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jeudi 11 décembre 2014

Mommy

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On pensait qu'on l'aimerait, on avait envie de l'aimer. Mais non, rien à faire, on n'a vraiment pas adoré le Mommy de Xavier Dolan. On, c'est moi, mais en relisant le concert de louanges que le jeune "prodige" a reçues, on se sent un peu moins seuls à la troisième personne. On se dit qu'on a raté quelque chose, que c'est pas possible de pas aimer Mommy. On a même peur de dire à quel point on a apprécié ses anciens films, mis à part celui d'avant (Tom à la ferme), de peur de passer pour un snob élitiste pour qui c'était – forcément – mieux avant, quand personne ne les voyait, ses films. Mais non, nous aussi, comme Xavier Dolan, on a adoré Titanic de James Cameron (et même Avatar !) et on a même été ému par son discours larmoyant à Cannes. Il va falloir maintenant s'expliquer sur le pourquoi. Pourquoi on n'est pas tombé en amour avec Mommy. Et là, étrangement, on a envie de s'abstenir. Car Mommy a beau être agaçant, bien trop explicite pour séduire, on se dit qu'il n'existe pas pour rien. Qu'on peut même, à bien y réfléchir, lui accorder un ou deux moments de beauté que le trop-plein d'intentions n'a pas réussi à noyer dans les effets "choc" de la mise en scène et la direction appuyée d'acteurs. Attention, c'est du lourd, à faire saliver les vedettes d'Hollywood en mal de prix d'interprétation. Comme son personnage principal, le film quémande un amour qu'il a reçu à l'origine de toute évidence, mais qu'il défie sans cesse, pour mieux le questionner. Pour certains, ça marche et c'est bouleversant. Mais on a beau aimer l'excès, le lyrisme et le drame, on repassera pour les larmes.