Le Pitch.com

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mardi 27 octobre 2009

Benjamin Biolay


Depuis Trash Yéyé, son précédent album, je m'intéresse à nouveau à Benjamin Biolay. Jusque-là, j'aimais ses chansons, monotones et un peu tristes, mais je les laissais à leur place et à distance, pas plus curieux que ça. Mais impossible de passer à côté de la rage, de la noirceur foudroyante consécutives à ses désillusions amoureuses, qui imprègnent désormais son écriture. Avec le nouveau La Superbe, double album encensé par la critique, Biolay a fait des progrès. Certes, le garçon est toujours aussi sombre, mélancolique et désabusé, mais il a mis de côté sa hargne adolescente, son ressentiment post-placage. Le tableau est globalement morose mais il laisse place à la lumière de temps en temps. Comme il le dit lui-même, L'Espoir fait vivre, avec toute la duplicité que cela implique. Non, Biolay ne chantera jamais l'amour au premier degré et à pleins poumons, c'est ainsi - et paradoxalement c'est heureux. En 23 chansons à la variété exigeante, le musicien, qui je le rappelle compose et écrit magnifiquement bien, a par ailleurs le bon goût de ne pas se cantonner à un seul style de chanson franco-française. Inspiré en partie par le rap mais aussi par ses maîtres français, de Gainsbourg à Bashung, son flow se prête naturellement à ses humeurs doucement torturées. Biolay, qui connaît la musique, puise aussi, et avec aisance, dans le jazz, l'électro, et se surpasse une fois encore dans les arrangements de piano et de cordes, comme en témoigne les chansons La Superbe ou encore Ton héritage, deux monuments parmi d'autres. Un chanteur français, vivant, dont on peut être fier, ce n'est pas si courant, c'est même en voie de disparation. Raison de plus pour le chérir et l'acclamer, et sans réserve.

MySpace Benjamin Biolay

mardi 13 octobre 2009

Wolf en scène (Paris, 09 octobre)


Crédit photo Rebecca Miller

Pour la première fois, j'ai vu Patrick Wolf en vrai, en chair, en os et en costumes plus homo-érotico-extravagants-tu-meurs. C'était vendredi soir dernier, sur la scène du Nouveau Casino à Paris, et j'ai dû partager l'idole avec une foule de petits excités, filles et garçons confondus, qui pour la plupart ont fondu face à la prestation du jeune Anglais et ses quelques interventions, mots d'amour en français compris. J'ai beaucoup aimé, notamment, sa façon de mettre en boîte Madonna et ses velléités de "rockeuse", en la singeant avec sa guitare électrique au look furieusement eighties. J'ai aimé, aussi, l'énergie et la ferveur du multi-instrumentiste, passant du violon aux claviers (et même ce que je crois être une cithare, posée sur ses genoux) avec une aisance quasi énervante. Le chanteur (et quelle voix ! grave et suave) a parcouru les titres du Bachelor, son dernier album, avec sa petite bande de musiciens, mais il a également repris la chanson-hommage Paris, une de ses toutes premières oeuvres (celles de ses 20 ans, il en a 26 aujourd'hui), ou encore son "tube", l'euphorique Magic Position, et même un inédit, "hit" en puissance plein de beats synthétiques qui ont eu leur effet. Patrick Wolf a tout d'une diva, l'arrogance en moins. A tel point que je l'ai trouvé, lui et sa folie des grandeurs, un peu à l'étroit sur la modeste scène du Nouveau Casino. Mais loin de moi l'idée de m'en plaindre : c'était aussi une joie, que dis-je, un privilège, de le sentir, deux petites heures durant, si proche... Le lien YouTube ci-dessous en témoigne.

MySpace Patrick Wolf

mercredi 7 octobre 2009

Brigitte Fontaine


"Tu m'dis que je suis jolie, entre guillemets, laisse tomber les guillemets", "les amoureux se roulent des pelles à gerber, et moi je veux que tu viennes me sauver", voilà le genre de trésors qu'exhale Prohibition, le dernier album de Brigitte Fontaine. Certains s'agacent encore des "excentricités", avec des guillemets, du "personnage". Comme si elle en faisait trop et en décidait ainsi. Brigitte est comme elle est, et elle "vous encule", dixit Prohibition. Moi, je prends, et sans forcer. Le fan que je suis a envie de répéter à quel point il faut écouter cette grande chanteuse, sans guillemets, qui n'a rien d'une moribonde, et tout particulièrement ses dernières chansons, sans doute les meilleures depuis Les Palaces, renouant avec ses sommets de beauté, de poésie, de vulgarité et d'autodérision, et tout en renouvelant son inspiration. Cette fois, la collision entre ses mots et les musiques d'Areski Belkacem a été saisie, avec délicatesse et légèreté, par le producteur Ivor Guest, déjà responsable de l'Hurricane de Grace Jones, qui s'offre également un duo orientalisant avec Brigitte. Brigitte / Jones, il fallait oser et je me prends à rêver d'une prestation commune des deux divas sur scène... Ou encore avec Philippe Katerine, bien plus percutant ici que ne l'était Olivia Ruiz sur la très politique Partir ou rester. Brigitte n'est pas folle, bien au contraire - elle illumine le monde, et nos petites vies avec.

jeudi 1 octobre 2009

Vitalic


Après la chronique mitigée sur un groupe mou du genou (je parle d'Air), voici celle, beaucoup plus extatique, dédiée à l'euphorisant Vitalic, un des Français parmi les plus estimés de la scène électro internationale. Parce qu'il la vaut bien (sa réputation). Lancé dès 2001 sur le label de DJ Hell, International Deejay Gigolo Records, avec le titre Poney, il égrène ses compositions à un rythme peu soutenu puisque quatre ans séparent son premier CD, OK Cowboy, du tout dernier, le stimulant Flashmob. Et, comme tous les artistes rares, il revient pour mieux se livrer, avec tous les arguments à même d'emballer les amoureux du dancefloor qui ont la fièvre du samedi soir chevillée au corps - et le rythme dans la peau. Concentré de disco boulimique, d'électro enjôleuse et de techno moite à forte consonance psychédélique, le disque du Dijonnais laisse peu de répit à l'auditeur que je suis, qui passe de sommets de transe en pics de température, grisé par la qualité et l'efficacité de l'ensemble, et ce, levons toute ambiguïté, sans l'aide d'aucun psychotrope... Vitalic, je vous dis !

MySpace Vitalic