Le Pitch.com

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

samedi 25 avril 2009

True Blood


Evidemment, quand on s’appelle Alan Ball, qu’on a créé la meilleure série télévisée de tous les temps (Six Feet Under) et qu’on s’attaque au mythe des vampires, il est normal d’être attendu au tournant. Les plus voraces se sont déjà rués sur True Blood, diffusé aux Etats-Unis depuis septembre dernier. J’ai moi-même découvert, fébrile, les premières images de la série dans un appartement de Perry Street, Manhattan, dont le propriétaire est abonné à la chaîne HBO (Sex and The City, les Sopranos…) A quelques pas de la maison de Carrie Bradshaw, on ne peut rêver mieux comme cadre. Voilà pour le teasing. La suite est moins enjouée. En réalité, True Blood se contente d’être un divertissement sans grande originalité, avec une mise en scène racoleuse et un scénario un brin facile. Qui a vu et aimé Buffy risque d’y voir une pâle copie destinée à un public certes plus adulte (le sexe et l’addiction sont sans doute les seuls sujets valables de cette première saison) mais peu regardant sur l’intrigue ou la profondeur des personnages. Bref les fans de Six Feet Under risquent d’être déçus. Pour le reste, il y a aussi matière à apprécier True Blood : avec son sens habituel du casting, Alan Ball révèle notamment deux comédiens ultrasexy, chacun dans son genre, mais aussi très doués : Ryan Kwanten et Rutina Wesley, qui jouent respectivement Jason Stackhouse, le frère abruti de l’héroïne, et sa meilleure amie, la volcanique Tara. Rien que pour ces deux-là, on est prêts à oublier les faiblesses de cette première saison (saison 2 bientôt diffusée aux Etats-Unis).

lundi 6 avril 2009

Mon capitaine



Je n'y serais pas allé de moi-même. Un peu comme pour Buffy, je n'y voyais a priori que science-fiction, surnaturel, monstres et compagnie. Et puis, en y regardant de plus près, j'ai découvert dans Torchwood, la série de Russell T. Davies dérivée de Doctor Who, bien plus que cela. Il faut dire que le seul nom de Russell T. Davies a encouragé ma curiosité. C'est à ce scénariste producteur qu'on devait déjà Bob and Rose, injustement mal connue ici, mais aussi Queer as Folk, la version d'origine, anglaise et plus digeste que l'américaine, pleine d'écoeurants bons sentiments. Torchwood raconte les aventures d'une équipe d'enquêteurs basée à Cardiff, pays de Galles. Ca sonne beaucoup moins bien que Miami ou Las Vegas, et c'est notamment l'intérêt de la série qui n'hésite pas à se moquer d'elle-même, avec cette distance typiquement british qui lui va si bien. Ensuite, le capitaine de Torchwood aurait presque pu sortir de Queer as Folk puisqu'il est officiellement bisexuel (de fait, il n'a d'yeux que pour les beaux garçons, et notamment un de ses collègues, Ianto). Il a plein de défauts, c'est un tombeur avec un soupçon de balourdise mais il sait très bien s'entourer. La série, d'ailleurs, ne porte pas le nom un peu pompeux de ce chef d'équipe, Capitaine Jack Harkness, mais de l'équipe entière, Torchwood. Ainsi, les personnages secondaires, comme la délicieuse Gwen Cooper, le cynique Owen Harper, ou la geek Toshiko Sako, portent autant la culotte que leur meneur et sont aussi, voire plus intéressants que lui-même. Torchwood, surtout, parvient à mener de front plusieurs registres (ironie, drame, mélo, épouvante, métaphysique...), avec des personnages terriblement attachants qui menacent à chaque épisode de disparaître. La peur de la perte, la menace, l'imminence de la mort sont au coeur même du propos. On sait, avec le côté répétitif des séries combien on peut s'accoutumer à la présence de tel ou tel, or Russell T. Davies semble questionner ce lien en permanence, il n'hésite pas à nous arracher nos héros, quitte à nous surprendre par la suite. Paradoxalement, il y a beaucoup de réalisme dans cette fiction SF. Le tableau est sombre, pour ne pas dire carrément noir, mais si intense qu'il donne la rage, et même une certaine foi, quand bien même la chute est vertigineuse.

