Stone Age, pas exactement de la musique de salon de thé, et James Ford (moitié de Simian Mobile Disco, dont j'ai parlé cette semaine) si ce n'est qu'il sonne comme un bon compromis entre l'énergie brute, post-adolescente et terre à terre propre au groupe et sa séduction naturelle qui fait plier les coeurs sensibles. J'ai donc, on ne se refait pas, mes préférences pour les morceaux les plus lyriques, bien que Humbug parvienne, dans son ensemble, à réconcilier force et délicatesse, ou même virilité et féminité, ce qui n'est pas rien.



MySpace Arctic Monkeys

mardi 25 août 2009

Simian Mobile Disco


Certains disques vous résistent, retiennent leur charme avant de le libérer précipitamment, comme une évidence, après plusieurs écoutes. D'autres s'offrent à vous dès le premier contact, on les reconnaît et on les adopte dans l'instant. Je ne sais pas si c'est une question de facilité, qui rangerait les premiers dans les oeuvres complexes et dignes et les seconds au rayon soupe populaire, vite ingérés et aussitôt approuvés. N'ayant aucun snobisme en la matière, je parlerais plutôt de familiarité avec certains morceaux plutôt qu'avec d'autres. L'album de Simian Mobile Disco, Temporary Pleasures, échappe quant à lui à toute logique. Ses deux membres, anglais, se sont d'abord fait connaître au début de la décennie sous le nom de Simian, un groupe de pop-rock électronique, avant de produire les albums des Klaxons ou encore des Arctic Monkeys, deux groupes parmi les plus emblématiques de ces dernières années. Un premier album, sous leur nouveau patronyme, les a élevés en honnêtes rivaux des Chemical Brothers et le deuxième, paru cet été, joue la carte du profil bas, sur un mode mineur et discret, comme s'ils préféraient s'effacer au profit des nombreux et prestigieux invités reçus à bord, parmi lesquels Beth Ditto de Gossip ou encore Alexis Taylor de Hot Chip. Seul le single Audacity of Huge, qui porte bien son nom, affiche son aplomb et son efficacité dancefloor, quand les autres brouillent les pistes et se dévoilent sur la longueur. Peu de tubes en puissance donc car le charme est minimaliste, plus feutré qu'exubérant. Surtout il rappelle en partie celui d'un autre duo électronique anglais, Swayzac, que je m'empresse depuis de réécouter.





MySpace Simian Mobile Disco

mercredi 19 août 2009

Calvin Harris


A ma grande joie, il m'a pris par surprise. Je parle du dernier Calvin Harris, bien sûr. Celui que je n'attendais plus revient avec l'euphorisant Ready For The Weekend, l'album de jouvence qui fait replonger en pré-adolescence les trentenaires mal dégrossis à la dance commerciale des années 1990 (Snap, Cappella...), quand les voix gospel faisaient trembler les boules disco et affolaient les fins de semaine tant guettées. En fin recycleur, Calvin fait son marché (cultivé) dans plusieurs décennies de house, tout en apportant sa petite touche personnelle, sons distordus, rythmes digitaux et voix de crooner. Par moments, moins inspirés (sur You Used To Hold Me ou Relax), la lourdeur des synthés rappelle les bruits de moteur d'un Benny Benassi, loin de la légèreté et de l'habileté de l'ensemble. Pour le reste, le hit Ready For The Weekend me fait oublier que je n'ai plus quatorze ans et me fait bondir à chaque écoute, Flashback et ses nappes aériennes ranime les esprits du groupe Underworld. Par ailleurs cet hommage à la vie ne serait pas complet sans la mélancolie post-festive qui balaye une grande partie du disque, notamment dans les textes un brin désabusés où Calvin le malaimé cultive l'art de la formule et du contraste. Le Sexe-symbole / amuseur public / artiste torturé passe avec succès l'épreuve du deuxième album : il n'est plus le dernier phénomène à la mode, celui qu'on affiche sur son Facebook pour prouver qu'on est "hype", et c'est tant mieux. Souhaitons maintenant qu'il dure le plus longtemps possible.



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vendredi 14 août 2009

Frankmusik


Je n'y tiens plus. Le Londonien connu depuis déjà deux ans dans son pays sous le sobriquet de Frankmusik vient enfin de sortir son premier album, le bien nommé Complete Me, qui réunit les titres qui l'ont lancé plus des tas de nouveautés. Et nous, pauvres Français, devons nous contenter de suivre le jeune Vincent Frank (rien à voir avec Francky Vincent) sur YouTube, ce qui est certes mieux que rien du tout. Si l'Angleterre reste pour l'instant le seul pays distributeur du beau Frank, ce n'est pas un total hasard. D'abord, il est anglais. Ensuite, il est officiellement avec La Roux le meilleur recycleur des pas tout à fait défuntes années 80, grâce à des chansons dansantes et synthétiques à souhait, dont les British se délectent en particulier. Et comme je ne supporte pas la voix de La Roux, monotone et stridente, Frankmusik est à mes yeux l'unique représentant valable de ce courant qui n'en finit pas de produire des émules. Par ailleurs, Frankmusik possède l'enthousiasme, la fraîcheur et la puissance vocale d'un Mika, à la différence près que l'euphorie de Mika me tape sur les nerfs. Pas celle de mon artiste du jour, qui malgré ses prouesses techniques n'en fait jamais des tonnes. Ai-je oublié de mentionner à quel point Vincent est sexy ? Ca m'étonne. J'aurais pu commencer par là, mais je précise tout de go, pour préserver ma crédibilité, que ses compositions brillent aussi par elles-mêmes, au-delà même de tout artifice. Récemment, il a ouvert les concerts des Pet Shop Boys, éclairés parrains, ou encore de Keane, avec qui Frankmusik partage une certaine naïveté et un côté fleur bleue fièrement assumé. Autant dire dire que, en toute franchise, j'adore !

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mercredi 5 août 2009

The Radio Dept


Le shoegazing, ce courant des années 1990 que je qualifierais de bruit feutré, a longtemps eu ma préférence. Son groupe le plus emblématique n'est autre que My Bloody Valentine et on retrouve encore son influence chez de nombreux groupes actuels : M83, Friendly Fires dont j'ai déjà parlé, ou encore The Radio Dept. Ce dernier est suédois et ses trois membres se sont formés en 1995. Depuis, ils ont sorti quantité de Ep's et deux albums devenus cultes chez les amateurs de musique atmosphérique à forte propension mélancolique. The Radio Dept ne se contente pas seulement d'effets et d'ambiance qui pourraient se suffire à eux-mêmes (c'est d'ailleurs le cas pour une partie de son œuvre), il se distingue aussi par la richesse mélodique propre à la pop suédoise. Sofia Coppola a consacré le groupe en le faisant figurer sur la bande-son de Marie-Antoinette mais, depuis, les fans doivent se contenter de petits maxis, exquis comme des macarons, qui mettent en bouche en attendant une prochaine actualité plus consistante. Le dernier, David et sa pochette homo-érotique, date de juin dernier. Le style n'a pas changé : la voix est en retrait, le minimalisme est de mise, un voile onirique enveloppe l'ensemble. Il ne m'en faut pas plus pour m'adonner à mon loisir préféré : le rêve éveillé.

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