Le Pitch.com

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mercredi 30 septembre 2009

Air


Alors alors... que vaut le nouvel Air ? Jusqu'à ce matin, Love 2 était en streaming ici. Et si on se fie aux commentaires Facebook des auditeurs qui défilaient en direct sur le site (ça c'est du marketing !), l'album est fabuleux, transcendantal, merveilleux, un petit bijou quoi. Et moi, j'en pense quoi ? Eh bien, pas grand-chose. Pour étayer un peu mon propos, je dirais que c'est bien fichu, mélodique et harmonieux, toujours baigné d'influences cinéma-acoustiques seventies, d'arpèges caressants et de voix qui susurrent à l'oreille des mots un peu stupides ("sing sang sung, sing me a song, don't be so dumb..."), bref que Air fait de l'Air, avec savoir-faire mais sans... mystère. On est donc en terrain connu, quoique agréable. L'album rappelle souvent celui que le duo avait concocté pour Charlotte Gainsbourg, tout en puisant dans leurs propres productions précédentes, une sorte de mise en abyme, d'autoréférence qui retrace leur parcours, de la musique décorative (dite "musique d'ascenseur") aux audaces formelles de 10 000 Hz Legend. Après plus de dix ans d'activité, la répétition guette et met au jour les limites d'Air. Mais, sans bouder son plaisir, on peut aussi très bien s'en contenter.

MySpace Air
YouTube Air

lundi 28 septembre 2009

Yacht & The XX


Il n'y a pas grand-chose à voir entre ces deux groupes. Le premier est américain et indéfinissable, dans le genre pot pourri composé d'influences disparates, le second anglais et néo-new wave, tendance morgue dépressive pour gens aimant s'habiller en noir. Ce qui me fait les accoupler de façon un peu illégitime, c'est moins leur identité musicale que l'exposition flatteuse dont chacun jouit actuellement dans la presse "branchée" internationale. Bref, ceux qui veulent se sentir dans le coup doivent impérativement connaître, et surtout aimer Yacht et The XX. Or, le malheureux défenseur de Muse que je suis, aux goûts douteux donc, ne participe pas au dithyrambe généralisé à leur avantage. Surtout, le charme de Yacht, censé incarner le groupe de l'avenir, moderne et inventif, me laisse de marbre. Plus cérébrale qu'instinctive et dansante, sa musique plaît beaucoup aux critiques cultivés qui aiment la pop arty que personne n'écoute. En ce qui concerne The XX, j'admets être bien plus conciliant. Et, à tout réfléchir, The XX est un peu l'antithèse de Yacht. Moins prétentieuse, sa musique ne prétend rien inventer, assume ses références (de Joy Division, The Cure à The Kills voire Interpol) et son minimalisme, capable d'exprimer beaucoup avec peu de moyens. Yacht divague et me perd en route, The XX, qui mérite en partie son buZZ, rafraîchit et gagne même à être écouté sur la longueur.

MySpace Yacht
MySpace The XX



jeudi 24 septembre 2009

Miike Snow


Que vois-je ? Miike Snow, ce groupe d'électro-pop suédoise au succès international grandissant est quasiment inconnu et ignoré dans nos contrées ? Pas si étonnant que ça, dans la mesure où nous autres Français sommes un peu lents à la détente lorsqu'il s'agit d'ouvrir grand les yeux et les oreilles. J'ai beau chercher les raisons de ce phénomène récurrent, je n'ai pas trouvé. Surtout qu'en l'occurrence, nous avons affaire à une musique plutôt grand public et un trio au CV flatteur, pour ne pas dire aguicheur, pour des débutants. Deux de ses membres, en effet, ont co-écrit et produit la chanson d'une petite jeune que je vous conseille : il s'agit de Toxic et son interprète n'est autre que Britney Spears. La musique de Miike Snow, qu'on peut découvrir sur leur premier album paru cette année, est pourtant très différente des productions de la chanteuse, quoi qu'elles aient en commun une efficacité pop, déclinée chez le groupe en douces mélodies à la séduction rampante, dénuée de toute agressivité. En même temps, c'est heureux, l'habillement subtilement électro des chansons prévient de tout engourdissement. La voix et le son, quant à eux, ne sont pas sans rappeler un certain Peter Gabriel, en plus péchu et excitant, propulsé à l'ère des machines et de Daft Punk. Grisant et requinquant pour l'automne qui commence.