Extrait :


Actuellement en diffusion française (saison 2) sur la chaîne Scifi.

mardi 31 mars 2009

Dommages et intérêts


Elle pourrait incarner le mal absolu, démone au regard qui tue, traits figés et sourire de glace. Il suffit de constater les dommages collatéraux qu'elle sème autour d'elle, tout cela au nom du "bien", pour saigner les salauds, les tyrans, ceux qui construisent leur empire en lésant les plus faibles. Dans la série judicière Damages, Glenn Close, la garce ultime, fait des merveilles, en alternant le chaud et le froid. C'est impressionnant de voir à quel point elle inspire des sentiments ambivalents, à la fois la terreur et la sympathie, voire l'empathie, un comble au vu des horreurs qu'elle est amenée à commettre, ou qu'elle provoque... Dans la réalité, on connaît, on a tous connu des manipulatrices, prêtes à tous les excès pour parvenir à leurs fins. C'est étonnant, parfois, de voir les sentiments que ces filles-là inspirent. Pour ma part, un mélange de fascination et de répulsion. Patty Hewes, incarnée par celle qui fut une sublime marquise de Merteuil chez Frears, en est la quintessence. Glenn Close (Golden Globe de la meilleure actrice cette année) vous foudroie sur place en un regard et retourne une situation, vous amène dans ses filets en aussi peu de temps. C'est jouissif de la voir opérer dans la fiction mais on frissonne à l'idée même de la rencontrer dans la vraie vie. Pour moi qui suis friand, dans la fiction, des garces glacées, celles qui enfouissent leur reste d'humanité au plus profond d'elles-mêmes, celles qui se cachent pour souffrir, la saison 1 de Damages a donc été un grand moment. J'en jubile encore.

La deuxième saison est actuellement en cours de diffusion aux Etats-Unis.

lundi 20 octobre 2008

Victimes de Mode



En règle générale, je préfère écrire sur ce que j’aime. Je garde les mauvaises impressions pour moi, considérant que déverser sa bile revient à une perte de temps qui s’ajoute à celui passé sur l’œuvre parcourue : livre, film, etc. Et puis, à cette époque où la haine et le dénigrement sont plus que jamais dans l’air, j’ai peu envie d’en rajouter. Mais, il y a un mais, dire du mal n’a pas qu’une fonction défoulatoire – un mot qui n’existe pas, mais plus parlant que d’autres. Dire du mal quand on est plus souvent habitué à dire du bien, c’est aussi remettre en perspective ce dont on parle, ce qu’on éprouve. J’ai autant de mal avec la promo, le consensus mou autour de certaines œuvres, qu’avec certains forums sur le Net où chacun y va de son haro aigri, souvent en toute mauvaise foi voire sans savoir de quoi ni de qui il est question. J’aime en revanche les critiques constructives (récemment Catherine Deneuve l’a plus ou moins formulé comme ça, dans le magazine Première). Je crois aussi qu’on peut assassiner et respecter, médire sans mépriser. Souvent on lit des lignes dédaigneuses à propos de tel ou tel artiste qui renseignent surtout sur la psychologie de leur auteur, moins sur l’artiste en question. Bon, tout ça pour dire que j’ai envie de dénigrer, à ma façon, la série américaine Ugly Betty. J’avais adoré la première saison pour son inventivité, sa méchanceté, son absence de psychologie, justement, avec ses personnages plus vrais que nature car caricaturaux, théâtraux, aux traits volontairement forcés. Je suis au milieu de la deuxième et il m’arrive de bâiller, voire de soupirer devant les aventures de Betty chez Mode, un Vogue fictif. Les méchants certes sont toujours aussi pathétiques et irrésistibles mais les situations ont tendance à s’enliser, les dialogues sont parfois poussifs et les bons sentiments, qui ont tendance à prendre le pas, n’apportent rien de neuf à l’ensemble. C’est tout le problème des séries : comment se renouveler sur la longueur tout en gardant une base qui ne peut pas bouger... L’ennui guettant, je ne doute pas que les scénaristes vont tenter d’y remédier, mais j’ai peur que tout ait été dit dans cette série drôle mais un peu superficielle, aux ressorts limités mais surexploités. Les Anglais, souvent responsables des meilleures séries (Ab Fab, Skins, Bob and Rose, Torchwood…) savent, eux, s’arrêter à temps, quitte à nous frustrer pour mieux nous faire languir.