Le Pitch.com

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jeudi 10 décembre 2009

Yann Tiersen à La Maroquinerie


Une heure et quinze minutes, debout dans l'atmosphère suffocante d'une Maroquinerie surchauffée et pleine à craquer. Une bière, le ventre creux et c'en est trop pour moi. Juste après le rappel, je suis à deux doigts de m'effondrer. Ce que j'évite soigneusement en titubant le plus dignement possible vers la sortie, ratant ainsi le dernier quart d'heure tiersenien. Est-ce un avertissement pour moi qui ai passé l'âge des concerts rock où la moyenne d'âge voisine autour de 25 ans ? Je ne suis pas le seul à partir avant la fin. Pour d'autres raisons, que je soupçonne d'être directement liées au concert et à la quantité impressionnante de décibels prises dans nos oreilles, je les vois courir vers la sortie. Près de moi, un couple porte des boules Quiès. De l'autre côté, un vieux dans mon genre (je veux dire plus de 30 ans) tente de sauver son audition, ou ce qu'il en reste, une main calée de chaque côté du visage. Je me dis que les amoureux d'Amélie Poulain sont un peu décontenancés. Ce n'est pas exactement mon cas, j'ai déjà entendu Yann Tiersen se prêter à des audaces soniques lors d'un précédent concert à l'Elysée Montmartre. Je m'étais d'ailleurs presque ennuyé ce soir-là, où le musicien génial brillait plus par la technique que par la musicalité. Rien à voir avec le concert de ce soir, qui réussit le grand écart entre envolées lyriques, déploiement électrique et même électronique. Je n'ai jamais entendu Yann Tiersen sonner comme ça tout en reconnaissant son style unique. Certes, lui et ses musiciens font pas mal de bruit mais au final c'est harmonieux et pas bourrin pour un sou. A part quelques accalmies, il s'éloigne de la douceur qu'on lui connaît et va vers plus de virulence. Comme une envie de casser l'image parfois lisse qui colle, à tort, à sa musique. Cette fois, la prise de risque est réelle, palpable, ne serait-ce que par le pied-de-nez qu'il fait en se produisant dans une salle minuscule, sans nouvel album à vendre, mais aussi un peu partout (dans quelques jours il jouera en Russie). J'essayerai de mieux me tenir la prochaine fois - et j'avoue, un confortable fauteuil à l'Olympia fera très bien l'affaire...
Extrait :

mardi 1 décembre 2009

Elizabeth Fraser


Un court instant de battre mon coeur s'est arrêté lorsque j'ai vu s'afficher sur mon écran la nouvelle aussi improbable qu'inattendue. Elizabeth Fraser, ex-chanteuse des Cocteau Twins, groupe new wave cultissime des années 80-90, revient au monde avec un single, Moses. Pour autant, il n'y a pas lieu de crier victoire puisque rien ne permet d'affirmer que la chanson, étrange tango transcendé par le chant cristallin de Liz, sera bientôt suivie d'un album. Et puis, on doit la sortie de Moses à la mort récente de Jake Drake-Brockman, ancien clavier d'Echo and The Bunnymen mais également ami de la chanteuse et de son compagnon, Damon Reece, qui ont ainsi souhaité lui rendre hommage. Un mal pour un bien, donc. Autre étrangeté, la si discrète Liz Fraser vient de se confier longuement dans le Guardian. Or dans cette interview (passionnante pour les fans), elle évoque notamment la relation passionnée et contrariée qu'elle a eue avec Jeff Buckley, peu avant sa mort, mais aussi leur duo qui circule, contre sa volonté, sur le Net. Soit deux des plus belles voix de la pop réunies le temps d'un titre certes inabouti, comme elle le regrette, mais dont intensité et l'émotion ne devrait pas la faire rougir, loin de là...