MySpace Miike Snow

mardi 22 septembre 2009

Jamie T, Amanda Blank & Kissy Sell Out


Dans l'avalanche de nouveautés propres au mois de septembre, je n'ai toujours pas trouvé la perle rare qui suscitera mon engouement, capable de me mettre en transe de la première écoute à la cent dixième. Il y a des choses intéressantes, je ne dis pas, mais pas de quoi crier au génie non plus. Il y a bien le tout jeune Anglais Jamie T, 23 ans, qui sort Kings & Queens, un deuxième album que je qualifierais de hip-pop, au verbe insolent et à l'euphorie contagieuse, dans la lignée de The Streets mais avec une palette plus large, entre flow hip hop et hymnes pop fédérateurs, d'une coolitude innée prompte à séduire une large audience. Il y a aussi la provocante Amanda Blank, qui parle sexe couramment et qu'on compare à la sulfureuse rappeuse Lil' Kim, jadis immortalisée en photo par David Lachapelle. Son flow à elle se mêle à des mots crus, des sons acides et des basses goulues pour une production électro plus "hype" que hip hop que l'on doit à un trio de mâles dans le vent. Sur l'album I Love You, Britney Spears n'est pas loin, mais dans une version plus radicale et underground, plutôt efficace j'avoue. Et puis, il existe des artistes moins exposés, plus confidentiels, comme l'est le musicien DJ Kissy Sell Out, que j'ai découvert cet été avec l'album Youth. A l'instar de Jamie T et Amanda Blank réunis, je pourrais toujours tenter de décrire la musique de cet Anglais comme un mix fourre-tout entre techno, électro, un soupçon de hip hop et de pop synthétique. Mais au-delà de ses influences, aussi éclatées que l'est sa culture musicale, émerge l'originalité et la générosité du personnage, en dépit de son look modasse, définitivement années 80. L'opulence de moyens et de styles se double surtout d'une énergie dancefloor communicative qui s'exprime dans la joie et la bonne humeur. Youth est un titre bien trouvé pour ce disque à la fraîcheur saisissante qui trace sa voie au-dessus de la masse et crée de l'homogénéité au milieu du chaos. Bref, à mes yeux la découverte musicale qui enterre toutes les autres, avec une longueur d'avance et haut la main.

MySpace Jamie T
MySpace Amanda Blank
MySpace Kissy Sell Out

YouTube Kissy Sell Out

vendredi 18 septembre 2009

Lily Allen et le téléchargement illégal


Voici un article paru dans Le Monde d'hier que j'invite, si ce n'est déjà fait, à consulter. Comme son nom l'indique, il est question des voix discordantes de différents musiciens anglais qui s'élèvent au sujet du téléchargement illégal. L'Angleterre s'apprête à copier notre fameuse loi Hadopi et Lily Allen, tout comme le plus confidentiel Patrick Wolf, deux artistes que j'aime et respecte, sont pour. J'avoue que j'ai longtemps été tiraillé dans mes propres positions. J'ai toujours trouvé aberrant de punir les pirates, qui représentent une grande partie d'entre nous autres, mélomanes, tout en pensant aux répercussions pour les jeunes artistes en lancement, qui seraient les premières victimes du téléchargement gratuit : aujourd'hui c'est précisément la position de Lily Allen, qui n'oublie pas non plus de taper sur l'inertie et l'avidité des maisons de disques, lesquelles, toujours selon elle, réduiraient leurs budgets à cause du manque à gagner lié au piratage. Etrange position qui revient à dire que oui, les maisons de disques sont des salopes mais que, tout de même, les artistes en dépendent, donc qu'il vaut mieux malgré tout conforter le système actuel en achetant les disques au prix fort. Rebelle et conformiste, la Lily. Du coup, cette contradiction profonde, ce consensus mou me déçoit un peu et me donne presque envie de plaider pour l'illégalité... Dans le même article, le point de vue tout autre du chanteur de Muse, Matt Bellamy, est résumé ainsi : "Pour le meilleur ou pour le pire, le téléchargement illégal est désormais devenu la norme". Il plaide donc "pour une taxe prélevée directement sur les abonnements à Internet, proportionnelle à la consommation de bande passante, et qui serait redistribuée aux créateurs." Et là, d'un coup, j'approuve. D'autant que, ce dont ne parle pas Lily Allen, ce sont toutes les conséquences, positives en terme de diffusion et donc de ventes de billets de concert, du téléchargement gratuit. Certes les artistes en lancement vendent moins, mais ils sont plus écoutés et ont donc plus de chance d'attirer puis de fidéliser leur public sur scène. Ce qu'ils perdent d'un côté, ils le gagnent de l'autre, et la logique comptable des maisons de disques, qui ne font que brandir les mauvais chiffres, les rend obtus et, souvent, de mauvaise foi. Il en est de même pour le streaming : il est intéressant de constater les différentes stratégies adoptées pour un lancement de disque. Moi-même, j'ai écouté en boucle le deuxième album de Lily Allen, un temps en écoute sur son MySpace. Ce qui m'a poussé à acheter le CD (et à rentrer dans le rang...). Si EMI, sa maison de disques, avait décidé, à la manière d'Universal, de ne diffuser que des extraits d'extraits, je ne l'aurais tout simplement pas écouté. Donc pas acheté. Et, comme tout le monde, j'aurais vu en Lily Allen la sympathique chanteuse de Fuck You, séduisante mais sans plus. A mon sens, on peut étendre cette logique du streaming au téléchargement gratuit. Quand on aime, on achète. Encore faut-il nous en laisser les moyens : le temps pour aimer, le juste prix pour acheter. Et puisque Lily Allen me déçoit, c'est décidé, je n'irai pas la voir au Zénith. Mesquin, ou simplement logique ? Ok, j'abuse, mais de toute façon c'était trop cher...

YouTube Lily Allen